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Benoît Hamon : "Martine Aubry a toutes les qualités pour rassembler les socialistes"

Le porte-parole du Parti socialiste répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Au lendemain de la déclaration de candidature de François Hollande aux primaires du parti, Benoît Hamon appelé les présidentiables de son camp à se concentrer sur le projet collectif et a refusé de se prononcer en faveur d'un candidat en particulier. Depuis le début de l'année, il n'a pas caché sa préférence pour Martine Aubry face à Dominique Strauss-Kahn en perspective de la primaire. "Sur le rassemblement de la gauche, (Martine Aubry) a toutes les qualités, je le redis", a déclaré le chef de la gauche du PS. Mais "comme porte-parole du Parti socialiste, il ne me revient pas aujourd'hui de distribuer les bons et les mauvais points. Je dirai au moment où tous les candidats seront connus ce que sera mon choix", a-t-il ajouté.

Benoît Hamon sur RTL le 14 mars 2011
Benoît Hamon sur RTL le 14 mars 2011 Crédit : RTL
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La rédaction de RTL et Colas Bedoy

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Benoît Hamon.

Benoît Hamon : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

François Hollande est candidat à l'élection présidentielle, c'est-à-dire aux primaires du Parti socialiste qui désignera son candidat par ce moyen. Ce n'est pas une surprise. Est-ce que c'est un embarras ?

Ah pas du tout ! Ah pas du tout ! Au contraire, les primaires prennent forme. Elles prennent forme avec une nouvelle candidature ; donc en tout cas, la confirmation d'une nouvelle candidature puisqu'elle ne faisait guère de mystère cette candidature depuis maintenant quelques semaines, qui vient après une autre candidature de poids, qui était celle de Ségolène Royal au début de l'année ou à la fin de l'année 2010.

Oui. Novembre, oui.

Et puis quelques autres candidatures aujourd'hui ; donc, les primaires prennent forme. Elles seront un moment démocratique  pour nous très important ; et je le rappelle, les électeurs, pas simplement les militants ou les sympathisants, en tout cas des gens qui ont un bout de carte socialiste, mais des électeurs de Gauche, seront appelés à voter mais à choisir le ou la meilleure d'entre nous, cette élection intervenant après ce qui est maintenant l'étape primordiale, celle sur laquelle nous allons être très concentrés pendant deux mois qui est la préparation, le fait de rendre public notre projet, commencer à le mettre en débat ; et on verra de quelle façon, ce sur quoi ça va se jouer la Présidentielle parce qu'on parle beaucoup des individus ; mais ce sur quoi ça va se jouer, c'est :
- Quelle politique sur mon logement ?
- Quelle politique pour mon boulot ?
- Quelle politique pour mon salaire ?
- Quelle politique pour l'éducation des enfants ? C'est là-dessus.

On va parler du projet... Juste encore deux, trois petites questions sur les individus. François Hollande dit : "J'irai jusqu'au bout, ce n'est pas un jeu". Donc quels que soient les candidats qui se déclarent après, il dit : j'irai jusqu'au bout ! C'est normal ?

J'imagine assez mal un candidat aux primaires dire : "Peut-être que je n'irais pas au bout !" Ce qui ne serait pas très sérieux ; et donc je pense que l'élection présidentielle est sérieuse. Donc, elle mérite des candidats sérieux et que les candidats qui sont candidats aux Primaires disent qu'ils aillent jusqu'au bout, me paraît assez logique. Je pense que d'ailleurs, c'est un bon argument de campagne.

Vous avez déjà dit, Benoît Hamon, que votre préférée, celle qui représenterait le mieux, selon vous, le Parti socialiste, ce serait Martine Aubry.

Oui, j'avais dit ; et je répète... Je pense que sur le rassemblement de la Gauche, elle a toutes les qualités, je l'ai redit ; mais comme porte-parole du Parti socialiste, il ne me revient pas aujourd'hui de distribuer les bons et les mauvais points ; je dirai au moment où tous les candidats seront connus ce que sera mon choix, mais maintenant ce qui m'importe c'est d'abord de connaître ces candidats, de faire en sorte qu'ils aient les moyens de s'exprimer et surtout de faire en sorte qu'ils s'inscrivent dans ce qui est le plus essentiel,  qu'ils démontrent que ce qui nous réunit, c'est une vision commune, un diagnostic commun de l'état de la France et une vision commune de la manière dont on peut sortir ce pays les Français de la crise.

