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Chômage record : Xavier Bertrand s'explique sur RTL

Xavier Bertrand était l'invité de RTL Matin ce mardi matin. Alors que le chômage, après une nouvelle hausse au mois de novembre, a atteint son plus haut niveau depuis 12 ans, le ministre de l'Emploi a répondu aux questions de Jérôme Chapuis par téléphone. Le ministre a également répondu à toutes vos questions, au 32.10, à 8h35.

Xavier Bertrand sur RTL le 16 juin 2011
Xavier Bertrand sur RTL le 16 juin 2011 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Bonjour Xavier Bertrand
Bonjour

Le chômage à son plus haut niveau depuis 12 ans, 140.000 chômeurs de plus sur les 10 premiers mois de l'année...Dans les 5 mois qui vous séparent de la présidentielle, que pouvez-vous faire qui n'ait pas encore été fait ?
Mobiliser, mobiliser, davantage encore, les moyens qui sont mis en œuvre pour l'emploi. Mobiliser aussi bassin d'emplois par bassin d'emplois les équipes de Pôle Emploi. C'est ce que je ferai aujourd'hui avec le nouveau directeur général de Pôle Emploi. Mais vous savez, quand les chiffres économiques ne sont pas bons, les chiffres de l'emploi ne peuvent pas être bons.

C'est la faute de la crise ...
Voilà pourquoi il faut une mobilisation renforcée, et voilà pourquoi aussi, le sommet pour l'emploi, voulu par le président de la République, s'inscrit dans cette logique : ne jamais subir la crise. Il y a effectivement une crise qui est là, mais il faut limiter au maximum les effets de cette crise.

Avant qu'on parle de ce sommet de Pôle Emploi, et des mesures que vous envisagez, je voudrai vous faire écouter un très court extrait : le candidat Nicolas Sarkozy. C'était sur FRANCE 2, le 18 avril 2007.
"Moi je veux le plein emploi pour les Français, et je leur dis : "si je suis élu président de la République, je m'engage sur 5% de chômeurs à la fin de mon quinquennat".

Xavier Bertrand, c'est un échec de Nicolas Sarkozy  ce chiffre aujourd'hui, de 9,3% de chômage ?
Et moi aussi, voilà un peu plus d'un an, j'indiquais qu'il fallait se battre pour faire baisser le chômage.
                          
Vous aviez fixé l'objectif de 9% à la fin de cette année.
...et c'est aujourd'hui le contraire à court terme, qui se produit. Pourquoi ? N'oubliez pas qu'en 2007, personne, personne ni en France, ni ailleurs, n'avait imaginé qu'on allait traverser la crise économique la plus importante depuis la crise de 1929.
Personne n'avait vu cette crise spéculative de l'immobilier aux Etats-Unis, cette crise des dettes souveraines, de l'endettement des Etats. Voilà la raison. Vous savez le chômage n'est pas un problème franco-français. Il n'y a que l'Allemagne aujourd'hui qui voit aujourd'hui son chômage reculer parce qu'ils ont fait des réformes de fond sur le marché du travail depuis 10 ans, et pendant 10 ans.

Nous, nous avons entrepris des réformes depuis quelques années seulement. C'est la différence. Mais quand le chômage augmente en France, de 30%, il augmente dans de nombreux pays, il est le double du nôtre en Espagne. Il est aux Pays Bas, souvent un pays qu'on montre en exemple, de 43%.Je ne dis pas ça pour excuser quoique ce soit. Je suis le premier responsable de la lutte contre le chômage, c'est simplement pour expliquer les choses.

Ce sommet social, dont vous avez la responsabilité, vous allez d'ailleurs commencer à recevoir les syndicats la semaine prochaine. Est-ce qu'on commence à avoir une petite idée de ce qui va se jouer ? Est-ce que par exemple, on va toucher au temps de travail ?   
Pourquoi toucher au temps de travail ? Je pense qu'aujourd'hui on est sorti des 35 heures, mais pas dans toutes les têtes. Il ne s'agit pas aujourd'hui de dire "on va sortir des 35 heures" en faisant payer une deuxième fois la facture aux ouvriers et aux employés.

