3 min de lecture Attentat à Nice

Attentat à Nice : Emmanuel Macron "comprend la colère" des victimes

ÉCLAIRAGE - Lors de la cérémonie d'hommage aux victimes de l'attentat de Nice, le président de la République est revenu sur les nombreux reproches contre l'État.

Emmanuel Macron lors de son discours à Nice le 14 juillet 2017
Emmanuel Macron lors de son discours à Nice le 14 juillet 2017 Crédit : VALERY HACHE / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Marseillaise, Nissa la Bella, énumération des 86 personnes décédées, discours... La ville de Nice a rendu hommage aux victimes de l'attentat perpétré il y a tout juste an un, le 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais lors du traditionnel feu d'artifice. Et après Christian Estrosi, récemment redevenu l'édile de la Ville, Emmanuel Macron a livré un long discours face à la tribune officielle installée sur la place Masséna pour ce triste anniversaire.

Et c'est un discours particulièrement offensif qu'a livré le chef de l'État, qui est également revenu sur la colère des familles des victimes. "Je ne tairai pas ici, ce soir, les reproches qui se sont fait jours après l'attaque. La colère de beaucoup s'est concentrée sur la puissance publique. Et j'ose vous le dire comme chef de l'État : je comprends cette colère", a-t-il lancé. Une manière pour lui de faire référence à l'intense polémique survenue après cet attentat entre Christian Estrosi et Bernard Cazeneuve concernant les moyens employés pour la sécurisation de cet événement en plein état d'urgence.

Avant de poursuivre : "Lorsque l'impensable se produit et déchire nos vies, on en cherche les causes. Et l'État alors doit regarder ses responsabilités en face. Et si la République était frappée de surdité quand ses fils et ses filles lui crient leur douleur et leur indignation, elle ne serait pas la République, mais un régime à bout de souffle.

Tout sera fait pour que la République, l'État, la puissance publique regagne votre confiance.

Emmanuel Macron
Partager la citation

Mais Emmanuel Macron ne s'est pas arrêté là et a tenu à saluer le précédent pouvoir en place, avec François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve en tête, louant notamment leur "intégrité". "Je veux vous dire aussi que je connais les dirigeants politiques qui alors ont pris en charge la situation. Je sais leur intégrité et leur humanité. Le président François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et avec eux tous les services de l'État ont inlassablement combattu le terrorisme". 

Le maintien de l'aide aux victimes

À lire aussi
Moussa Coulibaly sur des images de vidéo surveillance diffusées par les autorités turques. Attentat à Nice
Attentat à Nice en 2015 : Moussa Coulibaly condamné à 30 ans de réclusion

Emmanuel Macron entend bien que "la République, l'État, la puissance publique regagne la confiance". Pour cela, le chef de l'État a assuré que les aides aux victimes seront maintenues. "L'État ne vous abandonnera jamais. Pas plus qu'il n'abandonne la recherche de la vérité, le châtiment des coupables, mais aussi le soutien humain, juridique et financier qu'il doit aux victimes", a-t-il déclaré lors de cette cérémonie d'hommage.

"L'État ne se soustraira ni à son devoir de clarté, ni à son devoir de compassion. L'exemple de dignité et de courage que vous avez donné ne peut pas, ne doit pas se heurter à la froideur bureaucratique. C'est pourquoi je sais le travail qui a été fait durant les deux dernières années pour reconnaître les situations des victimes, le droit des victimes", a-t-il fait valoir assurant que "tout sera maintenu". Et d'enchaîner : "Je le sais, c'est d'une aide juridique, concrète, administrative, mais aussi d'une aide pour la santé, le transport, les enfants, la vie administrative et le quotidien dont vous avez besoin. C'est cela qui sera assuré pour vous. Je m'en porte ici garant". 

La magistrate Élisabeth Pelsez a été désignée mercredi déléguée interministérielle à l'Aide aux victimes, après les critiques d'associations sur la disparition d'un secrétariat d'État auprès des victimes présents dans de précédents gouvernements.

La lutte acharnée contre le terrorisme

Emmanuel Macron a également livré un discours particulièrement offensif assurant que la France allait "poursuivre inlassablement cette lutte contre le terrorisme". "Ce que veuillent les assaillants, c'est simplement de nous voir pleurer. Nous répondrons par une lutte sans merci. Partout. En continuant à agir, en prenant des mesures nécessaires, en protégeant nos valeurs, notre état de droit, l'amour de nos libertés", a-t-il déclaré évoquant un "combat de tous les jours, un combat économique et social contre le fanatisme, un combat moral de civilisation".

Le chef de l'État refuse de mener cette bataille avec "complaisance" : "La mort abominable des nôtres doit nous renforcer pour mener ce combat sans aucune complaisance. Nice, ce carrefour de langues et de cultures, cette ville d'arts et d'écrivains. L'histoire de Nice, c'est le monde entier, c'est cette ouverture. C'est pourquoi ce combat qui est le nôtre ne sera jamais un combat de la fermeture, du repli, de la bêtise", a-t-il lancé saluant la "générosité" des Niçois au lendemain de ce terrible attentat qui a fait 86 morts et plus de 450 blessés

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentat à Nice Emmanuel Macron Terrorisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants