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Attaques dans l'Aude : "Une forme de surenchère à droite", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Comme souvent, l'émotion a rapidement laissé la place aux polémiques politiciennes (en particulier à droite) après les attaques jihadistes de Carcassonne et de Trèbes.

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Attaques dans l'Aude : "Une forme de surenchère à droite", décrypte Alba Ventura Crédit Image : ERIC CABANIS / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

C'est mercredi 28 mars en fin de matinée qu'aura lieu aux Invalides l'hommage de la Nation au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. En attendant, la politique a immédiatement reprise ses droits. Lundi 26 mars, Laurent Wauquiez (pour Les Républicains) et Marine Le Pen (pour le Front national) en ont profité pour critiquer la politique du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme.

C'était opportuniste plus qu'opportun.
Ils répondent surtout à l'émotion. Ils répondent à une angoisse. Sans attendre le moment de recueillement prévu aux Invalides. Que ce soit pour Laurent Wauquiez ou Marine Le Pen, il faut battre le fer tant qu'il est chaud. D'ailleurs ce qui est intéressant, c'est que Laurent Wauquiez et Marine Le Pen emploient exactement les mêmes mots. Tous les deux parlent de la "naïveté coupable" du Président Macron.

Cela dit, Marine le Pen est constante dans ses propos. Laurent Wauquiez vient sur sa ligne, et donc la valide. Il y a une forme de surenchère chez l'un et de démagogie chez l'autre. L'un et l'autre qui revendiquent - qui se disputent même - le label "sécuritaire", "anti-islam".

Ils ne sont pas les seuls. On a entendu Manuel Valls proposer, comme eux, l'enfermement des fichés S. Oui mais pardon, Manuel Valls incarne d'une certaine façon la droite. Avant c'était la droite du PS. Maintenant, c'est la droite de La République En Marche. Sur ces questions régaliennes, il est très à droite.

Mais une petite question pour Manuel Valls : pourquoi, lorsqu'il était premier ministre, a-t-il renoncé à enfermer les fichés S ? C'était pourtant déjà l'une de ses propositions à l'époque. Peut-être parce que c'était plus simple à dire qu'à faire ?

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14 lois anti-terroristes

Vous savez, il y a deux personnalités de chez LR qui ont pris la parole lundi : Georges Fenech, qui était sur RTL, ancien juge d'instruction, spécialiste des dérives sectaires ; et Frédéric Péchenard, ancien directeur général de la police nationale. On n'a pas affaire à des rigolos, ce sont des gens sérieux. Et l'avantage c'est que lorsqu'ils s'expriment, ils ne sont pas, eux, dans une posture politicienne.

Les deux disent qu'enfermer tous les fichés S n'empêchera pas les attentats. Les deux disent qu'il ne sert à rien de rétablir l'état d'urgence. En revanche, l'un et l'autre avancent des pistes.

Par exemple remettre en place les perquisitions administratives, ou encore développer le renseignement pénitentiaire, ou faire en sorte que l'information circule mieux, c'est-à-dire que les services de renseignement acceptent de faire redescendre des infos vers les préfets (ça se fait un peu), et même les maires des communes (comme ça se fait maintenant en Belgique, à Molenbeek).

Vous savez, jusqu'ici on compte quatorze lois anti-terroristes. Alors il faut bien faire la différence entre la manière de flatter son électorat et ce que l'on peut vraiment faire efficacement.

Macron très attendu

Quelle est la ligne d'Emmanuel Macron ? La question est légitime, car ce n'est pas très clair. Surtout que le Président a renoncé à faire un grand discours sur l'identité de la France, la laïcité, en début d'année.

Alors il a toujours eu un discours de fermeté vis-à-vis des terroristes. Mais on se souvient aussi de sa position après les attentats de 2015 lorsque, ministre de l'Économie, il avait parlé de la "responsabilité de la France dans le terreau sur lequel le djihadisme a pu prospérer". Ce qui avait donné lieu à une passe d'armes avec Manuel Valls, qui s'était déclaré "agacé par ceux qui cherchent des excuses sociologiques". "Expliquer le jihadisme, c'est déjà vouloir un peu excuser", avait dit le premier ministre.

Ce qui est sûr, c’est qu'Emmanuel Macron ne va pas pouvoir en rester là. Parce que le rôle du chef de l'État, quand son pays est meurtri, c'est de marteler autant que possible les valeurs de la France.

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ÉDITO - Comme souvent, l'émotion a rapidement laissé la place aux polémiques politiciennes (en particulier à droite) après les attaques jihadistes de Carcassonne et de Trèbes.
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