Mais on parle par exemple de toucher au seuil de déclenchement des heures supplémentaires ? Est-ce que c'est envisagé ? Et dans ces cas-là, vous amputez le pouvoir d'achat des ouvriers et des employés, non merci.

Donc, ça c'est exclu ?
Ils ont déjà fait les frais avec Madame Aubry, à l'époque des 35 heures, parce que ça a bloqué leurs salaires, vous n'allez pas les amputer de leurs salaires au moment où on a besoin de leur pouvoir d'achat pour la consommation et pour la croissance.

Non, l'autre sujet, à mon avis qui est beaucoup plus intéressant, c'est celui que j'ai mis dans le débat sur votre antenne d'ailleurs, au Grand Jury voilà quelques semaines, c'est l'idée de pacte compétitivité-emplois dans les entreprises où quand ça va bien, on peut augmenter la durée du travail, les rémunérations beaucoup plus vite, beaucoup plus facilement. Et quand ça va moins bien, où l'on peut effectivement adapter le temps de travail s'il y a des garanties pour l'emploi. C'est ce qui se fait, par exemple en Allemagne, mais ça je pense que ça peut apporter beaucoup plus de souplesse, et je vois que cette idée, elle est en train de faire son chemin avec les partenaires sociaux.

Ça veut dire par exemple, faible activité 30 heures de travail, payer 30 heures... Forte activité 40 heures, payer 40 ?
Pas forcément payer 30 heures, car vous savez si les salariés ne s'y retrouvent pas, s'il n'y a pas de perspectives pour  l'emploi, s'il n'y a pas de perspectives d'investissement, les représentants du personnels ne signeraient pas.

Tout cela, ça coûte de l'argent.
Il y a aussi l'autre idée, le chômage partiel, ou l'activité partielle. Nous avons mis en place l'activité partielle en 2008, mais on s'aperçoit aujourd'hui qu'il y a une logique : il vaut mieux garder dans l'entreprise que de licencier, surtout si la crise a un caractère temporaire.

Il faut mieux former des salariés, plutôt que de les licencier.
Cette activité partielle, moi je veux la développer si on en a besoin. Je veux qu'elle soit plus simple, je veux qu'elle soit plus rapide à déclencher, avec toujours la même idée : cette crise, nous en sortirons. Donc pendant ce temps, gardons les salariés, plutôt que de s'en séparer.

Quels moyens vous allez débloquer pour justement, développer le chômage partiel.
Il y a aujourd'hui des moyens qui ne sont pas utilisés.

Ça se chiffre à combien ?
Aujourd'hui, c'est très difficile à dire quel est le besoin en matière d'activité partielle, mais je sais une chose : il y a besoin de l'état, il y a des besoins des partenaires sociaux. Et si ça n'était pas suffisant, je pense qu'il faudrait  des moyens supplémentaires.

Mais vous l'avez compris aussi avec les chiffres d'hier, c'est que nous avons une priorité sur l'emploi des jeunes. Sur l'emploi des jeunes, on s'aperçoit que les moyens mis en œuvre avec Nadine Morano, sont en train de porter leurs fruits : la formation par alternance, l'apprentissage - malgré la crise - ça progresse, ça progresse. Et nous avons notamment aujourd'hui des jeunes, je ne parle que des jeunes (24.000 jeunes de plus) alors que l'année n'est pas finie, qui ont trouvé un emploi avec l'apprentissage, ce qui montre bien que les efforts entrepris portent leurs fruits, mais comme ça n'est pas suffisant pour faire face à la crise, il nous faut une mobilisation renforcée.

D'un mot encore sur ce sommet social : est-ce que les mesures qui vont être discutées, ont la moindre chance d'aboutir avant la présidentielle ?
Oui...

