2 min de lecture Attentat à Nice

Attentat à Nice : Christiane Taubira fustige "ceux qui vocifèrent sans respect des larmes"

Dans une tribune publiée sur Facebook, l'ex-garde des Sceaux dénonce ceux qui "privilégient leurs intérêts partisans ou leur impatience à s'emparer du pouvoir d'État".

Christiane Taubira annonce que le gouvernement renonce à la déchéance de nationalité, le 22 décembre 2015.
Christiane Taubira annonce que le gouvernement renonce à la déchéance de nationalité, le 22 décembre 2015.
Camille Kaelblen
Camille Kaelblen
et AFP

Christiane Taubira n'a rien perdu de sa verve. L'ancienne ministre de la Justice, qui s'était pourtant faite discrète depuis sa démission en janvier, a publié samedi 23 juillet un long texte sur sa page Facebookdans lequel elle a fustigé "ceux qui font commerce de la peur",  dix jours après l'attentat de Nice.
L'ex-garde des Sceaux dénonce plus précisément "ceux qui vocifèrent sans respect des larmes", en privilégiant "leurs intérêts partisans ou leur impatience à s'emparer du pouvoir d'État", en allusion aux déclarations de plusieurs élus de droite après l'attaque qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais.
"Ressasser des poncifs sur les décisions de justice, prises en indépendance par des magistrats dans notre État de droit; gloser sur les effets de la prison lorsque aucun des tueurs du 13 novembre, ni celui du 14 juillet, n'avait d'antécédents carcéraux; rabâcher les sempiternelles récriminations fondées sur de seules motivations partisanes, c'est s'obstiner à déguiser la réalité, se réfugier derrière des incongruités confortables, se satisfaire de facilités aberrantes, se situer en deçà des nécessités régaliennes, et finalement nous exposer durablement au danger", écrit Christiane Taubira.

Face à cette armée innombrable qui se lève de partout, assécher le terreau où germe, pousse, jaillit cette monstruosité si froide qu'elle paraît intoxiquée, tel est le défi

Christiane Taubira, ex-Garde des Sceaux
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L'ex-ministre estime que le "besoin de sûreté, ce droit imprescriptible", inclut la "préservation de nos libertés individuelles et publiques". "Il convient de les organiser, pas de les opposer. Il revient à la puissance publique de trouver, et ce n'est pas simple, la souplesse qui permette d'ajuster le dispositif de sécurité aux multiples formes des attaques, dans la proportionnalité qu'exige l'État de droit, campé sur ses institutions solides", poursuit-elle. 

Selon Christiane Taubira, cette bataille "n'est pas exclusive de l'action militaire ciblée sur les arsenaux et logistiques; de l'action diplomatique opérant sur les rapports de force; de l'asphyxie financière. Mais face à cette armée innombrable qui se lève de partout, assécher le terreau où germe, pousse, jaillit cette monstruosité si froide qu'elle paraît intoxiquée, tel est le défi".

Une "première intervention politique depuis des mois"

La "rhétorique djihadiste, simple, brute (...) parvient ainsi à capter des individus en marge, au rapport parfois distendu avec la religion", analyse Christiane Taubira, "le terrain est celui des esprits, où frustrations, humiliations, ignorance et fêlures pourvoient en énergie destructrice". 

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L'entourage de Christiane Taubira a présenté cette tribune comme la "première intervention politique directe sur l'actualité depuis des mois" de l'ex-ministre. L'ex-ministre avait quitté le gouvernement en janvier pour protester contre le projet de révision constitutionnelle permettant la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme, finalement abandonné par l'exécutif.

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