6 min de lecture Présidentielle 2017

Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann... Qui défiera François Hollande à la primaire ?

INTERVIEW - Pas encore déclaré, François Hollande devra donc passer par la case primaire pour prétendre à sa réélection en 2017.

François Hollande, le 26 avril 2016
François Hollande, le 26 avril 2016 Crédit : AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Jean-Christophe Cambadélis a bluffé jusqu'à la dernière heure. À la veille du Conseil national du Parti socialiste, à l'issue duquel on devait en savoir plus sur la stratégie du parti à la rose pour la présidentielle, le premier secrétaire a pris de court la classe politique en officialisant une primaire de la "gauche de gouvernement". Un premier élément de langage visant à écarter du jeu l'autre gauche emmenée par les frondeurs : celle qui le combat depuis août 2014, lorsqu'Arnaud Montebourg était remplacé par Emmanuel Macron au ministère de l'Économie.

Cette primaire devrait être organisée les 22 et 29 janvier. Un calendrier directement dicté par François Hollande, qui prévoit d'officialiser sa candidature au mois de décembre. Le temps pour lui et son bilan de retrouver des couleurs, sur fond d'embellie de la croissance et baisse du chômage. À défaut de rassembler la gauche entière, le Parti socialiste se contentera de la Belle alliance populaire, ce très jeune mouvement politique, qui réunit PS, Parti radical de gauche et Union des écologistes. Difficile encore de dire qui osera défier le chef de l'État, dont la candidature est plus que probable. Mais à la veille de l'été, les premières pistes commencent à se dessiner. Et les candidats n'accourent pas.

Arnaud Montebourg, "une hypothèse parfaitement plausible"

Après avoir fait son retour dans l'arène politique à plus de 800 m d'altitude au mont Beuvray, Arnaud Montebourg a fait entendre sa voix, après la validation de la primaire de la gauche de gouvernement par le Conseil national du Parti socialiste. Être candidat est pour lui "une hypothèse parfaitement plausible". Il compte traiter le sujet avec un autre des représentants de l'aile gauche du PS, l'ex-ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon. Toutefois, Arnaud Montebourg entend imposer ses conditions et "souhaite une primaire citoyenne (comme en 2011, ndlr) et non pas la primaire des gens qui soutiennent le gouvernement". Pour l'heure, cette demande est loin d'être acquise. Le PS ne souhaite, en effet, concourir que face à ses partenaires : le Parti radical de gauche et l'Union des écologistes.

Arnaud Montebourg a déjà défié François Hollande dans une primaire. En octobre 2011, il avait créé la surprise en se classant troisième, juste derrière François Hollande et Martine Aubry. Devenu incontournable avec près de 17,2% des suffrages, il avait décroché le ministère du Redressement productif, une fonction taillée sur mesure pour le défenseur du "Made in France". Depuis, les relations entre l'ex-député de Saône-et-Loire et le chef de l'État ont tourné au vinaigre. Très courtisé par les frondeurs, l'ex-locataire de Bercy a donc l'occasion, avec cette primaire, de prendre sa revanche.

Marie-Noëlle Lienemann, première candidate sur la ligne de départ

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Opposée farouchement à la politique de François Hollande, Marie-Noëlle Lienemann, déjà candidate à la présidentielle, a confirmé sur RFI être candidate à la primaire validée par le Conseil national le 18 juin. La sénatrice médiatisée est la première à se positionner sur la ligne de départ. L'ancienne ministre du Logement de Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin promet une "ligne politique stratégique alternative et différente de celle menée par François Hollande et Manuel Valls". Revaloriser le Smic à 1.500 euros est l'une des mesures phares de son programme.

La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann à Paris le 15 avril 2014. (archives)
La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann à Paris le 15 avril 2014. (archives) Crédit : AFP / JACQUES DEMARTHON

Pompili, Cosse et de Rugy se préparent, Sylvia Pinel pas emballée au PRG

Que serait la politique sans ses éternelles alliances ? François Hollande, ancien chef du PS et incarnation de la synthèse, connaît ce jeu par cœur. Jean-Christophe Cambadélis est donc son digne successeur. Si la rupture est actée avec Europe Écologie Les Verts, le chef de l'État peut encore compter sur le soutien d'une poignée d'écologistes. Parmi eux, trois sont au gouvernement : Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé.

