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Chômage - Manuel Valls : "2012 doit être l'année du changement"

Manuel Valls était l'invité de RTL Matin ce mercredi matin. Le directeur de la communication de la campagne de François Hollande répondait aux questions de Jérôme Chapuis.

Manuel Valls (photo du 4 janvier 2011)
Manuel Valls (photo du 4 janvier 2011) Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Bonjour Manuel Valls
Bonjour  ...

Tenez-vous Nicolas Sarkozy, pour personnellement responsable des mauvais chiffres du chômage ?
En grande partie, évidemment. Il y la crise, mais il y a d'abord une politique économique et fiscale qui a aggravé cette crise et qui a donc aggravé le chômage.

Le gouvernement compte recourir plus massivement au chômage partiel. C'est une solution ?
Ecoutez, hier, j'ai écouté Xavier Bertrand, sur votre antenne, il était à ma place, il était votre invité, ce qui m'a frappé, c'est qu'il était au fond à côté, de la plaque pour reprendre l'expression de Serge July, mais sur un autre thème.
Il semblait extérieur à la situation de nos concitoyens, et notamment ceux qui sont frappés par le chômage.

Mais le chômage partiel par exemple ?
Mais nous verrons bien quelles sont les propositions, moi je ne les attends pas. On ne va nous refaire le coup d'une attente autour du sommet social du 18 janvier.

C'est trop tard ?
Mais c'est trop tard ! Que de temps perdu ! Et disons les choses franchement, ça n'est pas un sommet social. C'est un sommet électoral, alors que le chômage frappe nos concitoyens. Ce ne sont pas uniquement des chiffres, ce sont des situations que nous vivons, que nous connaissons. Ce sont de citoyens qui sont dans l'incapacité de payer leur loyer, de financer les études de leurs enfants qui ne voient plus l'avenir. Ce sont des familles détruites par le chômage, et nous vivons maintenant, un record, un record de chômage. Plus d'un million de chômeurs au cours de ce quinquennat.  C'est un record depuis 1999. Nous faisons comme si au fond, c'était normal. C'est ce que disait Xavier Bertrand. Il y a la crise, et bien c'est normal qu'il y ait du chômage.

Non ! Que temps perdu ! Et il fallait, il faut des mesures d'urgence, c'est ce que propose François Hollande.

Plus de souplesse sur la durée hebdomadaire de travail, contre la promesse qu'il n'y aura pas de licenciement.  C'est l'idée aussi exprimée hier par Xavier Bertrand, un accord compétitivité-emploi.
Mais tout cela aurait dû être mis en œuvre il y a trois ans, quand la crise est arrivée. Rien n'a été anticipé. Et le pouvoir continue d'ailleurs de subventionner les heures supplémentaires. Ça coûte quatre milliards à l'Etat. Cela détruit de l'emploi, plus de 70.000 emplois détruits par ces heures supplémentaires. Ça coûte cher à l'Etat, et ces quatre ou cinq milliards auraient dû être mis, par exemple, oui au bénéfice du chômage partiel. Oui, au bénéfice des emplois aidés. Oui au bénéfice du contrat de génération que propose François Hollande.  Oui, à la formation des chômeurs de longue durée.
Mais le président sur ce sujet, comme sur d'autres, ne va pas nous faire croire qu'il va résoudre ce problème, alors qu'il est en train de terminer un quinquennat marqué par l'échec. Il est temps, là aussi que cela change. Et puisque nous sommes à l'heure des vœux : 2012 doit être l'année du changement.

Mais le contrat de génération qui est voulu par François Hollande, vous le financez comment ? Parce que vous dîtes, il suffit d'en finir avec les baisses de charges sur les heures supplémentaires. Il coûte quand même huit milliards d'euros ce contrat de génération.
Oui, c'est pour ça qu'il faut à la fois une réforme de la fiscalité, il faut d'autres priorités. Ce qui frappe aujourd'hui, c'est que ce sont à la fois, les jeunes et les séniors qui sont concernés de plein fouet par cette augmentation du chômage. Et le contrat de génération de François Hollande, vise précisément à s'attaquer à la fois au chômage des jeunes, grâce à l'action d'un sénior dans l'entreprise.
Mais ce sont d'autres choix, une autre politique industrielle qui favorisent d'abord les PME et les PMI et pas les grands groupes. C'est l'investissement dans l'Education, dans la formation, dans les lycées d'enseignement professionnel, mais aussi dans l'apprentissage.
Ça ne se fera pas en quelques jours, mais c'est une autre orientation, c'est un autre chemin qu'il faut proposer au pays.

Sur l'économie encore, on a appris hier que la SNCF allait augmenter ses tarifs grandes lignes et TGV, d'un peu plus de 3% l'an prochain. Conséquences de la hausse de la TVA, alors que la semaine dernière, on apprenait qu'elle versait 230 millions d'euros de dividendes à l'Etat pour 2011, ça vous choque ?
Et en écoutant votre antenne ce matin, j'entendais les réactions des usagers qui payent deux fois. A la fois, la hausse de la TVA et la hausse des prix. Il y avait là, d'autres choix à faire de la part de la SNCF, et je m'étonne que le gouvernement n'ait pas réagi.

