4 min de lecture La République En Marche

Bruno Le Maire, plus macroniste que les marcheurs de la première heure ?

DÉCRYPTAGE - Le ministre de l'Économie l'a confirmé : il est désormais adhérent à La République En Marche. Un cheminement qui n'est pas étonnant pour celui qui a été élu député de l'Eure sous l'étiquette REM.

Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, le 8 juillet 2017
Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, le 8 juillet 2017 Crédit : Jacques Witt/SIPA
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

On pouvait s'en douter depuis son entrée au gouvernement en tant que ministre de l'Économie. Bruno Le Maire a officialisé son adhésion à La République En Marche, dimanche 24 septembre, au Journal du Dimanche. Ancien membre des Républicains, il a estimé que "les chefs de la droite n'ont pas conscience du moment historique où nous sommes (...) À tous ceux qui ont une responsabilité à droite, je dis simplement : en nous aidant, vous servirez la France. Pensez à votre pays, avant de penser à votre parti. Ne faites pas le jeu des extrêmes". 

Le passé de celui qui a été candidat à la présidence de l'UMP et aussi lors de la primaire de la droite et du centre, semble désormais appartenir à une autre vie. Bruno Le Maire défend son parcours. "Ma culture est de droite, mais je suis aux côtés d'Emmanuel Macron parce qu'avec lui nous allons moderniser notre économie, accélérer l'intégration européenne, innover, investir", explique-t-il.  

Des Républicains à Emmanuel Macron

Le ministre de l'Économie insiste : "Le 1er mars, j'ai quitté la campagne de François Fillon au nom du respect de la parole donnée. Au ­deuxième tour de la présidentielle, j'ai soutenu Emmanuel Macron contre les extrêmes. Tous ces choix ont été validés par les Français lors de mon élection aux législatives en juin, sous l'étiquette En Marche", se félicite-t-il. En effet, dès l'entre-deux-tours celui qui est encore encarté chez Les Républicains va appeler à soutenir le futur président de la République. L'ancien candidat à la primaire de la droite a basé sa stratégie politique sur le "renouveau". Un mot qui fait étrangement écho à ce qu'a incarné Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. 

Pourtant, en juillet 2016, l'alignement n'était pas aussi limpide. Bruno Le Maire mettait en garde les Français sur Public Sénat : "Attention à cette façon de mélanger, de brouiller les lignes et de dire qu'on va mettre avec soit tous les progressistes. Je trouve que ça ne veut absolument rien dire. C'est de la soupe. La politique a besoin de clarté". À la question "Emmanuel Macron, c'est de la soupe ?". Il répond par l'affirmative. Mais si l'on effectue un bond dans le temps, au 2 septembre, le ministre de l'Économie d'Édouard Philippe déclarait sans aucune équivoque : "Avec Emmanuel Macron, nous voulons rendre la France plus forte"

Ministre et élu REM

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Depuis qu'il s'est engagé aux côtés du président de la République, le ministre de l'Économie n'a pas fait les choses à moitié. Tout d'abord, il occupe l'un des postes clés du gouvernement. Le locataire de Bercy arrive huitième dans l'ordre protocolaire de l'exécutif. Quelques jours après sa nomination, il est candidat dans la circonscription de l'Eure pour les élections législatives. L'enjeu est de taille : La République En Marche souhaitait obtenir une large majorité lors de ces élections afin de s'assurer une crédibilité pour la suite du mandat. 

Comme le rappelle un article de Libération datant du 11 juin dernier, il confiait "que beaucoup de ses amis lui déconseillaient de se porter candidat. Car, comme tous les ministres candidats, il aurait été condamné à quitter le gouvernement s’il avait été battu. De Laurent Wauquiez à Nathalie Kosciusko-Morizet, tous ses anciens amis politiques avaient durement condamné son ralliement à Macron". 

Mais Bruno Le Maire "a choisi de faire de cette courageuse prise de 'risque' son principal argument de campagne. 'Je mets mon sort entre vos mains. C’est vous qui allez décider si je reste au gouvernement', a-t-il dit à ses électeurs". Candidat malgré tout, il franchira au premier tour, la barre des 35% et affirmera "ne pas avoir de leçon de cohérence à recevoir" des autres.

Le "messager" d'Emmanuel Macron

Devenu plus macroniste que certains engagés de la première heure, Bruno Le Maire a également adhéré la philosophie "jupitérienne" du chef de l'État. Lors d'une visite à New York en juin, il a clamé : "France is back. Les temps ont changé. Certains continuent de douter des changements. 'Nous attendons, nous verrons...' Ils verront ! Emmanuel Macron est Jupiter. Je suis Hermès, le messager". Messager, certes, et gardien du temple macroniste ? Sur cette question du Journal du Dimanche, le ministre de l'Économie affirme mesurer "tous les jours à quel point son élection (celle d'Emmanuel Macron, ndlr) a changé le regard du reste du monde sur la France".

Il multiplie désormais les éloges et les compliments à destination du Président. Selon L'Express, cité par Le Lab, le ministre l'a comparé à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Verdict ? "Des trois, c'est le moins politique, mais le plus pro". Et d'ajouter : "Il m'envoie cinq textos techniques par jour. Comme un chef d'entreprise !".

Le locataire de Bercy n'hésite plus à défendre la politique d'Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe en ce qui concerne la hausse de la CSG. Mesure à laquelle il était opposé lors de la campagne présidentielle. "La baisse de la CSG était une sorte de "caution pouvoir d'achat' du programme du candidat LR à la primaire. Dans l'esprit de Bruno Le Maire, il s'agissait d'une soupape destinée aux ménages, en particulier en faveur de ceux qui travaillent", expliquait L'Express. À ses anciens camarades des Républicains, l'élu REM lance : "Mettez-vous à la hauteur des Français !".

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