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"Castaner va apporter sa petite notoriété à un parti sans tête d'affiche", note Olivier Bost

ÉDITO - Le porte-parole du gouvernement prendra la tête de La République en Marche à la fin du mois de novembre et le moins que l'on puisse dire est qu'il a du pain sur la planche.

Christophe Castaner, le 4 octobre 2017 à Paris
Christophe Castaner, le 4 octobre 2017 à Paris
Crédit : AFP / François Guillot
"Castaner va apporter sa petite notoriété à un parti sans tête d'affiche", note Olivier Bost
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"Castaner va apporter sa petite notoriété à un parti sans tête d'affiche", note Olivier Bost
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L'Edito politique du 02 novembre 2017
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Olivier Bost

Christophe Castaner a jusqu’à ce jeudi 2 novembre au soir pour constituer sa future équipe La République En Marche. Le porte-parole du gouvernement prendra les rênes du mouvement dans 3 semaines, et un chantier colossal l'attend. Tout, absolument tout, reste à construire. "En Marche est une coquille vide" - ce n'est pas moi qui le dit, mais Christophe Castaner.

La République En Marche est donc un parti fantôme, avec quand même 23 millions d'euros de budget. "Il faut créer le premier parti de France", explique Christophe Castaner. Sacré challenge. En fait, depuis les dernières élections - je vous passe les sénatoriales, mais depuis la présidentielle et les législatives - REM fonctionne au ralenti. C'est ce que décrivent des élus, des militants et même des responsables du parti.

Une ambiance délétère

En Marche n'est pas incarné, personne n'est capable de citer les trois responsables qui s'en occupent ces derniers mois. Ils sont tellement discrets qu'on ne les entend nulle part. Christophe Castaner, l'actuel porte-parole du gouvernement, élu des Alpes de Haute-Provence rallié de la première heure à Emmanuel Macron, va donc d'abord apporter sa petite notoriété à un parti qui n'a aucune tête d'affiche.

Cela ne suffira pas. Il va falloir des idées, beaucoup d'idées. Car En Marche doit se trouver un rôle. Le parti a le même problème que tous les partis au pouvoir. Comme le Parti socialiste, et comme l'UMP avant lui, il faut qu'il serve à quelque chose. Et pour l'instant il tourne complètement à vide. Des adhérents m'ont décrit localement des réunions sans intérêts, à moitié désertées... des villes ou des départements où ils ne se passent plus rien du tout depuis la présidentielle...

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Dans d'autres endroits, il y a une ambiance délétère parce que des référents locaux se sont mis pas mal de gens à dos. Chez La République En Marche, il y a en plus un facteur aggravant : pas mal de ses membres de la première heure, et parmi eux des référents locaux, n'ont aucun sens politique. Ils ont été séduits par Emmanuel Macron mais n'avaient aucun passé militant. Pire que ça, ils se sont construits contre les politiques, contre l'ancien monde. Alors faire aujourd'hui de la politique, pour un certains d'entre eux, ce serait se renier ou se salir. Ils préfèrent ne rien faire.

Mouvement ? Parti ? La confusion règne

À force de ne pas vouloir être un parti, mais un mouvement, on n'a toujours pas compris où La République En Marche voulait en venir. Un mouvement ça fait plus sympathique, ça fait moins poussiéreux qu'un vieux parti avec plein de gens qui passent leur temps à magouiller pour être désigné candidat à la prochaine élection. C'est plus sympa un mouvement, vu comme ça. Sauf quand on regarde les exemples que nous avons...

L'autre famille politique qui se proclame aussi être un mouvement, c'est la France Insoumise. Ce qu'ont en commun, pour l'instant, ces mouvements, c'est leur déficit de démocratie. Il y a un pouvoir hyper centralisé. La preuve, pour désigner leur candidat mais aussi pour écrire au final le programme présidentiel, dans les deux cas ce sont quelques personnes, qui se comptent sur les doigts d'une main quasiment, qui ont décidés de tout. Cela marche pour devenir Président et pour obtenir une majorité, mais ça marche moins bien pour faire fonctionner un parti. Ou un mouvement - comme vous voulez.

Les élections locales - les municipales, les régionales... - sont encore loin - dans 2, 3 ans -, mais cela commence a inquiéter plusieurs élus REM. S'ils ne structurent pas localement, ils redoutent de perdre toutes les élections. Pour les municipales par exemple, il faut pas mal de candidats, et des gens vraiment impliqués et motivés. Cela ne se trouve pas du jour au lendemain. C'est une vraie campagne de terrain qu'il faut mener partout. Il faut donc trouver des gens qui veulent vraiment faire de la politique, pas seulement soutenir un candidat à l'élection présidentielle comme ils l'ont fait avec Emmanuel Macron. Le vrai défi de Christophe Castaner est là : partir quasiment de zéro pour créer une machine politique.

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