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"Chez nous", ou le jeu des ressemblances avec le Front national

NOUS L'AVONS VU - Le film réalisé par Lucas Belvaux sort ce mercredi 22 février au cinéma. Le réalisateur livre un long-métrage militant, où il est difficile de différencier la fiction de la réalité.

"Chez Nous", film réalisé par Lucas Belvaux
"Chez Nous", film réalisé par Lucas Belvaux
Crédit : Le Pacte
Marie-Pierre Haddad

Toute ressemblance avec la réalité est mûrement réfléchie. C'est le message que l'on pourrait lire au début du film de Lucas Belvaux, Chez nous. Le dernier long-métrage du réalisateur belge sort ce mercredi 22 février dans les salles, en France. Dès la diffusion de la bande-annonce, ce film a eu un écho important, dû aux vives critiques dont il a fait l'objet de la part des dirigeants du Front national

Mais depuis, le parti a eu le temps de revoir son avis. Florian Philippot expliquait à l'antenne de BFMTV, le 20 février : "J'ai vu qu'il (Lucas Belvaux ndlr) avait assisté à la diffusion du film à l'Élysée avec François Hollande, ça m'a fait rire. Paraît-il que ça n'était pas un film politique à la base, nous avait-on dit, mais il assiste quand même à la diffusion du film avec le président de la République à l'Élysée. Mais en fait montrez-le partout, de grâce invitez-le. Cet homme nous fait, je crois, gagner des voix chaque jour".

Une cheffe de parti charismatique

Le film raconte l'histoire de Pauline. Cette mère célibataire est infirmière à domicile. Elle a grandi dans la ville (fictive) d'Hénard dans le Pas-de-Calais. Elle va être approchée par un ami de longue date, Philippe Berthier, interprété par André Dussolier. Il lui propose de se présenter aux élections municipales sur la liste du Bloc Patriotique. Ainsi, Lucas Belvaux multiplie-t-il les ressemblances et les comparaisons avec le Front national

À commencer par Agnès Dorgelle, interprétée par Catherine Jacob : femme, blonde, charismatique briguant un siège dans cette ville du Pas-de-Calais dont le nom ne cesse de résonner avec la ville d'Hénin-Beaumont. À l'antenne de RTL, Lucas Belvaux explique que "c'est une façon d'inscrire le film dans le territoire que l'on voit et que je décris au début du film (...) Le paysage raconte les gens qui y habitent". 

Un parti proche des mouvements identitaires

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L'histoire de ce parti y est dépeinte durant tout le film. Nouvel écho à celle du Front national. Le personnage de Catherine Jacob est donc à la tête du Bloc Patriotique, un parti dont elle souhaite néanmoins se détacher car l'image véhiculée par son père ne lui correspond plus. "J'ai essayé de faire un portrait, le plus objectif possible de ce qu'était le Front national aujourd'hui, dans sa rhétorique, dans sa politique et ses techniques de dédiabolisation. Mais aussi avec ses ponts avec la 'nébuleuse' avec les identitaires", ajoute le réalisateur. Les relations de ce parti fictif avec les milieux néo-nazis y est largement abordé : comment miser sur une nouvelle image, tout en maintenant des liens avec ce passé.

Le personnage d'André Dussolier, conseiller de l'ombre de la présidente du parti, incarne aussi la jonction entre toutes les différentes facettes du Bloc Patriotique, aussi présentes au sein du Front national. Selon Lucas Delvaux, "il y a un cœur idéologique, incandescent qui n'a pas changé depuis le XIXe siècle".

Une machine électorale disséquée

Et Pauline dans tout cela ? Le personnage principal va se heurter violemment à la machine électorale. Elle s'étonne de ne pas avoir été plus impliquée dans le programme qu'elle doit défendre aux élections, elle qui a été "choisie" par le parti pour sa popularité au sein de la ville. Elle devra affronter aussi le passé électoral communiste de cette ville du nord, incarné par son père. Sans oublier les avis tranchés de ses amis soit en fervents supporters ou alors résolument contre ce qu'incarne le Bloc Patriotique. 

Tous ces éléments se retrouvent mélangés dans cette ville située entre Lens et Lille. Reste un seul élément passé sous silence par le réalisateur : la temporalité. Il s'agit d'élections municipales, mais lesquelles ? Celles de 2014, au cours desquelles le Front national a obtenu pour la première fois des mairies, ou celles d'un futur qui découlerait de l'élection présidentielle ?

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