3 min de lecture Parti socialiste

Budget, nom du PS, politique économique... le Parti socialiste a failli exploser

VIDÉOS - Pendant toute la semaine, les dirigeants socialistes se sont violemment attaqués, avec en toile de fond la politique économique du gouvernement Valls.

Manuel Valls, le 20 octobre 2014, à Villepinte. (archives)
Manuel Valls, le 20 octobre 2014, à Villepinte. (archives) Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
Journaliste RTL

Un sondage Odoxa publié samedi 25 octobre a révélé que les Français ne veulent pas voir disparaître le Parti socialiste. Si la question se pose, c'est parce que les poids lourds de la rue de Solférino ont passé la semaine à s'écharper par médias interposés.

La fracture qui s'est opérée au sein de la majorité a atteint un tel niveau que Manuel Valls a déclaré que la gauche est condamnée à "se réinventer ou mourir". Retour sur une semaine où le Parti socialiste a failli exploser.

Lundi 20 octobre : Aubry persiste et signe

La révolte contre la politique budgétaire du gouvernement Valls a commencé dès l'arrivée du ministre de l'Intérieur à Matignon en mars dernier. Mais Martine Aubry, discrète depuis le début du quinquennat de François Hollande, a décidé de sortir de son silence. Dans une interview au Journal du Dimanche, elle a vivement dénoncé la politique de l'exécutif. Le lendemain, elle a récidivé sur France Inter.

Si la maire de Lille assure qu'elle veut "simplement pouvoir débattre", ses proches la verraient bien prendre la place de Manuel Valls.

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Yaël Goosz - Martine Aubry veut-elle la place de Manuel Valls ? Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : Paul Guyonnet / RTL.fr | Date :
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Revigorés par la sortie de l'ancienne patronne de la rue de Solférino, les députés frondeurs annoncent qu'ils ne voteront pas le budget 2015.

Mardi 21 octobre : le budget voté sans les frondeurs

L'Assemblée nationale étudie le budget, alors que la majorité absolue de la gauche ne tient plus qu'à un fil. Finalement, la majorité des socialistes et des radicaux de gauche ont soutenu le couple Valls/Hollande, et le budget est voté de justesse, avec 266 voix pour et 245 contre. 

Comme ils l'avaient annoncé, certains députés PS (39) et écologistes (14), ainsi que les anciens ministres Aurélie Filippetti, Benoit Hamon et Delphine Batho, se sont abstenus.

Mercredi 22 octobre : la folle journée des Socialistes

En une matinée, une guerre ouverte a éclaté. Des poids lourds du PS se sont écharpés par médias interposés, à commencer par Jean-Christophe Cambadélis. Le successeur de Harlem Désir a qualifié sur RTL de "déplorable" l'abstention des anciens ministres la veille au Palais Bourbon. "Je n'ai de leçon à recevoir de personne", lui a répondu Aurélie Filippetti quelques minutes plus tard sur i>Télé. 

Même son de cloche chez Benoit Hamon, qui a estimé sur RFI que la politique menée par l'exécutif "menace la République" et mène vers un "immense désastre démocratique".

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Alain Duhamel : "Le Parti socialiste est en train de sombrer" Crédit Image : Damien Rigondeaud | Date :

Jeudi 23 octobre : Valls veut en finir avec "la gauche passéiste"

Devant une telle division, le Premier ministre tape du poing sur la table. Dans une interview donnée à L'Obs, dont des extraits ont été publié la veille, Manuel Valls explique qu'il veut en finir avec "la gauche passéiste", et qu'il n'est "pas contre" un changement de nom de sa famille politique.

Invité de RTL, Claude Bartolone a recadré l'ancien maire d'Evry. "Concentre-toi sur ton travail de Premier ministre", lui a lancé le président de l'Assemblée, pour qui vouloir changer le nom du parti à la rose est "une faute".

Mais le locataire de Matignon persiste et signe. Sur le plateau de BFMTVle Premier ministre hausse le ton face aux frondeurs, et tend une nouvelle fois la main aux Centristes.

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Claude Bartolone à Manuel Valls : "Concentre-toi sur ton travail de Premier ministre" Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :

Vendredi 24 octobre : pas de paix à l'horizon

Devant cette succession d'attaques, Marylise Lebranchu a poussé un coup de gueule. La ministre de la Fonction publique a fait savoir qu'elle aimerait que les socialistes arrêtent de "s'envoyer des petites phrases".
Mais le même jour, Henri Emmanuelli y est allé de son commentaire. Le député des Landes, symbole de l'aile gauche du parti, a demandé à Manuel Valls de "se taire". Pour lui, le Premier ministre n'est "pas majoritaire" au sein du PS, et "a mieux à faire que de la philosophie de bazar". Un sondage paru le lendemain le contredira, puisque 48% des sympathisants PS voient en Valls le meilleur candidat de la gauche pour 2017, en tête devant Aubry (40%) et Montebourg (17%). Ce dernier, resté discret ces derniers jours, garde toujours la prochaine présidentielle comme objectif. De quoi laisser présager un hiver et un début d'année 2015 glacial rue de Solférino.

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