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Cahuzac : la vie politique française et les affaires, une longue histoire

L'affaire Cahuzac succède à d'autres scandales ayant ébranlé la classe politique française, dans lesquelles des ministres, des présidents de la République ou Premiers ministres ont été mis en cause. Retour sur les "scandales d'état" les plus marquants.

micro générique
La rédaction numérique de RTL
et Elizabeth Martichoux

1979 - Gicard et les diamants de Bokassa
Le Canard Enchaîné, déjà, révèle que Valérie Gisard d'Estaing s'est fait offert, en 1973, une plaquette de diamants par le président centrafricain Jean-Bedel Bokassa, autoproclamé "empereur" et dictateur de son état. Malgré un "démenti méprisant" à la télévision, VGE laissera le pouvoir à François Miterrand en 1981.




1985 : Greenpeace et l'affaire du Rainbow Warrior
Le sabotage du bateau de l'association écologiste Greenpeace, dans le port néo-zélandais d'Auckland, où un photographe trouve la mort, met en cause les services secrets français. Après des semaines de tensions entre le président François Mitterrand, le Premier ministre Laurent Fabius et le ministre de la Défense Charles Hernu, ce "crime d'Etat" visant à protéger les essais nucléaires dans le Pacifique, se solde par la démission de M. Hernu.



1991 : le sang contaminé
Laurent Fabius, Premier ministre, Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales et Edmond Hervé, son homologue de la Santé, en poste en 1985, sont mis en examen pour "complicité d'empoisonnement" pour n'avoir pas fait arrêter la distribution de produits sanguins contaminés par le virus du sida. Quatre médecins seront condamnés. Fabius et Dufoix seront relaxés, Hervé condamné mais dispensé de peine.


1993 : le prêt de Bérégovoy
Le Canard enchaîné, toujours, affirme que Roger-Patrice Pelat, proche de François Mitterrand, a prêté en 1986 un million de francs sans intérêts à Pierre Bérégovoy, alors député PS, pour l'achat d'un appartement à Paris. Pour la justice il n'y a pas de délit dans cette opération qui ternit toutefois l'image du Premier ministre, qui mettra fin à ses jours le 1er mai, au lendemain de la déroute socialiste aux législatives. "Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie, au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous", avait déclaré François Mitterrand.



1993 : les écoutes de l'Elysée

Libération et Le Monde  affirment que les téléphones de plus de cent personnalités ont été placés sur écoute entre 1983 et 1986 à la demande de la cellule antiterroriste de l'Elysée. En 2005, sept prévenus sont condamnés à des peines de prison avec sursis, dont Gilles Ménage, directeur de cabinet de Mitterrand et Christian Prouteau de la "cellule". La Cour de cassation confirme les condamnations en 2008. François Mitterrand, décédé en 1996, sera désigné comme "l'inspirateur et le décideur de l'essentiel".



1994 : l'affaire ELF

Eva Joly, alors juge d'instruction,  met au jour un impressionnant réseau de trafic d'influences, de corruption et de détournements de fonds qui implique les dirigeants du groupe (Loïk Le Floch-Prigent) et des ministres (Roland Dumas, Charles Pasqua). Ces derniers seront relaxés.




2000 : Chirac et la cassette Mery
Jacques Chirac doit s'expliquer à la télévision sur la cassette post-mortem dans laquelle le promoteur Jean-Claude Méry le met en cause dans le financement frauduleux du RPR. "Une histoire abracadabrantesque", réagit le président. S'appuyant sur les déclarations enregistrées en 1996 par Jean-Claude Méry, le juge Halphen avait fait parvenir au président de la République, en mars 2001, une convocation au titre de témoin, avant d'estimer qu'il existait des indices suffisants pour envisager la mise en examen de M. Chirac ; en avril 2001, il s'était ainsi déclaré incompétent au profit de la Haute Cour de justice. Ces actes furent ensuite annulés.



En 2007, Jacques Chirac, après avoir quitté ses fonctions présidentielles, sera condamné (décembre 2011) dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris à deux ans de prison avec sursis, devenant le premier ex-président français condamné depuis Philippe Pétain, en 1945. Il ne fera pas appel, fatigué par des problèmes de santé.