Lesquelles par exemple ?
J'entends bien le message de certains syndicats qui disent qu'il faudra des choses très concrètes. Message reçu, c'est aussi ma logique.

Qu'est ce qui peut aboutir avant la présidentielle ?
Sur l'activité partielle, simplifier, raccourcir délais, pour y avoir davantage recours, c'est tout à fait possible. Sur les accords, les pactes compétitivité-emplois, s'il y a un accord des partenaires sociaux, on peut aussi aller très vite.     Et s'il faut une mobilisation renforcée, notamment sur la question de l'emploi des jeunes, j'y crois beaucoup et je veux porter cela dans ce sommet, là aussi, on peut aller très vite.

Ce que l'on voit bien, c'est que les chômeurs de longue durée, comme les jeunes, sont celles et ceux qui étaient les plus fragiles avant la crise. Et la crise n'a pas arrangé les choses, bien au contraire. C'est aussi vers ceux-là, qu'il faut tourner en priorité nos efforts.

Quelques questions rapides, qui concernent aussi la santé des Français, puisque vous êtes aussi Ministre de la Santé : une information à la Une du Monde qui est daté d'aujourd'hui : l'Assurance Maladie souhaite réduire de séjour à la maternité, quand l'accouchement se passe bien. On propose à la maman de rentrer au bout de deux jours. Est-ce que vous confirmez la généralisation, de ce qui est pour l'instant une expérimentation ?
Sauf que le but n'est pas de faire des économies pour des économies. C'est une curieuse façon qu'a eu le journal Le Monde de présenter les choses.

C'est une expérimentation qui existe aujourd'hui, c'est à dire que l'Assurance Maladie, prend contact avec les mamans concernées, c'est à dire qui ont plus de 18 ans, avec un accouchement qui s'est réalisé dans des conditions tout à fait normales, avec un enfant unique, et on leur dit voilà, vous aurez une équipe médicale qui va pouvoir intervenir avec une sage-femme, pour pourvoir vous accompagner à votre domicile.

Et vous savez, la plupart du temps, quand vous allez dans des maternités, vous rencontrez des mamans, si elles peuvent sortir un peu plus tôt, et si leur état de santé le permet, elle préfère être de retour à la maison. Elle préfère que le reste de la famille profite du nouveau-né.

Donc ce système, a bien vocation à être généralisé ?
On n'en n'est pas encore là. Aujourd'hui, il y l'expérimentation dans trois départements seulement. Mais ça repose bien souvent sur une demande qui est faite de la part des familles concernées, et avec l'accompagnement des sages-femmes et de l'ensemble du corps médical qui s'est occupé de cette femme.Il ne s'agit pas, vous savez, de faire des économies pour des économies, ça n'aurait pas de sens. Mais ça rencontre l'accord des femmes sur la base du volontariat, pourquoi ne pas expérimenté, comme c'est le cas. Aujourd'hui, c'est le Var, les Yvelines et en Haute Savoie.

Très rapidement, une question sur les prothèses mammaires PIP, l'assurance maladie va porter plainte, combien de femmes se sont fait connaître aujourd'hui ?
Nous n'avons pas de nombre aujourd'hui le nombre précis de femmes, mais en revanche ce que je peux vous dire, c'est que la ligne directe, le numéro d'appel que nous avons mis en place voilà un mois, a reçu 9.500 appels et pour la plupart, les 2/3 de personnes qui appellent, ce sont celles qui se poser ces fameuses prothèses PIP .

Ce que je redis, c'est qu'il n'y a pas de caractère d'urgence, c'est vrai, mais nous recommandons le retrait de ces prothèses mammaires de façon à éviter tout risque de rupture. Car c'est ça aujourd'hui, qu'il faut avant tout prendre en compte, c'est le risque de rupture. Tous ces retraits seront pris en charge par l'Assurance Maladie. Tous sans exception, et la réimplantation seront pris en charge par l'Assurance maladie, quand il y a eu la pose de ces implants pour une reconstruction mammaire, liée à un cancer.

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