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Bygmalion: les deux experts-comptables de la campagne 2012 de Sarkozy mis en examen

Les deux hommes auraient averti, en 2012, que les dépenses de campagne dépassaient le montant légal, avant finalement de les valider.

L'ancien président Nicolas Sarkozy
L'ancien président Nicolas Sarkozy
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Le volet judiciaire de l'affaire Bygmalion se poursuit. Les deux experts-comptables de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont été mis en examen, a appris l'AFP de source judiciaire ce lundi 6 juillet. Les deux professionnels avaient donné l'alerte sur le coût de cette campagne, avant d'en valider les comptes

Pierre Godet et Marc Leblanc ont été mis en examen respectivement jeudi et vendredi, pour usage de faux, recel d'abus de confiance, escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale. Sollicités par l'AFP, ils n'ont pas donné suite.Treize personnes sont désormais mises en examen dans l'affaire Bygmalion, une enquête sur de fausses factures durant l'élection présidentielle de 2012. 

Comprendre l'affaire Bygmalion
Comprendre l'affaire Bygmalion
Crédit : S.Ramis/A.Bommenel, abm/kt/dmk / AFP

13 mis en examen

Les juges enquêtent sur un système de fausses factures, mis en place pour imputer à l'UMP des dépenses de meetings -environ 18,5 millions d'euros -, qui auraient dû figurer dans le compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Un chiffre colossal par rapport au plafond qu'impose la loi, 22,5 millions d'euros, et qui avait quand même été dépassé. Les fausses factures correspondaient à des conventions politiques de l'UMP, payées par le parti, mais dont la plupart n'ont jamais eu lieu.

Parmi les mis en examen, figurent quatre anciens dirigeants de Bygmalion, dont la filiale Event and Cie facturait les prestations de meetings, d'ex-cadres de l'UMP et d'anciens responsables de la campagne, dont son directeur Guillaume Lambert et son trésorier, le député Philippe Briand. Plusieurs cadres de Bygmalion ont reconnu l'existence de la fraude. À l'UMP, seul Jérôme Lavrilleux, lui aussi mis en examen, l'a confirmée. À ce stade, Nicolas Sarkozy n'a pas été entendu par les juges.

Des notes accablantes

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Les experts-comptables étaient intervenus à plusieurs reprises durant la campagne. Ils avaient participé à plusieurs réunions financières. Dans une note du 7 mars 2012, six semaines environ avant le premier tour, Pierre Godet avertit que le montant des dépenses "budgétées" atteint environ 23,1 millions d'euros, soit davantage que le plafond légal. À l'époque, il se base sur 15 meetings jusqu'au second tour. Les enquêteurs disposent d'une seconde note de l'expert-comptable, du 26 avril 2012, qui établit le total des dépenses au premier tour à près de 18,4 millions d'euros. Le mémo rappelle qu'un risque de dépassement existe toujours. Dans une troisième note, le 28 juin, les dépenses sont dans les clous, à environ 21,3 millions d'euros. Or, il y a finalement eu plus de 40 meetings durant la campagne de Nicolas Sarkozy.

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