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Les Républicains, Hulot, parité... Ce que le gouvernement Macron traduit du quinquennat à venir

DÉCRYPTAGE - Des membres de son équipe de campagne, des politiques de droite, des ténors... Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron est désormais connu.

Emmanuel Macron sur le perron de l'Élysée
Emmanuel Macron sur le perron de l'Élysée
Crédit : YOAN VALAT / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

Ils ne seront pas 15 mais 22. C'est le nombre de ministres et secrétaires d'État qui forment le gouvernement d'Emmanuel Macron. Après avoir annoncé la nomination du premier ministre Édouard Philippe, le secrétaire général de l'Élysée a donné la composition du gouvernement, ce mercredi 17 mai. 18 ministres et 4 secrétaires d'État constituent l'équipe gouvernementale du premier ministre. "L'engagement d'un gouvernement très resserré est totalement tenu" et c'est bien une "recomposition sans précédent", souligne l'entourage d'Emmanuel Macron à l'AFP. Les portefeuilles et les attributions précises des ministres seront détaillés dans les "48 heures après le Conseil des ministres" qui aura lieu jeudi 18 mai. 

Au Parti socialiste, le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a tweeté : "Nouveau gouvernement mais pas gouvernement du renouveau. Cautions de gauche mais Matignon et Bercy à droite". Dans un communiqué, il ajoute qu'en "choisissant de confier 'Bercy' à Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, le premier Ministre Édouard Philippe aura l'assurance de pouvoir mener une politique économique 'de droite et en même temps... de droite' dont les priorités consisteront à augmenter la CSG, supprimer l'ISF, remettre en cause les protections des salariés, réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires et casser les services publics".

Un rassemblement orienté à droite

Trois membres des Républicains ont intégré le gouvernement d'Emmanuel Macron. Il s'agit d'Édouard Philippe à Matignon, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et Gérard Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics. L'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre a expliqué sur Facebook que "la France vaut mieux que les partis. La France mérite mieux que les exclusions. La France attend de nous un engagement total, pour retrouver notre dignité et notre grandeur". Le sarkozyste Gérald Darmanin a indiqué au micro de RTL : "Je préfère toujours mon pays à mon parti. Je suis avant tout gaulliste. Le général de Gaulle disait : 'Ce n'est pas la droite la France, ce n'est pas la gauche la France'. Bien sûr, on a des convictions, mais il me semble que le président de la République a donné les assurances pour que ces convictions et ces sensibilités existent dans un moment très particulier où les deux grands partis n'ont pas été au second tour de l'élection présidentielle". 

Chez Les Républicains, la nouvelle n'est pas la bienvenue. François Baroin, chef de file des Républicains pour les élections législatives, "regrette à titre personnel" l'entrée des deux élus de la droite. "Ils sont partis, c'est leur choix, ça leur appartient. Je le regrette à titre personnel, sans que ça remette en cause les liens d'amitié que j'ai avec eux. Je ne déchire pas, pour ma part, plusieurs années de combat que j'ai partagées avec eux", a déclaré le sénateur-maire LR de Troyes. Bernard Accoyer a affirmé pour sa part que les nouveaux ministres ne font plus partie des Républicains. "Ils font le choix personnel de faire campagne avec le Premier ministre en faveur des candidats d''En Marche !' contre nos candidats LR-UDI (...) L'objectif principal de ce gouvernement provisoire et de confusion est de brouiller les repères des Français dans la campagne des élections législatives (...) En choisissant de composer une équipe ministérielle disparate, Emmanuel Macron continue d'entretenir l'ambiguïté dans le débat démocratique", ajoute-t-il. 

Des proches à des postes stratégiques

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Parmi les ministres d'Édouard Philippe figurent quatre socialistes : Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, et Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. Lors de la campagne présidentielle, le premier a été le premier ministre "hollandais" a annoncé son ralliement avec Emmanuel Macron. Gérard Collomb et Richard Ferrand ont été dans les premiers membres du Parti socialiste à affirmer leur convergences avec le président de la République. Quant à Christophe Castaner, il a été l'un des membres actifs de sa campagne. 

Miser sur l'écologie

Nicolas Hulot est nommé ministre de l'Écologie. C'est la première fois que l'ex-présentateur de l'émission Ushuaïa, candidat malheureux à la primaire écologiste de 2012 et maintes fois sollicité, accepte d'entrer dans un gouvernement. "Dans une logique transpartisane, il est la bonne personne au bon moment", estime Matthieu Orphelin, son ex-bras droit à la Fondation Hulot et candidat de La République En Marche pour les législatives. Pendant la campagne présidentielle, il n'avait soutenu aucun candidat, estimant que son rôle était "plutôt de faire avancer des idées". "Ce qui le guide, c'est toujours de se demander où il peut être le plus utile", affirme le député européen EELV Pascal Durand, un proche. Figure de proue de la cause environnementale, Nicolas Hulot était crédité de 10% des voix dans les sondages avant de renoncer en juin 2016 à la course présidentielle. 

En janvier 2016, sollicité par François Hollande pour entrer au gouvernement, Nicolas Hulot avait décliné l'offre, faute d'assurances suffisantes sur l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la renégociation du traité de libre-échange avec le Canada (Ceta) et une réforme de la fiscalité. Dans la perspective de la COP21, il avait été pendant trois ans son "envoyé spécial pour la planète", avec un bureau à l'Élysée. Ce compagnonnage au plus haut sommet de l'État a débuté avec Jacques Chirac, croisé à la fin des années 90. Au sommet de la Terre de Rio (2002), les deux hommes rencontrent ensemble Nelson Mandela. Nicolas Hulot devient un visiteur régulier à l'Élysée. En 2007, il hésite - déjà - à se présenter à la présidentielle avant d'imposer son "Pacte écologique" aux candidats. Nicolas Sarkozy le signe et, aussitôt élu, lance le Grenelle de l'Environnement, une concertation inédite qui débouche sur deux lois importantes

Un gouvernement paritaire mais...

Le gouvernement d'Édouard Philippe est composé de onze femmes et onze hommes, ce qui correspond à l'un des engagements pris par Emmanuel Macron à l'époque candidat. Plusieurs associations féministes ont déploré l'absence d'un ministère de plein exercice dédié aux Droits des femmes, après la nomination d'une secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, placée auprès du premier ministre, Marlène Schiappa. L'association Osez le Féminisme a relayé un tweet d'Emmanuel Macron qui, alors candidat, promettait : "il y aura un ministère plein et entier des Droits des femmes". 

Le Collectif national pour les droits des femmes a également déploré l'absence d'un ministère "entièrement dédié, pérennisé, avec un budget conséquent et des pouvoirs reconnus, lui permettant de peser sur les autres ministères pour s'assurer de la transversalité de sa politique". Le Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes a de son côté "regretté", dans un communiqué, "que les droits des femmes ne soient plus portés par un(e) ministre de plein exercice". Mais "il espère que le positionnement auprès du Premier ministre sera la garantie d'une politique d'égalité véritablement transversale et interministérielle". 

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