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Banlieues : "Le plan Borloo à la sauce Macron" vu par Alba Ventura

ÉDITO - Sur les banlieues, Emmanuel Macron a repris le plan Borloo à sa sauce. Une sauce très allégée : on est à la limite du régime, voire de la diète.

Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo, le 22 mai 2018 à Paris
Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo, le 22 mai 2018 à Paris
Crédit : AFP / LUDOVIC MARIN
Banlieues : "Le plan Borloo à la sauce Macron" vu par Alba Ventura
03:13
Banlieues : "Le plan Borloo à la sauce Macron" vu par Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

"Il n'y aura pas de plan banlieues" : c'est la réponse d'Emmanuel à Jean-Louis Borloo. Mardi 22 mai, le chef de l'État a préféré annoncer quelques mesures ciblées pour les quartiers plutôt qu'un plan Marshall, comme le souhaitait l'ancien ministre. Du coup, c'était un peu "circulez, y'a rien à voir !".

En même temps, ce n'était pas très étonnant. Vous avez entendu les ministres et les conseillers de l'Élysée et de Matignon ces derniers jours. Ils ont passé leur temps à dire "c'est coûteux". C'était des éléments de langage très clairs, pour dire qu'il n’était pas question de donner des chiffres. Donc pas question de donner un euro de plus.

C'est pour cela que la réponse d'Emmanuel Macron est assez "impressionniste". Cela s'inspire peut-être du plan Borloo, mais ce n'est pas le plan Borloo. Cela ne veut pas dire qu'il y a rien. D'abord, il fait un assez bon diagnostic.

Mesures "gadget"

Il y a bien quelques initiatives que l'on retrouve dans le programme de Jean-Louis Borloo, comme par exemple "l'équité territoriale" pour faire en sorte que les quartiers ne soient pas moins dotés que les autres territoires. Il y a aussi l'annonce d'un plan pour lutter contre le trafic de drogue, dont il faudra attendre le mois de juillet pour savoir de quoi il retourne.

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Mais il y a aussi des mesures qui font "gadget", comme la mise en place d'un site Internet permettant aux citoyens de dire ce qui ne marche pas, ou comme les 30.000 stages pour les élèves de Troisième. Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant. Mais que vient faire le Président là-dedans ? Ce n'est pas ce qui est attendu d'une mesure, d'une impulsion présidentielle pour la banlieue. Rien d'opérationnel. Rien qui relève de la mesure d'urgence.

C'est pour cela que les élus de banlieue n'ont pas l'air très satisfaits. Ils disaient que c'était "le plan de la dernière chance". Donc ils sont un peu sur leur faim. Jean-Louis Borloo disait même que son plan devait provoquer un "effet de blast" (c'est-à-dire une explosion).

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Au lieu de ça, Emmanuel Macron, est venu leur dire qu'il ne croyait plus aux "plans banlieues". Il est venu leur dire qu'il fallait changer de méthode, de philosophie. Vous me direz que c'est pratique quand vous ne voulez pas mettre d'argent.

Il est venu leur dire que "deux mâles blancs (Borloo et lui, donc) qui ne vivent pas dans ces quartiers et qui s’échangent un rapport, ça ne marche plus". Mais les deux ministres qu'il a désignés pour s'occuper de ces territoires, Jacques Mézard et Julien Denormandie, ressemblent fort à deux mâles blancs qui, aux dernières nouvelles, ne vivent pas dans ces quartiers.

Macron prône l'État facilitateur

Emmanuel Macron ne se moque pas de la banlieue, mais incontestablement il ne connait pas la banlieue. Il le reconnait d'ailleurs. Mais au-delà de ça, quand il dit "changer de méthode", "changer la donne", il dit très clairement que tout ne peut pas venir de l'État ou passer par l'État. Macron est profondément libéral pour ça.

Il est pour l'État facilitateur. Encore une fois, ça l'arrange bien : l'État facilitateur, ce n'est pas l'État payeur. C'est-à-dire que dans l'esprit du président, il y a l'État qui peut aider et qui peut accompagner, et il y a chacun qui doit prendre ses responsabilités, chacun qui doit prendre sa part.

C'est son côté Kennedy : "Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays". Il appelle cela la "politique de l'émancipation". Ça marche sans doute très bien avec les start-upper. Moins avec des quartiers avec un taux de chômage supérieur à la moyenne.

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