Ca, c'est votre projet. Vous allez le présenter, la semaine prochaine ?

Oui, c'est pour ça que j'avais insisté sur le fait qu'à mes yeux...

... Il va nous surprendre ce projet ?

Oui, je pense qu'il surprendra.

Pourquoi ?

En tout cas, il surprendra par la volonté de desserrer l'étau des contraintes. Vous savez, il y a un discours qui est un discours qui est assez insupportable aujourd'hui selon lequel, à cause de la mondialisation, à cause des règles du jeu qui sont des règles du jeu économique, le champ des contraintes serait si réduit qu'au bout du compte, Droite et Gauche n'auraient pas le choix de la politique économique à mettre en œuvre. Il faudrait faire de l'austérité, par exemple ;  il n'y aurait pas le choix des politiques sociales à mettre en œuvre, il faudrait couper dans les dépenses sociales  ; il n'y aurait pas le choix des politiques publiques à mettre en œuvre. Il faudrait aujourd'hui accepter la disparition de notre outil industriel et donc des emplois qui vont avec...

Sur toutes ces questions-là, l'objectif des Socialistes est de montrer que ce qui est important pour un politique, c'est d'abord de dire que ces contraintes-là, elles nous sont imposées par un système qui est le système libéral dont nous n'acceptons peut-être pas les règles du jeu et dont nous voulons  desserrer l'étau des contraintes et montrer qu'il y a des marges de manœuvre.

Il n'y a pas de contraintes imposées, par exemple, par les déficits ?

Evidemment, les déficits ! C'est une contrainte.

136 milliards d'euros de déficit, l'année dernière. On se félicite de ce résultat, mais c'est 136 milliards d'euros de déficit !

Mais vous avez raison, parce qu'il y a des contraintes objectives. Vous regardez des comptes et vous regardez s'ils sont plus ou moins dégradés.

Celle-là, vous êtes obligés de faire avec ?

Oui, mais il y a des contraintes qui sont des contraintes politiques. Celle selon laquelle la seule manière de sortir de la crise, c'est de faire de l'austérité, c'est-à-dire de couper dans les dépenses sociales, ça ce n'est absolument pas une contrainte objective.

Dans le projet que vous présentez, vous éviterez ça ?

Mais nous allons évidemment tenir compte de la situation telle qu'elle existe. Nous allons dire comment, notamment à travers le souci ou le choix de mettre en place un instrument qui sera un instrument public, politique, d'investissement dans l'outil industriel.

Le principe... On avait parlé de pôle financier public... On parlera demain de banque publique d'investissement. Nous voulons, demain, que pour qu'on garde nos entreprises, qu'on garde notre industrie, qu'on évite les délocalisations, il puisse y avoir un instrument qui soit un instrument financier qui programme ces investissements à moyen et long terme que le secteur financier privé ne fait pas. Il faut que demain pour relocaliser de l'activité, pour investir dans la filière industrielle du renouvelable, nous disposions de cet instrument-là.

L'objectif, c'est quoi ? Maintenir l'emploi, d'une part, pour éviter que les entreprises industrielles disparaissent et qu'il n'y ait plus d'ouvriers en France, un jour ; mais d'autre part, créer ces fameux emplois qui sont les emplois verts dont on parle, les créer grâce à cet investissement qui sera un investissement dont on ne dira pas, nous, "Mais, écoutez si le vrai investit, c'est formidable. On l'aidera par des mesures fiscales".

Non. Là, on va se doter d'un instrument qui est un instrument public pour mettre en œuvre cette programmation d'investissement indispensable à la création d'emplois, au maintien de l'emploi industriel et à la lutte contre les délocalisations. On n'est plus dans le bla-bla-bla, pardon ! On n'est plus dans les mots, on est dans le choix eh bien de desserrer l'étau des contraintes et de considérer que l'économie, la macro-économie, elle attend des politiques, de la puissance publique des orientations. Il y  aura demain, si les socialistes reviennent au pouvoir, un Etat véritablement stratège.

Et on commencera donc à en savoir plus à partir de la semaine prochaine puisque vous dévoilerez votre projet...

Voilà. Mais à travers cette mesure-là, je vous en donne un aspect ; mais on viendra aussi sur le service public de la petite enfance, les crèches.

Il y aura beaucoup de choses à dire !

Oui. Ce ne sera pas juste de la macro-économie... Oui.

