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Attentats à Paris : "J'ai eu le temps de penser sereinement à la mort", raconte un blessé

REPLAY / DOCUMENT RTL - Claude-Emmanuel Triomphe est un rescapé de l'attaque terroriste du 13 novembre au café À la Bonne Bière, dans le XIe arrondissement de Paris.

Romain Debray et Audrey Bily, les gérants du bar "La Bonne bière", répondent aux journalistes après la réouverture, le 4 décembre 2015.
Romain Debray et Audrey Bily, les gérants du bar "La Bonne bière", répondent aux journalistes après la réouverture, le 4 décembre 2015.
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Attentats à Paris : "J'ai eu le temps de penser sereinement à la mort", raconte un blessé
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Odile Pouget & Ludovic Galtier

Un peu plus d'un mois après les attentats du 13 novembre 2015, 60 blessés sont toujours hospitalisés dont huit en réanimation. Claude-Emmanuel Triomphe a 57 ans. Il a frôlé la mort. Cet ancien inspecteur du travail vient tout juste de sortir de l'hôpital. Le soir du 13 novembre, il se trouvait au café La Bonne Bière, dans le XIe arrondissement, où une attaque à la Kalachnikov a fait cinq morts et plusieurs blessés, dont lui. "Il faisait relativement doux ce soir-là. Le serveur nous a proposé le choix entre la terrasse et l'intérieur. J'ai d'abord dit la terrasse et je me suis ravisé, j'ai dit l'intérieur. On a eu le temps de s'asseoir, le serveur nous a apporté les cartes et un bruit bizarre a commencé. Tout ça s'est passé extrêmement vite. En entendant le bruit, j'ai tout de suite pensé à un bruit de balles. J'ai quitté mon siège pour aller me réfugier sous une chaise".

L'homme est alors touché par une rafale. "Je vois que je perds beaucoup de sang. J'ai trouvé que les secours avaient mis longtemps pour venir. J'ai eu le temps de penser sereinement à la mort, sans aucune tristesse. Le jour était venu. Ça a été très serein. Je me souviens notamment de cette femme qui m'a tenu la main. Je sais qu'elle a  essayé de me poser un garrot. J'ai l'impression qu'elle a été une partie de ce très mince fil de vie et j'aimerais lui exprimer ma reconnaissance", raconte-t-il.

Aujourd'hui, Claude-Emmanuel Triomphe est très affaibli. "J'ai été touché au pied, à la jambe, à la hanche et au bras. La balle a endommagé le nerf sciatique. J'avais une peur énorme de ne plus pouvoir marcher. Je sais que je pourrai marcher, dans quelles conditions ça m'est égal, mais si je peux marcher ça m'ira très bien. Je vais avoir une seconde vie. On distingue beaucoup plus l'essentiel de ce qui ne l'est pas. C'est incroyable".

L'homme qui s'est retrouvé face aux terroristes dit n'avoir "aucune haine" contre eux. "Ce qu'ils ont fait est absolument abominable. Je ne ressens pas en moi de haine". Claude-Emmanuel Triomphe est rentré chez lui. Il est hospitalisé à domicile. Il partira fin décembre à l'hôpital Percy de Clamart (Hauts-de-Seine) pour de longues semaines de rééducation.

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