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Après Cannes, le député Lionnel Luca interdit le burkini à Villeneuve-Loubet

ÉCLAIRAGE - L'interdiction du port du burkini sur la côte méditerranéenne se propage. Le maire Les Républicains a pris un arrêté et imité son homologue cannois.

Le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Lucas à l'Assemblée, le 9 avril 2014 (archives).
Le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Lucas à l'Assemblée, le 9 avril 2014 (archives).
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Ludovic Galtier & AFP

La polémique autour du burkini s'étend dans le département des Alpes-Maritimes. Une semaine après son homologue de Cannes, le député Les Républicains Lionnel Luca a pris un arrêté municipal interdisant le port de ce maillot qui couvre le corps de la femme dans son intégralité sur les plages de la ville. Raison invoquée par les élus en question : la multiplication des actes terroristes sur le sol français. Nice, ville-préfecture des Alpes-Maritimes, est l'une des premières concernées. Le soir du feu d'artifice du 14 juillet, la vie de 85 personnes a été fauchée sur la Promenade des Anglais.

L'arrêté en question stipule que "l'accès à la baignade est interdit, du 1er juillet au 31 août 2016, à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime". Et de préciser : "Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune."

Les gens qui portent le birkini sont coupables de discrimination, pas nous

Lionnel Luca, député-maire de Villeneuve-Loubet

Ne parlez surtout pas de décision discriminatoire à Lionnel Luca. "La République, ce n'est pas venir à la plage habillé en affichant ses convictions religieuses, d'autant que ce sont de fausses convictions car la religion ne demande rien (...) Ce sont eux (les gens qui portent le birkini, ndlr) qui s'isolent dans un ghetto, ce sont eux qui sont coupables de discrimination, pas nous qui au contraire défendons les musulmans dans leurs pratiques".

Un arrêté municipal à Cannes le 28 juillet

L'arrêté pris par Lionnel Luca à Villeneuve-Loubet est un quasi copié-collé du texte validé par David Lisnard, le maire LR de Cannes, le 28 juillet. Selon l'arrêté du maire, "une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d'attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l'ordre public (attroupements, échauffourées...) qu'il est nécessaire de prévenir".

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La loi française interdit le port du voile intégral dans l'espace public, mais aucun texte n'interdit le port de signes religieux dans l'espace public. Par le biais du directeur général des services de la Ville de Cannes, David Lisnard se défend d'agir contre la loi. "Il ne s'agit pas d'interdire le port de signes religieux à la plage" a indiqué Thierry Migoule, "mais les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre", des tenues que l'on commence à observer à Cannes depuis l'an dernier, selon lui.  

L'arrêté anti-burkini de la mairie de Cannes
a été validé ce 13 août par le tribunal administratif de Nice, notamment saisi par le Collectif contre l'islamophobie en France. L'ordonnance note également que "sont respectées les dispositions de l'article 1er de la Constitution aux termes desquelles 'la France est une République laïque', qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers". 

Une polémique née dans un parc aquatique de Penne-Mirabeau (Bouches-du-Rhône)

"Je compte sur vous pour respecter la AWRA et donc de ne pas venir (sic) en 2 pièces (parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux)". Cette petite phrase publiée sur l'affiche de Smile 13 et sur sa page Facebook a déclenché un vent de contestation chez les élus français. Cette association de femmes des quartiers nord de Marseille avait privatisé le 10 septembre le Speed Water Parc, où le maillot une ou deux pièces n'est pas le bienvenu. L'association ajoutait par ailleurs que "bien entendu, il y aura des maîtres nageurs hommes c'est la raison pour laquelle l'association a négocié afin qu'exclusivement le parc autorise la baignade en burkini" et que "les enfants garçons sont également autorisés jusqu'à 10 ans". 


La municipalité des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) et le parc ont finalement choisi de "ne pas donner suite" à cette demande de réservation. "Ni Speedwater Park, ni la Ville des Pennes-Mirabeau ne souhaitent être le théâtre de troubles à l'ordre public qui seraient engendrés par des enjeux qui dépassent leurs activités ou territoires", indiquent les deux parties dans un communiqué commun. 

Je suis choqué et en colère, je considère cet événement comme une provocation

Michel Amiel, sénateur-maire DVG des Pennes-Mirabeau

Le sénateur-maire Divers gauche de la commune Michel Amiel avait annoncé dès le 3 août vouloir prendre un arrêté d'interdiction : "Je prends un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public", a-t-il déclaré au Parisien/Aujourd'hui en France. "Si, sur le plan strictement juridique, M. le préfet estime qu'il n'est pas légal, il n'a qu'à le déférer au tribunal administratif. Je suis choqué et en colère, je considère cet événement comme une provocation dont on n'a pas besoin dans le contexte actuel. C'est du communautarisme pur et dur".

Menacée, Smile 13 a "saisi le Collectif contre l'islamophobie en France"

L'association Smile 13, qui certifie avoir reçu des menaces, notamment des balles de revolver, a "saisi le Collectif contre l'islamophobie en France". Sur sa page Facebook, l'association, qui défend son orientation "socio-culturelle", avait réagi à la polémique "avec stupeur et regret". 

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