2004 : Juppé prend un an inéligibilité

Le fidèle lieutenant de Jacques Chirac est condamné en 2004 à 1 an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de l'ex-RPR. Il quitte alors ses mandats et la présidence de l'UMP au profit de Nicolas Sarkozy, avant une traversée du désert jusqu'en 2006 et son retour à la mairie de Bordeaux.



2005 : le duplex de Gaymard
Le ministre de l'Ecologie de l'époque, Hervé Gaymard, doit démissionner après les révélations de la presse sur son logement de fonction de 600m² pour un loyer de 14.000 euros, tout ça aux frais de l'état. Un Hervé Gaymard propriétaire d'un autre appartement dans Paris, d'une maison en Bretagne et de deux appartements en Savoie. D'autres scandales sur les logements toucheront des responsables politiques.




2006 : affaire CLEARSTREAM
Nicolas Sarkozy se constitue partie civile, convaincu que Dominique de Villepin a voulu lui barrer la route de l'Elysée en ajoutant son nom dans des listings falsifiés de la société luxembourgeoise Clearstream. Jugé pour "complicité de dénonciation calmonieuse", Villepin est relaxé en janvier 2010 après avoir mis en cause directement Nicolas Sarkozy sur cet acharnement.




2009 : Jean Sarkozy à l'EPAD
Le président Sarkozy reconnaît avoir commis une "erreur" en laissant son fils cadet Jean se présenter à la présidence de l'Epad, le quartier d'affaires le plus important d'Europe. Jean Sarkozy renonce au poste après deux semaines d'intense polémique, où le président s'est vu accuser de "népotisme".



Quinquennat de Nicolas Sarkozy : MAM, Woerth, Tron..
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La chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a eu recours fin 2010 en Tunisie au jet privé d'un homme d'affaires tunisien, présenté par l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné comme membre "du clan Ben Ali". Soit deux semaines après le début de la révolte tunisienne contre le pouvoir dictartrial de Ben Ali. Michèle Alliot-Marie sera vivement critiquée pour avoir sous-estimé la Révolution du jasmin et avoir proposé devant l'Assemblée nationale une coopération sécuritaire au régime Ben Ali. Elle quittera le gouvernement suite à cette affaire.



Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012), trois autres membres du gouvernement ont dû quitter leur poste.Accusé par deux femmes d'agression sexuelle, Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, quitte le gouvernement le 29 mai 2011.

Eric Woerth, ministre du Travail, prend lui aussi la porte le 14 novembre 2010 à l'occasion d'un remaniement après son implication dans l'affaire Bettencourt, lui l'ancien trésorier de l'UMP.  Deux secrétaires d'Etat du gouvernement de François Fillon, Christian Blanc, chargé du développement de la Région capitale, et Alain Joyandet, chargé de la Coopération et de la Francophonie, rendront eux aussi leur tablier,  l'un pour des faux frais de cigares et l'autre pour un permis de construire illégal dans le sud de la France.

Karachi, Bettencourt, sondages : les casseroles de Sarkozy
Des scandales mettant en cause des personnalités politiques attendent toujours leur dénouement judiciaire, comme les affaires Karachi ou Bettencourt.  Nicolas Sarkozy, l'ex-président de la République, a été mis en examen le 21 mars 2013 pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. Le nom de l'ancien chef de l'Etat apparaît également dans quatre autres dossiers dont celui du volet financier de l'affaire Karachi où le juge Renaud Van Ruymbeke, qui soupçonne un financement illégal de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 par des rétrocommissions sur des ventes d'armes, pourrait  vouloir l'interroger.

Mais aussi dans l’affaire Tapie-Lagarde, où l'ancien président pourrait avoir donné ordonner cette décision en faveur de l’ancien patron d’Adidas par l’intermédiaire de Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie. Il y a aussi l'affaire des sondages de l’Elysée et l'affaire Kadhafi, qui concerne un possible financement illégal de sa campagne électorale en 2007, par l'ancien dictateur libyen.

L'affaire DSK
Favori pour réprésenter le PS à la présidentielle 2012, Dominique Strauss-Kahn est interpellé le samedi 14 mai 2011 à l’aéroport JFK de New York. Accusé de tentative de viol et d’agression, par une Nafissatou Diallo, femme de chambre au Sofitel de New York, l’ex-directeur du FMI voit sa carrière s'écrasée. Et les affaires se succéder (Carlton, Tristan Banon, Iacub).

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