Et on aura l'occasion d'en reparler dans les détails.
    Avec plaisir.

On parle un peu de la situation interne du Parti socialiste...

Si vous le voulez !

Et notamment de la fédération des Bouches-du-Rhône du Parti socialiste, puisque la direction du Parti socialiste a décidé, mardi soir, de créer une commission d'enquête sur le fonctionnement de cette fédération qui est dirigée par Jean-Noël Guérini, lequel a été réélu, par ailleurs, hier, président du conseil général des Bouches-du-Rhône. C'est l'ancien ministre de la Défense, Alain Richard, qui dirigera cette commission d'enquête ; et vous pourrez y verser, Benoît Hamon, les témoignages d'Hervé recueillis par Etienne Baudu, diffusés hier matin sur RTL. Hervé, c'est un militant socialiste. Il raconte comment c'est passé à l'automne 2010 dans la section socialiste de Marseille-Centre, l'élection de Jean-Noël Guérini, à la tête de la fédération. Voilà son témoignage : "J'ai vu des personnes émarger pour d'autres personnes alors que c'est contraire au statut du parti... J'ai vu donc des gens voter deux fois. On m'a quasiment arraché mon bulletin de vote parce qu'on savait que j'allais voter contre Jean-Noël Guérini. On m'a demandé d'ouvrir mon bulletin de vote et on a contrôlé mon vote avant que je le mette dans l'urne..." Marseille-centre. C'est accablant !

Si c'est vrai, c'est inacceptable. Oui, mais attendez...

Hervé...

Oui, mais je ne suis pas du genre à plaisanter avec cela. D'abord, nous avons constitué cette commission d'enquête après avoir décidé à la demande de la Fédération elle-même de la créer, il y a plus d'une quinzaine de jours. Je veux juste mettre deux choses en débat.

D'abord, il y a une instruction, un dossier judiciaire qui est en cours...

... C'est autre chose !

... Et qui n'est pas le dossier dont on parle là,  qui est le fonctionnement de la fédération. Nous avions créé sur la fédération de l'Hérault, une commission d'enquête sur le fonctionnement de la fédération. Cette commission d'enquête nous a apporté un certain nombre d'éléments qui ont conduit à quoi ? A ce que cette semaine, le Parti socialiste porte plainte contre l'ancien Premier secrétaire fédéral de cette fédération, monsieur Navarro.

Est-ce que vous ne niez pas l'évidence à Marseille où des choses ne vont pas ?

Mais évidemment qu'il y a sans doute des choses qui ne vont pas comme on peut en constater dans le fonctionnement de fédérations ici ou là ; mais le travail qui a été commencé par Martine Aubry, qui est un travail minutieux, méthodique, s'appuie sur la Loi ; et notamment notre loi interne. Et le fait, aujourd'hui, qu'il y ait une commission d'enquête, que la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône soit amenée, demain, à ouvrir ses livres en quelque sorte, eh bien nous amènera à avoir non seulement un rapport mais ensuite à en tirer des conséquences. Et je veux dire que nous prenons nos responsabilités. Mais on ne peut pas le faire non plus sous l'empire de je ne sais quel oukaze ou quelle exigence, il faut un minimum de justice, notamment chez les socialistes ; et cette justice-là, elle ira au bout. Et à partir de la semaine prochaine, cette commission d'enquête sera au travail avec un président au-dessus de tout soupçon, monsieur Alain Richard qui est aussi un ministre de la Défense et qui mènera ce travail.

D'accord. Donc, vous y verserez les témoignages d'Hervé... Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, était l'invité de RTL ce matin.

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Le porte-parole du Parti socialiste répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Au lendemain de la déclaration de candidature de François Hollande aux primaires du parti, Benoît Hamon appelé les présidentiables de son camp à se concentrer sur le projet collectif et a refusé de se prononcer en faveur d'un candidat en particulier. Depuis le début de l'année, il n'a pas caché sa préférence pour Martine Aubry face à Dominique Strauss-Kahn en perspective de la primaire. "Sur le rassemblement de la gauche, (Martine Aubry) a toutes les qualités, je le redis", a déclaré le chef de la gauche du PS. Mais "comme porte-parole du Parti socialiste, il ne me revient pas aujourd'hui de distribuer les bons et les mauvais points. Je dirai au moment où tous les candidats seront connus ce que sera mon choix", a-t-il ajouté.
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2011-04-01 08:50:00
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