Je voudrais qu'on parle rapidement de l'inscription sur les listes électorales. Il reste trois jours pour le faire. Alors, franchement, est-ce que cette polémique est valable. On en parlait avec Serge July il y a un instant, compte tenu du fait que l'inscription des jeunes est automatique. Il n'y a pas eu de campagne du gouvernement, certes, mais il n'y a que 6% des Français qui ne sont pas inscrits aujourd'hui sur les listes électorales.
Tout d'abord, ce sont les collectivités territoriales qui font ce travail à la place de l'Etat. Et cela me choque. A Evry, nous sommes à plus de 2.000 inscrits sur les listes électorales. Ça veut bien dire, qu'il y a encore des citoyens, peut-être à cause de la mobilité, oui qui sont passés au travers des mailles du filet, qui s'inscrivent aujourd'hui sur les listes électorales.
Le Parti socialiste fait son job, contrairement à ce que dit Serge July. Les primaires sont passées par là. Ca a d'ailleurs été l'occasion d'ailleurs de redonner du goût à la politique, et de voir des citoyens s'inscrire. Et je rassure Serge July, la campagne, nous allons la mener sur le terrain. A la fois dans les média, sur Internet qu'il a oublié, mais aussi sur le terrain. Le porte à porte il va avoir lieu pour mobiliser les Français parce qu'aujourd'hui il y a à la fois une crise politique, une crise économique. Il y a un doute sur la parole publique.
Il faut donc aller effectivement convaincre les électeurs. Cette année électorale, cette élection présidentielle est décisive pour le pays.

Alors parlons de la campagne de François Hollande justement. Sur son blog, Pierre Moscovici, le directeur de la campagne, a écrit que " 2011 s'achève, et avec elle s'achève la drôle de campagne entamée depuis le verdict des primaires". Est-ce que c'est une manière de reconnaître que François Hollande a tâtonné ?
Non, moi je ne le crois pas. Moi je crois que François Hollande est en campagne depuis des mois. Candidat à la primaire, candidat à la présidence de la République...

Il a été attaqué sur le thème de l'indécision, sur le nucléaire ...
Mais qu'est-ce que ça veut dire cette histoire ! Il a fait des choix qui sont clairs et qui se sont imposés au parti socialiste et à la gauche. Sur le nucléaire, sur les retraites, sur la dissuasion, sur la sécurité, sur l'économie, sur l'éducation, ses propositions sont, me semble-t-il, correspondent aux attentes des Français.

Mais sur les retraites, il dit en gros, le départ à taux plein pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans, et pour les autres on renvoie à la négociation. Ça veut dire pour la majorité, on n'a pas le droit de savoir ce que pense, François Hollande ?
Mais il faut une négociation...

Mais qu'est-ce qu'il en pense ?
De toute façon ce système est  non seulement injuste, mais il n'est pas financé.

Est-ce que le PS est suffisamment mobilisé derrière François Hollande ?
Il l'est totalement, et vous allez le voir à partir du mois de janvier, cette campagne de porte à porte, cette mobilisation, cette campagne à la fois forte et populaire, que va mener François Hollande, correspond là aussi, non seulement à ce que les Français attendent mais à ce besoin profond de changement. On a besoin de tourner la page du sarkozysme et d'un pouvoir qui a échoué, sur l'économie, sur l'insécurité, qui est en train aujourd'hui de procéder à des nominations, qui veut s'accaparer le pouvoir, parce qu'il n'y a que ça au fond, qui lui reste.

Avant de parler de nomination, Jack Lang en début de semaine, a indiqué qu'il maintenait sa plainte contre Arnaud Montebourg. Ça ne fait pas un peu désordre, justement dans la campagne ?
Je crois justement que nous devons être totalement tournés vers les Français, ne pas commenter notre propre campagne, ce n'est d'ailleurs pas le rôle de François Hollande sur les problèmes internes du parti socialiste, mais tourner vraiment sur les préoccupations des Français. Nicolas Sarkozy a échoué sur le chômage, il a échoué sur l'insécurité. Regardez ce qui se passe à Marseille... des meurtres insupportables, une délinquance qui progresse, les mensonges de Claude Guéant, qui à la fois, le Ministre de l'intérieur, en échec sur l'insécurité, et l'homme des basses œuvrent de Nicolas Sarkozy. A Marseille, il avait promis des effectifs, ces effectifs certes sont peut-être arrivés, mais il y a  aujourd'hui 8 policiers seulement sur les trois circonscriptions de police de la ville de Marseille. 8 policiers supplémentaires, donc on est très loin là aussi, des engagements du pouvoir.

Vous l'évoquiez à l'instant, selon Libération ce matin, la nomination du secrétaire général de l'Elysée Xavier Muscat, à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignation au printemps prochain est acquise, est-ce que c'est opportun ?
Non, ça n'est pas opportun parce qu'on nomme un proche du président de la République à la tête de la Caisse des Dépôt qui est indispensable au financement de notre économie, ça donne le sentiment au fond, par cette nomination si elle se confirme, d'un pouvoir aux abois qui est en train d'essayer de verrouiller l'appareil d'Etat à quelques mois de la présidentielle.
Là aussi, voilà quelque chose qu'il faut changer, le rapport à ces nomination, le rôle du Parlement, devra là aussi, de ce point de vue-là, être revu, et François Hollande, demain président de la République si les Français lui font confiance, aura une autre vision de ce qu'est aujourd'hui l'indépendance, l'impartialité de l'Etat.

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