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Attentats à Paris : Anne Hidalgo n'avait "jamais vu de scène de guerre" avant le 13 novembre

La maire de Paris raconte comment elle a vécu la terrible nuit des attentats du 13 novembre dans "Libération".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, après les attentats de Paris vendredi 13 novembre 2015
La maire de Paris, Anne Hidalgo, après les attentats de Paris vendredi 13 novembre 2015
Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
Dorian Waymel

Le vendredi 13 novembre, des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, ont coûté la vie à 130 personnes. Une soirée dramatique que la Maire de Paris a vécu de l'intérieur. De son appartement du XVe arrondissement au Bataclan, Anne Hidalgo retrace le fil d'une soirée cauchemardesque et d'une gestion de crise grave dans les colonnes du journal Libération.

Vers 21h15 le vendredi 13, Anne Hidalgo rentre chez elle après une inauguration d'un village de Noël. Dix minutes plus tard, la soirée bascule. "C’était juste après les fusillades des terrasses. On n’avait pas encore d’éléments sur le Bataclan." Après une réunion de crise à l'Hôtel de Ville, la décision est prise de se rendre sur place, à la salle de spectacle. "Deux militaires m’ont accompagnée pour longer la partie du boulevard Voltaire qui n’était pas dans l’angle de tir potentiel des terroristes. On est arrivés. Et là (...) Je n’avais jamais vu de scène de guerre".

Les têtes de ces jeunes, c’est les têtes de mes gamins

Anne Hidalgo, maire de Paris

Dans le Bataclan, la maire de Paris fait face à des visions d'horreur. "Les visages hagards, les corps que j’ai vus, ce n’étaient que des jeunes, des hipsters. Certains avec des balles dans la tête. D’autres étaient ensanglantés parce qu’on leur était tombé dessus ou qu’ils avaient été touchés. Les têtes de ces jeunes, c’est les têtes de mes gamins."

Alors que l'état d'urgence a été annoncé par François Hollande, Anne Hidalgo prend à son tour une décision importante vers 23 heures : la fermeture de tous les lieux publics car "la vie ne pouvait reprendre normalement le lendemain" des attaques. Dans le même temps, la maire de Paris refuse de "laisser partir les victimes comme cela" et décide d'ouvrir une cellule psychologique aux abords du stade de France alors que le nombre de morts dans la salle du Bataclan ne cesse d'augmenter.

La politique nationale, je ne supporte plus

Anne Hidalgo, maire de Paris
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Sollicitée par France 2 le samedi soir, Anne Hidalgo est surprise qu'un débat avec Alain Juppé (maire de Bordeaux) soit prévu. "Ça ne me dérangeait pas d’être avec Juppé, on est deux maires. Mais je venais parler de ma ville qui était touchée. C’était surréaliste. Totalement déplacé (...) Vous savez, ce n’est pas seulement les attentats, mais la politique nationale, je ne supporte plus", lâche finalement la maire de Paris. 

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