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Assemblée : les difficiles relations entre LR et UDI au sein des "Constructifs"

ÉCLAIRAGE - Si l'UDI et certains députés LR se sont alliés pour former le groupe des "constructifs", les relations demeurent tendues depuis les premiers jours.

Solère, avec Vigier, Lagarde, Riester, Jégo et Bournazel, lors de la présentation du groupe "constructif"
Solère, avec Vigier, Lagarde, Riester, Jégo et Bournazel, lors de la présentation du groupe "constructif" Crédit : Martin BUREAU / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Le 21 juin dernier, Thierry Solère prenait la parole pour annoncer la création du groupe "Les Républicains constructifs, UDI et indépendants". Autour de lui, ses collègues des Républicains Pierre-Yves Bournazel et Franck Riester mais aussi les centristes Jean-Christophe Lagarde, Yves Jégo et Philippe Vigier.

Au total, pas moins de 35 parlementaires ont décidé de prendre leur distance des Républicains pour former un nouveau groupe à l'Assemblée nationale, plus proche de la politique menée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe. "Ce groupe rassemblera des députés indépendants qui se reconnaissent souvent dans les valeurs de la droite et du centre-droit et qui partageront à l'Assemblée nationale cette volonté de faire passer l'intérêt général avant tout (...) Nous avons conscience que cette logique binaire est une logique qui n'est pas bonne pour le pays parce qu'elle ne permet pas les avancées, les réformes que le pays attend", avait alors expliqué Thierry Solère.

Force est de constater que le tableau s'est rapidement noirci. Après seulement huit jours d'existence, les premières tensions sont apparues entre députés LR et députés UDI. La faute notamment à la candidature, puis l'élection, de Thierry Solère à la questure de l'Assemblée nationale. Si le poste devait initialement revenir aux Républicains "historiques" (principal groupe de l'opposition, ndlr), cette élection en a surpris plus d'un, y compris au sein des "constructifs". Selon les propos des députés centristes, ils ont appris sur les bancs de l'Assemblée cette nomination. Un procédé qui ne passe pas. "On doit avoir un fonctionnement différent où alors ce fonctionnement n'existera plus. Moi je ne resterai pas longtemps dans un groupe dans lequel il y a ce genre de fonctionnement", avait alors déclaré Philippe Vigier, président sortant du groupe UDI à l'Assemblée, sur LCP.

L'UDI a menacé de prendre ses distances

Une situation qui a même poussé certains députés centristes à annoncer leurs velléités de scission. Le projet "constructif" pouvait-il s'arrêter là, mort-né ? La question est devenue récurrente ces derniers jours. En première ligne de cette voie dissidente : Yves Jégo. Ce dernier, qui a notamment vu le poste de vice-président de l'Assemblée nationale lui passer sous le nez, a eu toute les peines du monde à décolérer.

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Une position qui ne fait cependant pas l'unanimité. Certains évoquent notamment la puissance du groupe dans cette Assemblée nationale largement dominée par La République En Marche. "La force de notre groupe, c'est le nombre de parlementaires (...) Il y a eu une petite erreur de procédure mais ça ne mérite pas de rayer notre groupe d'un trait de plume", a réagi sur L'Express la députée UDI Sophie Auconie, opposée à la rupture. Elle poursuit : "Il faut que l'on apprenne à vivre ensemble. Ce n'est pas si simple. Dans le groupe, il y a des personnalités, des ambitions". 

Abstention, vote pour... Les avis divergent

Autre signe de divisions internes ? Le vote de confiance au gouvernement d'Édouard Philippe ayant eu lieu mardi 4 juillet, après la déclaration de politique générale du Premier ministre. Les députés "constructifs" se sont majoritairement abstenus. Certains élus ont toutefois décidé de voter pour. En tout, une douzaine de votes pourraient être favorables, dont ceux des Républicains Thierry Solère, Franck Riester ou encore Pierre-Yves Bournazel.

Pas question de voir le mal partout cependant au sein du groupe de 35 députés, qui est co-présidé par Franck Riester (LR) et Stéphane Demilly (UDI). Les "constructifs", qui se sont réunis mardi 4 juillet dans la matinée, ont affiché leur volonté "d'avancer tous ensemble". La bataille autour de postes clés de l'Assemblée la semaine dernière, avec l'élection surprise de Thierry Solère comme questeur, a "laissé des traces et crispé les UDI", mais "tout va bien" désormais, relate une source proche à l'AFP. 

Si les avis divergent, la volonté semble donc être la même dans les rangs du groupe : être une opposition libre et constructive qui pourrait devenir la "troisième force parlementaire de l'Assemblée nationale", comme le disait Jean-Christophe Lagarde le jour de la présentation.

Les Républicains aimeraient bien en profiter

De leur côté, Les Républicains "historiques" regardent attentivement ces tensions existantes avec l'espoir de voir revenir certains députés dans leur rang. "Un certain nombre de parlementaires commencent à se rendre compte qu'ils ont été les otages d'aventures personnelles. Ceux-là, il faut leur tendre la main parce qu'il y a encore pour eux un retour possible", a réagi Laurent Wauquiez, premier vice-président du parti, dans une interview aux Échos.

À l'inverse, celui qui est également président de la région Auvergne-Rhône-Alpes veut définitivement fermer la porte à ceux qui se sont rangés dans les rangs des "constructifs" : "Il y a des démarches qui sont sincères et des démarches qui sont allées au-delà du nauséabond. Les Ganelon de la politique qui étaient prêts à vendre leur poisson rouge pour un poste et l'ont d'ailleurs fait, avec des manœuvres d'une rare médiocrité, n'ont plus leur place dans notre famille".

Des attaques qui n'inquiètent guère les "constructifs". Bien au contraire. Si Laurent Wauquiez venait à être élu à la tête des Républicains, Thierry Solère, Pierre-Yves Bournazel ou Franck Riester pourrait vouloir poursuivre dans leur lignée. De là à créer un nouveau parti ?

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