4 min de lecture Nicolas Sarkozy

Ce qu'il faut retenir de l'interview de Nicolas Sarkozy dans "Le Figaro Magazine"

L'ancien président de la République a accordé un grand entretien à l'hebdomadaire à l'occasion de la sortie de son livre "Tout pour la France", qui marque son entrée en campagne pour la présidentielle 2017.

François Hollande a reçu Nicolas Sarkozy à l'Élysée, samedi 25 juin.
François Hollande a reçu Nicolas Sarkozy à l'Élysée, samedi 25 juin. Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Nicolas Sarkozy poursuit l’offensive médiatique qu’il a entamée lundi 22 août en déclarant sa candidature à la primaire de la droite. Le président démissionnaire des Républicains - son statut de candidat l’oblige à quitter son poste - a accordé une longue interview au Figaro Magazine à paraître jeudi 25 août (article payant disponible en ligne), au lendemain de la publication de son livre-programme Tout pour la France et de son passage au journal télévisé de 20 heures de TF1. Nicolas Sarkozy, qui se dirait "satisfait" d’avoir créé la surprise, selon Le Canard enchaîné, doit également donner un meeting en cette journée du 25 août.

Les prochaines échéances doivent permettre à l'ancien chef de l'État de faire durer l'emballement médiatique autour de sa candidature, présenter ses principales propositions mais également entamer le retournement de l'opinion publique. Malgré sa forte présence au cours de l'été, notamment après les attentats de Nice et Saint-Étienne-du-Rouvray, Nicolas Sarkozy n'a pas su refaire son retard sur son principal rival à droite, Alain Juppé. Selon une étude Ipsos-Le Pointles sympathisants LR seraient toutefois 65% à souhaiter son élection. L'ex-président dépasserait même de deux points Alain Juppé (63%).

Annoncer sa candidature via un livre

Si la période de l'annonce de sa candidature était attendue, la manière l'est beaucoup moins. C'est par le biais de la publication de Tout pour la France que Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de revenir à l'Élysée. "Face à la défiance à l'endroit de la parole politique, l'écrit est la meilleure façon de donner une crédibilité. Ce que je dis, je le ferai. Présenter mon projet simultanément à ma déclaration de candidature, c'est placer les solutions avant les questions de personnes, c'est créer les conditions d'un vaste rassemblement autour des propositions que je fais (...) Ce livre correspond à mon exigence de vérité et de clarté", explique-t-il au Figaro Magazine.

Nicolas Sarkozy assure par ailleurs avoir "beaucoup réfléchi" pour savoir s'il était "l'homme de la situation" et met en avant les qualités qu'il estime "déterminantes pour redresser la France" : "énergie, autorité, expérience, volonté". Des qualificatifs proches de ceux dont il est par exemple affublé dans la dernière étude Ipsos-Le Point parue ce 24 août. Les personnes interrogées le qualifient de "déterminé" (73%), "dynamique" (68%) et courageux (53%).

Prêt à légiférer contre les signes religieux

Conformément à ce qui se dit depuis de nombreux mois et ce qu'il écrit dans son livre, Nicolas Sarkozy prépare une campagne droitière, notamment axée sur les questions de laïcité et d'identité. Le candidat à la primaire de la droite propose "une loi qui interdise tout signe religieux ostensible non seulement à l'école, mais également à l'université, dans l'administration et aussi dans les entreprises" et s'insurge contre "la tyrannie des minorités". Selon lui, "Si nous n'y mettons pas un terme, le risque, c'est que dans dix ans les jeunes filles de confession musulmane qui ne porteront pas le voile ou le burkini seront montrées du doigt et seront sous la pression quotidienne de l'entourage. La vérité m'oblige à dire que cela a déjà commencé".

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L'ancien président de la République assure ne pas craindre l'opposition d'institutions telles que le Conseil constitutionnel, le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État et la Cour européenne des droits de l'homme. Et de se permettre d'ironiser : "Je propose que vous mettiez un conseiller d'État, président de la République, un membre du Conseil constitutionnel, Premier ministre et un avocat général de la Cour de cassation, garde des Sceaux. Et attendez bien tranquillement que la révolte des peuples les emporte !"

Le rejet de François Hollande

À l'instar de l'antisarkozysme de la campagne de 2012, l'ancien président semble prêt à s'appuyer sur le sentiment de rejet que semblent ressentir de nombreux Français à l'encontre de François Hollande. "Souvenez-vous du discours de M. Hollande en 2012. Il allait rassembler la France ! Il n'a cessé de la diviser", attaque-t-il. Et d'appuyer dans le sens de ceux qui considèrent que l'actuel locataire de l'Élysée n'est pas capable de prendre des (bonnes) décisions : "Quand la règle est incertaine, quand la main tremble pour l'appliquer, quand chacun peut tester la fermeté de la République en étant assuré qu'elle n'en a point, le risque d'affrontement est réel. Quand la communauté nationale est considérée comme faible et incapable de défendre les citoyens, ceux-ci se tournent vers leur communauté d'origine (...) Mon projet, c'est le retour de l'autorité, la défense sans faille de la République".

S'il assure ne vouloir répondre à "aucune des attaques de François Hollande", Nicolas Sarkozy prend tout de même lui adresser un tacle dans la veine de ses commentaires précédents : "Un président de la République qui a le temps d'alimenter de confidences deux livres de journalistes en les recevant tout au long de ce quinquennat à plus de 90 reprises, je vous dirai simplement que nous n'avons pas, François Hollande et moi, le même sens des priorités et la même conception de la fonction".

François Baroin futur premier ministre

Sans surprise, Nicolas Sarkozy confirme que François Baroin est "le mieux placé" pour être son premier ministre. Il se démarque toutefois de ses concurrents, François Fillon et Alain Juppé, en n'annonçant pas sa volonté de donner la structure de son éventuel gouvernement avant l'élection.

Une grande confiance en l'avenir

Qu'il s'agisse du rejet de sa personne, qu'il affirme avoir connu toute sa vie, les affaires, dont le nombre "s'est considérablement réduit" et sa capacité à faire passer toute sa réforme - il ambitionne notamment de faire voter simultanément une baisse d'impôts et une réduction des dépenses -, Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir de doute concernant les échéances à venir. 

Conformément à l'attitude qu'il a toujours adoptée depuis son retour en politique, l'ancien président n'évoque ni la primaire (il n'y fait qu'une seule allusion directe, ndlr) ni ses adversaires, qu'il ne nomme jamais. Une manière de porter le débat sur la seule échéance qu'il envisage : la présidentielle.

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