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"Au PS il n'y a plus de militants, il n'y a plus d'idées", constate Alba Ventura

ÉDITO - Le débat organisé ce mercredi 7 mars entre les quatre candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste cache mal les affres qui affectent ce parti, qui souffre d'une très mauvaise image auprès des Français.

L'Edito politique
"Au PS il n'y a plus de militants, il n'y a plus d'idées", constate Alba Ventura
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C'est ce mercredi 7 mars à 21 heures qu'a lieu le débat entre les prétendants à la tête du Parti socialiste (un débat organisé par RTL, en partenariat avec LCI et le Figaro). Le premier enjeu pour les quatre postulants est de se faire connaitre, parce qu'ils ont une notoriété proche de zéro.

Même si les militants les connaissent (ce sont eux qui vont les départager), la plupart sont inconnus du grand public. À part Stéphane Le Foll, qui a été le précédent ministre de l'Agriculture sous François Hollande et porte-parole du gouvernement, les autres ne sont pas identifiés. Ce sont Olivier Faure, patron des députés socialistes, Luc Carvounas, député du Val-d'Oise, et Emmanuel Maurel, député européen.

On est loin des cadors des joutes socialistes de la grande époque : les Fabius et Jospin, ou Jospin et Emmanuelli, et même Aubry et Royal.

Comptes d'apothicaire

Donc, se faire connaitre. Et puis dire quelle ligne. Par exemple, prenez Olivier Faure et Stéphane Le Foll. Sur le fond, quelle est la différence entre eux ? Aucune. La différence entre eux, c'est une différence de traitement. L'un a été ministre, l'autre pas. Rappelons quand même que l'un a été l'adjoint de l'autre au cabinet de François Hollande lorsque ce dernier était patron du PS.

Emmanuel Maurel, lui, c'est l'aile gauche du PS. Il était proche des "frondeurs". Certains disent qu'il incarne une gauche "mélenchonienne". Quant à Luc Carvounas, il a été disciple de Valls avant d'appeler à voter Hamon à la primaire (bonjour le grand écart !). Si bien qu'aujourd'hui, il appelle à un PS "arc-en-ciel". Rien que là je sens que je vous perds...

Un débat pour rien ? Non, c'est surtout un congrès pour rien. Au PS il n'y a plus de militants, il n'y a plus d'idées. Ils en sont à faire des comptes d'apothicaire pour savoir combien d'adhérents vont aller voter : 40.000, 20.000 ? Ça c'était le niveau des Verts au plus fort du mouvement écolo !

Le congrès ? Accessoire

À ce titre, le sondage Harris Interactive que nous publions est édifiant : 20% des Français ont une bonne image du PS. C'est faiblard. Le Parti socialiste arrive en dixième position sur onze partis politiques cités. Même le petit parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout La France, devance le PS.

Le PS n'a pas une meilleure image que celle de François Hollande à la fin de son quinquennat, c'est dire. Il est l'incarnation de tous ces partis socialistes européens qui sont en train de mourir tout doucement. On vient de le voir avec le Parti démocrate italien. On l'a vu avec le Pasok en Grèce. Voulez -vous que je vous rappelle combien le PS a fait lors des législatives partielles dans le Val-d'Oise ? À peine 7%. Et à Belfort ? Un petit 3%.

Un congrès pour rien ? Si c'est pour faire des synthèses, élire un premier secrétaire et organiser des courants, non ça ne sert à rien. Le PS doit travailler, organiser ses idées. Il doit se réinventer, reprendre contact avec les Français. Le congrès, c'est accessoire.

"Dépassé", "mort", "incompétent"...

Ce qui est le plus terrible dans notre sondage Harris Interactive, c'est que même les sympathisants socialistes ont de gros doutes sur la capacité de ce parti à mener des réformes à l'avenir.

S'ils estiment que le PS peut s'en sortir sur les questions d'égalité homme/femme, de culture ou d'éducation, ils ne lui font pas confiance quand il s'agit de réduire le chômage, de faire de la croissance, de faire des réformes de la fiscalité ou de baisser le déficit. Ce qui veut dire que même ses propres électeurs le jugent incapable de revenir aux affaires.

Une dernière chose. Lorsqu'on demande aux Français quel mot leur vient quand ont dit "PS" ? Ils répondent "dépassé", "mort", "rien", "incompétent". Les électeurs socialistes ajoutent "gâchis", "dommage", et surtout "reconstruire". Tout est dit !

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