3 min de lecture Université d'été PS

Ce qu'il faut retenir de l'université d'été du PS à La Rochelle

ÉCLAIRAGE - Du 28 au 30 août, le Parti socialiste était réuni à La Rochelle pour sa traditionnelle université d'été. Un rassemblement marqué par le manque d'unité.

Manuel Valls, le 30 août 2015, lors du discours de clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle
Manuel Valls, le 30 août 2015, lors du discours de clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

La rentrée politique du Parti socialiste a marqué ce dernier week-end de vacances pour les Français. Et comme il fallait le craindre, le parti majoritaire est apparu divisé malgré un discours enflammé et rassembleur du chef du gouvernement, Manuel Valls. Une chose est sûre, l'unité proclamée par Jean-Christophe Cambadélis en clôture du dernier congrès de Poitiers n'est définitivement pas au rendez-vous des rangs socialistes. 

Emmanuel Macron, un absent bien présent

Avant même le début du rassemblement, l'université d'été a été marquée par l'imbroglio Emmanuel Macron. Le ministre de l'Économie, qui affirme ne pas avoir été invité à la grand-messe socialiste, a fait une sortie remarquée lors de la rentrée du Medef le 27 août, semant le trouble dans les rangs du PS. "La gauche n'est pas exempte de critiques particulières. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans, qu'il n'était pas nécessaire de connaître le monde de l'entreprise pour prétendre le régenter, que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins. C'était des fausses idées", a-t-il déclaré devant les patrons. 

Une sortie que beaucoup ont pris pour une remise en cause des 35 heures. Une polémique à laquelle Manuel Valls  a voulu mettre fin, après avoir recadré son ministre. "Le débat sur le temps de travail était clos (...) Il n’est pas question de revenir sur la durée légale du temps de travail", a déclaré Manuel Valls lors de son discours de clôture.

La crise des migrants, au cœur de l'université

À tour de rôle, les leaders socialistes se sont fait remarquer par diverses sorties sur la question des migrants avant la visite ce lundi 31 août de Manuel Valls à Calais. Claude Bartolone a ouvert les débats en fustigeant l'Europe qui est, selon lui, "capable de construire des barrières" alors que les migrants "viennent pour sauver leur peau". 

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Mais il n'est pas le seul, Jean-Christophe Cambadélis, Christiane Taubira ont aussi vivement évoqué le manque "d'humanité" et de "dignité" dans laquelle étaient accueillis les migrants. Des propos appuyés par le Premier ministre. "Les migrants qui fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions doivent être accueillis. Chaque demande d'asile doit être examinée rapidement", a proclamé Manuel Valls qui souhaite "trouver des réponses durables, fondées sur des valeurs comme l'humanité, la responsabilité et la fermeté". 

Entre socialistes et Verts, le divorce est consommé

L'implosion d'Europe-Écologie-Les Verts n'est pas sans conséquence dans les rangs du Parti socialiste. La démission de François de Rugy, suivie par celle de Jean-Vincent Placé, a reposé la question de la place des Verts à gauche et plus précisément au sein du gouvernement. La venue d'Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, sur l’esplanade de l'Espace Encan à La Rochelle n'a pas éteint les discussions alors que les Verts se rapprochent de plus en plus du Parti de gauche en vue des élections régionales de décembre prochain. 

Un choix important alors que Manuel Valls a appelé à l'union à l'approche du scrutin. "Socialistes, écologistes, radicaux doivent combattre unis dès le premier tour. Et si possible partout en France". Pas sûr que cela suffise alors que certains cadres, comme Jean-Marie Le Guen notamment, dénoncent une "mélenchonisation" des écologistes.

Les militants se révoltent

Le traditionnel dîner des militants socialistes a failli virer au drame. Alors qu'ils étaient près de 2.000 soutiens réunis à La Rochelle, les jeune socialistes se sont fait entendre. Certains, connus pour être très à gauche, ont manifesté leur mécontentement à propos des positions parfois libérales du gouvernement. En ligne de mire ? La sortie d'Emmanuel Macron lors de l'université du Medef.

Les militant du MJS ont rapidement scandé des "Macron démission" et "Taubira présidente". Des propos qui n'ont guère plus à Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis. En souhaitant calmer les foules, le chef du PS s'est même vu ceinturer par le service d'ordre pour éviter tout débordement. Une intervention à l'image de l'ambiance interne au PS où deux gauches, de plus en plus distinctes, ne cessent de s'affronter.  

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