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Attentats à Paris : "On a acheté la paix sociale" dans les quartiers, regrette Fadela Amara

REPLAY - REPLAY / INVITÉE RTL - Les hommes politiques ont parfois passé des accords avec des islamistes pour des raisons électoralistes, estime l'ancienne secrétaire d'État à la Politique de la ville.

Fadela Amara, invitée de RTL, le 19 novembre 2015
Fadela Amara, invitée de RTL, le 19 novembre 2015
Crédit : Cécile de Sèze / RTL.fr
Attentats à Paris : "On a acheté la paix sociale" dans les quartiers, regrette Fadela Amara
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"L'absence de République dans les quartiers est due à l'achat de la paix sociale", dénonce Fadela Amara
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Attentats à Paris : "On a acheté la paix sociale" dans les quartiers, regrette Fadela Amara
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Gregory Fortune
Gregory Fortune

Les policiers qui sont entrés dans l'appartement pris d'assaut mercredi 18 novembre à Saint-Denis sont convaincus qu'une femme-kamikaze a déclenché sa ceinture d'explosifs en tout début d'opération, une première en France. Qu'il s'agisse d'une femme devra être confirmé par la police technique et scientifique, l'état du corps ne permettant pas de l'affirmer scientifiquement. Mais si l'information est avérée, comment en est-on arrivé là ? 

Pour Fadela Amara, "c'est assez complexe. En tout cas, ce que j'en déduirais dans ce profil-là, c'est qu'elle a intégré tous les outils d’oppression, a détaillé l'ancienne secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville, ce jeudi 19 novembre. C'est un peu ce qu'on a dénoncé quand a créé 'Ni putes ni soumises'. Quand vous regardez ce qui se passe dans les quartiers, on n'est pas dans un fonctionnement républicain, on est dans des fonctionnements où vous avez différentes formes d'oppression qui existe. D'abord la pression économique, sociale et puis la pression religieuse dans sa radicalité. Et à un moment donné, ces filles qui ne peuvent pas être respectées, exister en tant que femmes libres, se retrouvent à rentrer dans un processus dans lequel elles commencent à intégrer les outils".

Quand vous avez une forme de laxisme, une forme de non exigence du respect des valeurs de la République, vous vous retrouvez dans ce genre de situation

Fadela Amara

La France est pourtant considérée comme le pays de l'émancipation de la femme. Pour Fadela Amara, "cette émancipation, elle existe. Vous avez dans les quartiers ce que j'appelle la majorité silencieuse, dans laquelle ce sont engouffrées les filles qui ont milité pour plus d'émancipation, plus d'égalité et qui ont aidé aussi à la libération de certains garçons. Sauf qu'on se retrouve dans un phénomène aujourd'hui où malheureusement on a un effet inverse, parce qu'il y a une absence de République dans nos quartiers depuis très longtemps. Il y a des choses qui sont faites, il y a beaucoup de choses encore à faire, mais quand vous avez une forme de laxisme, une forme de non exigence du respect des valeurs de la République, vous vous retrouvez dans ce genre de situation".

Selon elle, ce laxisme est dû à "la lâcheté, souvent, à l'achat de la paix sociale. On est en train de payer les conséquences de ce qui s'est passé il y a dix, vingt, trente ans". Cette lâcheté est le fait "des hommes politiques, de gauche comme de droite, qui ont acheté la paix sociale en passant par exemple des accords avec des islamistes, pour des raisons électoralistes, en fermant les yeux par exemple sur toutes ces formes de particularisme, de revendication. Une des grandes avancées de notre pays, ça a été quand même la loi de 2004, qui a permis d'interdire des signes religieux dans les écoles, notamment le voile, donc on a protégé les filles. Il a fallu mener cette bataille alors que tout le monde pensait que c'était acquis. Et quand vous regardez ce qui se passe dans les quartiers, on ferme les yeux sur la burqa, on ferme les yeux sur le voile".

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