3 min de lecture Affaire Bygmalion

Trois anciens cadres de Bygmalion mis en examen dans l'affaire de la campagne 2012 de Sarkozy

Trois anciens dirigeants de la société Bygmalion ont été mis en examen mercredi dans l'enquête sur un système de fausses factures dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Le fondateur de Bygmalion Bastien Millot
Le fondateur de Bygmalion Bastien Millot Crédit : AFP PHOTO / MATTHIEU ALEXANDRE
Benjamin Hue
Benjamin Hue
et AFP

L'affaire des fausses factures de l'UMP et des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy s'accélère. Après 48 heures de garde à vue, Guy Alvès et Bastien Millot, les deux fondateurs de Bygmalion, ont été mis en examen pour complicité de faux et d'usage de faux mercredi 1er octobre. Leur contrôle judiciaire leur interdit notamment de rencontrer l'ancien patron de l'UMP, Jean-François Copé, dont ils étaient très proches, mais aussi Nicolas Sarkozy. 

Également placé en garde à vue à l'office anti-corruption de Nanterre, l'ex-patron de la filiale événementielle (Event and Cie) de Bygmalion, Franck Attal, s'est aussi vu notifier sa mise en examen pour faux et usage de faux, a indiqué une source proche du dossier. Quatrième homme interpellé lundi, l'ancien comptable de l'agence de communication, Matthieu Fay, a été remis en liberté mardi soir.

Les responsabilités en question

Devant les juges, Guy Alvès a confirmé l'existence d'un "dispositif qui a été mis en place aux termes duquel l'UMP prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne de l'ancien président" lors de la présidentielle de 2012, a déclaré son avocat Patrick Maisonneuve, précisant qu'il n'avait pas changé la position qui était la sienne. 

Réfutant toute implication dans le système de fausses factures, Bastien Millot a regretté, au terme de deux jours de garde à vue, que "certains responsables, non des moindres, de la campagne présidentielle de 2012, essaient de se draper dans la posture d'une victime, alors même qu'ils le font sans doute un peu grossièrement et un peu rapidement". 

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Dans cette affaire, une information judiciaire pour faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie a été confiée aux juges financiers  Renaud van Ruymbeke, Serge Tournaire et Roger Le Loire. Les magistrats et les policiers enquêtent sur un système de fausses factures pour permettre au budget  de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de rester dans les clous fixés par la loi, c'est-à-dire 22,5 millions d'euros.

Pour cela, Event and Cie avait facturé de nombreuses dépenses à l'UMP et non à la campagne Sarkozy, via de fausses conventions du parti. Selon l'avocat de Bygmalion, 10 à 11 millions d'euros auraient ainsi été sortis du compte de campagne. Mais selon une évaluation dans le dossier, ce chiffre atteindrait 18,5 millions d'euros. 

Au bout du compte, le Conseil constitutionnel avait quand même estimé que le plafond avait été dépassé, à quelque 23 millions d'euros, privant Nicolas Sarkozy du remboursement public. L'UMP avait alors fait appel aux dons des militants pour payer la facture, via le fameux "Sarkothon".  

Déterminer si Sarkozy et Copé étaient au courant

Pendant leur garde à vue, les anciens dirigeants de Bygmalion ont vu leurs versions confrontées par les enquêteurs. L'un des objectifs est de déterminer qui était informé au sein de l'UMP et de l'équipe de campagne d'une telle fraude et si les premiers rôles, tels que Jean-François Copé qui dirigeait le parti et Nicolas Sarkozy lui-même, pouvaient l'ignorer, comme l'affirmait Jérôme Lavrilleux. Selon lui, le recours à la fraude avait été décidée après le second tour de la présidentielle, à la fin du mois de mai.

Guy Alvès et Franck Attal ont déjà reconnu qu'ils avaient accepté cette fraude sous la menace de ne pas être payés. Ils situent les premières discussions entre l'agence de communication et l'UMP au début du mois d'avril, avant le premier tour de l'élection. Jusqu'à présent, Bastien Millot a affirmé qu'il n'avait pas été au courant. Lors de son intervention télévisée pour son retour en politique sur France 2, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il avait appris "le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle".

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