François de Rugy, l'un de leurs alliés, pourrait représenter l'écurie UDE (Union des écologistes). Le président du micro parti Écologistes ! n'a pas caché son envie de participer au scrutin. "Je pense que les Écologistes ! auront une place dans la primaire et que je pourrai y représenter les écologistes réformistes." Ancien co-président du groupe EELV à l'Assemblée nationale, il a rejoint les rangs socialistes le 19 mai 2016. De son côté, Jean-Vincent Placé a déjà fait son choix : ce sera François Hollande.

Selon une information de L'Obs, les ministres Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse et le vice-président de l'Assemblée nationale François de Rugy "entendent réunir leurs forces en vue de 2017 dans un pôle "écolo" et "de gauche", avec une nouvelle dénomination : le parti écologiste (LPE) (...) de Rugy, Cosse et Pompili penchent pour un candidat écolo à la primaire lancée par Jean-Christophe Cambadélis (de Rugy a déjà fait savoir son intérêt pour cette candidature)... avant de soutenir Hollande s’il était à nouveau candidat et vainqueur de la primaire."

Sylvia Pinel au Conseil régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées le 1er avril 2016.
Sylvia Pinel au Conseil régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées le 1er avril 2016.

Autre ambiance au Parti radical de gauche, autre composante de la Belle Alliance populaire. Si Jean-Michel Baylet, président du parti, occupe actuellement une fonction de ministre de l'Aménagement du territoire, Sylvia Pinel, ex-ministre du Logement de François Hollande, n'a en tout cas pas montré beaucoup d'enthousiasme en apprenant le projet du PS. Sur Twitter, elle parle de "simulacre ou de parodie des primaires".

EELV se prépare en attendant Nicolas Hulot

Europe Écologie Les Verts, réduit à néant après la mort de son groupe à l'Assemblée nationale, n'a pas l'intention de participer à un scrutin aux côtés de François Hollande. David Cormand, le nouveau secrétaire national d'EELV, a jeté son dévolu sur Nicolas Hulot. "J'étais pour Nicolas Hulot en 2007, j'étais pour lui en 2012. Je souhaite qu'il soit candidat en 2017. Je pense que c'est une candidature solide." Le nouveau patron d'EELV promet de faire en sorte qu'une "candidature de l'écologie soit proposée aux Françaises et aux Français en 2017."

Nicolas Hulot, ministre de la Transition Écologique et Solidaire
Nicolas Hulot, ministre de la Transition Écologique et Solidaire Crédit : SIPA

Une "primaire citoyenne" lancée par le Parti communiste ?

"Le PS n'a cessé au cours des derniers mois de souffler le chaud et le froid. François Hollande ne peut pas être candidat, il n'est pas le candidat naturel." Joint par RTL.fr, Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste, ne fait pas dans la dentelle. Selon lui, "le PS n'a jamais voulu d'une vraie primaire. C'est un moyen de tenter d'imposer coûte que coûte la candidature de François Hollande." Sans surprise, le parti ne sera pas sur la ligne de départ de cette primaire dite de gauche de gouvernement. Le PCF de Pierre Laurent a une autre option en tête, qui a été validé par le Congrès du parti, le 5 juin dernier. "Nous allons mener une campagne estivale très forte en organisant une grande consultation citoyenne dont l'objectif est de toucher 500.000 personnes qui vont remplir un questionnaire intitulé "Que demande le peuple ?", détaille Olivier Dartigolles.

Olivier Dartigolles, candidat Front de gauche aux élections régionales 2015 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Olivier Dartigolles, candidat Front de gauche aux élections régionales 2015 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP

Les premiers enseignements de cette consultation seront détaillés pendant la Fête de l'Humanité début septembre. Elle débouchera ensuite sur "un pacte d'engagement commun" qui fera l'objet d'une votation citoyenne pendant laquelle "8.000 urnes" seront déployées dans le pays. Une Conférence nationale, "dont l'importance est la même que le Congrès", aura lieu le 5 novembre. "À ce moment-là, nous aurons à décider si nous organisons une primaire citoyenne ou mettons en place un processus permettant une candidature de gauche commune." L'élu palois fait un appel du pied "à toutes celles et tous ceux qui sont déclarés candidats ou non", en précisant que "l'éparpillement peut être fatal." Jean-Luc Mélenchon, parti à l'assaut de l'Élysée en solitaire, aura reçu le message...

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