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Attentats en France : "Une cérémonie à huis clos en fin de semaine à l'Élysée", révèle Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Une semaine après les marches républicaines, comment prolonger l'esprit du 11 janvier ? Pour la journaliste, plus que l'esprit ce sont les actes qui sont attendus.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
Attentats en France : "Une cérémonie à huis clos en fin de semaine à l'Élysée", révèle Alba Ventura
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Attentats en France : "Une cérémonie à huis clos en de semaine à l'Élysée", révèle Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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"Il est essentiel de maintenir l'esprit du 11 janvier" : c'est l'appel lancé dimanche 18 janvier par le numéro un du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. En tout cas, on ne maintiendra pas l'esprit à travers un grand hommage national.

C'était pourtant le souhait de François Hollande et de Manuel Valls. Mais il n'y aura pas de grand hommage national aux Invalides. Ce sont les familles qui l'ont voulu. Elles souhaitaient une cérémonie plus intime, parce qu'elles pensent qu'il y a eu assez d'hommages et assez d'émotion.

Ces familles viennent de vivre un deuil terrible. Il y a eu la marche républicaine, des hommages nationaux pour certaines... Chez les proches des victimes, il y a maintenant cette volonté de ne pas trop en faire. Il y a, en tout cas, la volonté de se recueillir, mais pas sous l’œil des caméras.

Faire perdurer l'esprit du 11 janvier

Ce sera donc un hommage à huis clos, à l'Élysée, en fin de semaine. François Hollande aura l'occasion de témoigner son empathie. Le Président, à travers les familles, va remettre à chacune des victimes la Légion d'honneur. Pour celles qui l'ont déjà, elles seront promues.

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D'un point de vue politique, l'esprit du 11 janvier signifie faire perdurer l'union nationale, débattre sans éclat de voix, de manière responsable, sans démagogie. Cela veut dire se comporter dignement, parce que le sujet est trop important.

C'est le Premier ministre Manuel Valls qui insistait la semaine dernière : "On doit changer de ton (...) Tout cela nous oblige (...) Il ne faut pas que l'on soit à un niveau bas".

Il faut se comporter dignement, parce que le sujet est trop important

Alba Ventura

C'est sûr que ce n'est pas un moment "où on la ramène", comme on dit trivialement. Ce n'est pas un moment où l'on dit : "Je vous l'avez bien dit". Même si l'on sait,  que ça ne durera pas.

Il ne faut pas être dupe non plus que c'est aussi une façon de garder l'opposition sous contrôle et d'empêcher des polémiques. Pourquoi les frères Kouachi n'étaient plus surveillés ?, par exemple. On voit bien que cela met Nicolas Sarkozy en porte-à-faux.

Samedi dernier, quand l'ancien Président reçoit les nouveaux adhérents de l'UMP, il rappelle que l'unité nationale ne se fait pas sans lucidité. Sa base le pousse d'ailleurs à se comporter plus en opposant qu'en ancien chef d'État.

Faire preuve d'opportunisme

On comprend qu'il doit y avoir l'esprit, mais aussi les actes. C'est aussi ce qu'a annoncé Manuel Valls, avec un Conseil des ministres mercredi consacré aux nouvelles propositions pour lutter contre le terrorisme, et jeudi un séminaire du gouvernement. L'exécutif n'a pas l'intention de rester en rade. Il y a l'intention de faire avancer des dossiers, d'en profiter pour passer la vitesse supérieure.

Cela va peut-être surprendre, mais faire perdurer l'esprit du 11 janvier c'est faire preuve d'opportunisme. Ce n'est pas politiquement correct de le dire comme ça. Et pourtant, c'est vrai.

La question c'est moins de maintenir l'esprit du 11 janvier que d'utiliser le contexte pour agir

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Mais attention : il ne s'agit  pas d'un opportunisme malsain. Il s'agit d'un opportunisme dans le bon sens du terme : un opportunisme revendiqué. En fait, la question c'est moins de maintenir l'esprit du 11 janvier que d'utiliser le contexte pour agir. C'est se servir de ce qui est malheureusement arrivé pour redonner du sens à la République, pour travailler sur des sujets qui tombaient à plat dans le débat public.

C'est le cas, par exemple, sur l'école, avec de nouvelles règles comme se lever quand le professeur entre dans la classe. Mais aussi sur la journée d'appel, cette journée de service national durant laquelle on détecte illettrisme : il faut sans doute lui redonner du sens.

Le problème, c'est que tout cela est fragile. Le risque, c'est que l'esprit du 11 janvier ne s'effiloche trop vite, et que l'esprit de l'avant 11 janvier (de division, de stigmatisation, de dénonciations) ne reprenne le dessus.

L'exécutif est condamné à agir vite et fort. Sinon il se fera rattraper par tout ça.

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