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Benoît Hamon : que prévoit-il pour son mouvement attendu le 1er juillet ?

ÉCLAIRAGE - L'ancien candidat à la présidentielle veut "refaire la gauche" dans un mouvement transpartisan laissant la place aux initiatives citoyennes.

Benoît Hamon au soir de sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle, à Paris le 23 avril 2017
Benoît Hamon au soir de sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle, à Paris le 23 avril 2017 Crédit : ISA HARSIN/SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Comment rebondir dans le paysage politique français après avoir signé le pire score d'un candidat du Parti socialiste à la présidentielle, à savoir 6,36% ? C'est le défi auquel est confronté Benoît Hamon depuis le 23 avril 2017. Néanmoins déterminé à voir ses idées de gauche subsister, en occupant le créneau situé entre un Parti socialiste en décrépitude et une France insoumise en pleine croissance, l'ancien député des Yvelines compte refaire surface en lançant son propre mouvement politique. Évoquée quelques jours après l'élection d'Emmanuel Macron, cette structure doit être officialisée samedi 1er juillet.

Assez discret durant les deux semaines qui ont suivi son élimination aux législatives, Benoît Hamon a relancé sa communication le 21 juin pour préparer son annonce. L'objectif est clair : "Refaire la gauche", signale un visuel publié sur les réseaux sociaux, où l'événement est d'ailleurs présenté avec le hashtag #M1717 censé attirer la curiosité. À moins qu'il ne s'agisse d'une indication d'un nom du mouvement, pour le moment sobrement baptisé "Mouvement du 1er juillet", ces chiffres rappellent que cette nouvelle page politique est prévue pour s'ouvrir le 1/17/17 avec un meeting à 17 heures dans l'est parisien, sur la pelouse de Reuilly (XIIe arrondissement). Le choix de ce lieu, vaste de 10 hectares au bout du bois de Vincennes, décèle une réflexion de communication politique. Plutôt qu'une salle classique de meeting, le socialiste dit avoir privilégié un "lieu très horizontal". Au 15 juin, 15.000 personnes s'étaient inscrites pour participer au rassemblement.

"Le projet présidentiel va être secoué"

D'un point de vue plus politique, Benoît Hamon souhaite mettre à contribution des citoyens issus de tous horizons, qu'ils soient sympathisants socialistes, communistes, écologistes voire sans préférence partisane particulière. "Je souhaite qu'il y ait le maximum d'initiatives citoyennes. On va s'organiser en comités locaux qui feront de la place à toutes les formes d'engagement sur les territoires", a-t-il déclaré, lundi 26 juin, au micro de France Inter.

Les grandes lignes idéologiques du mouvement s'inscrivent encore dans le programme défendu face aux électeurs : transition écologique, rapport au travail et réforme des institutions démocratiques. Mais "le projet présidentiel va être secoué", a prévenu Benoît Hamon dans une interview aux Inrocks du 20 juin. Le revenu universel reste encore une proposition à l'ordre du jour, après avoir fait couler beaucoup d'encre durant la campagne, mais va être remis en question. "J’ai beaucoup parlé travail et pas assez emploi. Et si le travail se raréfie, ce processus doit être moins perçu comme une menace que comme une formidable opportunité pour réorganiser la place du travail, des loisirs, de l’éducation, de la vie familiale dans notre existence. Nous avons aussi besoin de préciser et consolider notre stratégie européenne", développe-t-il aussi dans le magazine.

Être à l'initiative d'un rassemblement

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En d'autres termes, l'ancien ministre de l'Éducation veut ancrer sa démarche dans une logique transpartisane : "Est-ce que ce mouvement politique a vocation à se substituer aux partis ? Non. Aujourd'hui c'est un mouvement politique qui propose de les dépasser, de ne pas s'arrêter aux injonctions des partis. (...) Le socialisme ne se résume pas, fort heureusement, à un parti politique". L'idée reprend ainsi les codes de La République en Marche ou encore de La France insoumise, en pleine période de trouble pour les partis traditionnels que sont Les Républicains et le Parti socialiste qui luttent pour exister ou ne pas succomber de la division. 

À l'instar de ce qu'il avait tenté d'entreprendre durant la campagne présidentielle, et amorcé avec Yannick Jadot avant de se voir signifier une fin de non-recevoir de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon veut se poser en rassembleur de la gauche. Il n'est ainsi pas question pour lui de se montrer "exclusif" vis-à-vis des autres initiatives, y compris de La France insoumise qui pourrait être un potentiel "partenaire" si elle se détache quelque peu d'un Jean-Luc Mélenchon à la "prétention" jugée "hégémonique" par son ancien concurrent. D'une manière plus générale, l'ex-candidat a pour but "que mille initiatives s'épanouissent et convergent toutes" pour la construction d'une "grande formation politique de gauche". Une façon, aussi, de ne pas perdre de vue Martine Aubry, Anne Hidalgo et Christiane Taubira engagés dans le nouveau mouvement "Dès demain".

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