2 min de lecture Alexandre Benalla

Benalla n'avait "aucune autorisation de la préfecture de police", déclare un haut-gradé

Lors de son audition, le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris a contredit deux éléments fourni par l'Élysée pour se défendre dans l'affaire Alexandre Benalla.

Alexandre Benalla et Emmanuel Macron au salon de l'Agriculture le 24 février 2018
Alexandre Benalla et Emmanuel Macron au salon de l'Agriculture le 24 février 2018 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Après le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police Michel Delpuech, le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, a été auditionné par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale, lundi 23 juillet. À cette occasion, le haut gradé a déclaré qu'Alexandre Benalla n'avait "aucune autorisation" pour participer à la manifestation du 1er mai, au cours de laquelle il a molesté deux manifestants.

"Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation" en tant qu'"observateur", a répété le contrôleur général Alain Gibelin, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC).

Ce haut-gradé, chargé notamment de la gestion des opérations de maintien de l'ordre lors des grandes manifestations, contredit donc la version du porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, avait affirmé qu'Alexandre Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'"observateur".

Une invitation qui pose question

Alexandre Benalla a également assuré lundi, dans un communiqué de ses avocats, avoir "été invité" par la Préfecture de police de Paris.

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Alain Gibelin a expliqué que cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

Delpuech contredit Collomb

Alexandre Benalla se prévalait "sur ses cartes de visite" de la "qualité de chef-adjoint du chef de cabinet" d'Emmanuel Macron et était "un interlocuteur régulier" et "tout à fait crédible en apparence", a souligné Alain Gibelin, rappelant que le prédécesseur de Alexandre Benalla sous le quinquennat de François Hollande avait le même titre.

Le haut-gradé a confirmé les propos tenus plus tôt devant cette même commission par le préfet de police Michel Delpuech qui avait présenté Alexandre Benalla comme un "interlocuteur connu" tandis que Gérard Collomb avait assuré ne pas connaître la fonction du chargé de mission.

Une suspension jamais appliquée ?

Interrogé par Marine Le Pen, Alain Gibelin a également reconnu qu'Alexandre Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Élysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être suspendu.

"Donc le directeur de l'ordre public, M. Alain Gibelin, confirme que la suspension de 15 jours ayant frappé #AlexandreBenalla n'a jamais existé. C'est un très grave mensonge de l'Élysée. Un de plus... MLP #AffaireBenalla", a tweeté la présidente du Rassemblement national. 

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