1 min de lecture Information

Un chat est un chat et Philippe Cohen un journaliste 17/06

Dans la série, « on vous avez pourtant prévenu », le journal Le Monde daté de ce jour 17 juin publie deux informations que nous allons tous nous dépêcher d’oublier mais qui ne sont pas sans intérêt. Et puis, dans un autre genre, « je raconte n’importe quoi mais j’en suis très fier », le journaliste Philippe Cohen, du site Marianne2, est très bien aussi.

Journal Le Monde, donc, page 11 : « La France, championne d’Europe du soutien scolaire ».  Et le sous-titre, plus drôle encore : « Au pays de l’école gratuite, les familles consacrent, au total, 2,2 milliards d’euros en aide aux devoirs chaque année ».

Ce « Au pays de l’école gratuite » devrait être encadré, montré dans toutes les écoles de journalistes, accessoirement figurer dans un Guiness Book de la poilade. L’école française n’est pas gratuite, elle est payée par les contribuables. Et cher. 60 milliards dans le budget 2010, 20% du total. Pratiquement un record d’Europe. Et le résultat ? La France championne d’Europe des cours privés, traduction littérale du politiquement correct : « aide aux devoirs ». Double titre de champion d’Europe donc, ce qui, au delà d’une légitime fierté, doit tout de même nous interroger.

Peut-on suggérer que les performances du système d’enseignement sont médiocres, puisque les usagers recourent massivement au soutien scolaire privé ? Peut-on suggérer que l’argent public est ainsi dépensé sans aucun souci de la performance de la dite dépense ? Doit-on alors en conclure que nous ne sommes pas loin d’une situation de gaspillage intensif et récurrent de l’argent public, nom savant des impôts que versent les citoyens à l’Etat pour l’accomplissement des missions que nous lui confions, au premier rang desquelles celle de former nos enfants ?

Nous ne pouvons cependant aller au delà de ces questions. Car voyez-vous, il n’existe pas d’évaluation de la dépense publique, de sa pertinence, de sa performance. Les gouvernements se succèdent et dépensent, dépensent, et promettent de dépenser encore. Ils font cela depuis des décennies, et dépensent même tellement que le niveau des impôts et prélèvements, pourtant conséquent, l’un des plus importants d’Europe, décidément nous sommes les meilleurs, ne parvient pas à en couvrir le montant. C’est pourquoi, chaque année depuis 1979, nous faisons appel aux banquiers, les affreux banquiers, pour boucler nos fins de mois. Nos vivons à crédit, au dessus de nos moyens, depuis trente ans. Comme la Grèce. Et en plus, cette argent prélevé en masse et emprunté à plein sceaux est mal dépensé.

Peut-on dresser un tableau plus désespérant de l’action politique en France durant ces trois dernières décennies ? Il ne s’agit pas là d’idéologie, de droite, de gauche, de révolution ou de conservatisme, amis du simple constat que nous sommes médiocrement gouvernés car nous n’avons aucune exigence de bien l’être.

Page 14 du Monde hier : « Le secteur des services menacé de déclin en France ». Et le papier, très bien fait, de raconter qu’après l’industrie, l’immense savoir-faire français en matière de services se fait désormais taillé des croupières par manque de compétitivité face à d’autres pays pas tous émergents.
Qu’est-ce qui plombe fondamentalement la compétitivité de l’industrie comme des services en France ? Le poids de la dépense publique. Retour au problème précédent. Nous ne dépensons pas. Nous gaspillons. A structure comparable, voire supérieure, l’Allemagne dépense 1/3 de moins que nous. Résultat d’une étude de l’institut privé Thomas More. Ne vous inquiétez pas, il se trouvera toujours de belles personnes pour vous dire que l’étude est nulle. IL n’empêche que nous sommes en train de sombrer et que pas un de nos responsables politiques ne nous alerte sur les causes, les raisons, les explications de ce naufrage. Si nous en sommes collectivement responsables, certains le sont davantage que d’autres.

Sur le site Marianne2, la flemme de mettre le lien, Philippe Cohen, qui est au journalisme ce que Benoit XVI est à la papauté, commente un sondage qui indique que les Français sont aujourd’hui favorable à des mesures protectionnistes au niveau de l’Europe . Et à l’occasion de son commentaire, il écrit ceci :

Le contraste est saisissant avec la légèreté avec laquelle le sujet est traité par la classe politique comme par les éditorialistes. Les uns et les autres écartent la proposition d’un haussement d’épaules, comme si le protectionnisme était une option d’un autre âge. Même des éditorialistes à priori peu portés sur l’économie, comme Alain Duhamel, Jean-Michel Aphatie ou Jean-Marie Colombani, considèrent le protectionnisme comme une sorte d’âge de fer de la politique économique, comme s’il existait un sens de l’histoire nous écartant définitivement de toute politique publique dans ce domaine, comme si le marché avait pour toujours rélégué la décision d’état au musée de la préhistoire moderne.

Sur lequel des mes écrits, de mes propos, de mes billets sur ce blog, Philippe Cohen s’appuie-t-il pour me prêter cette position « légère » à propos du protectionnisme? Sans doute aucune. Philippe Cohen qui pratique le journalisme au doigt mouillé affirme un truc qui lui fait plaisir. Il a envie d’écrire que je suis un gros con, mais plutôt que de l’écrire comme cela, comme il le pense, il le travestit en me prêtant des idées, des pensées, une vision du monde, dont il a décidé qu’elles étaient les miennes.

Notez bien que ceci m’est absolument égal. Philippe Cohen peut bien penser de moi ce qu’il veut, je dors quand même la nuit. Mais il me semblait hygiéniquement nécessaire de dénoncer cette tartufferie de baudruche qui affirme des trucs gratuits tout simplement parce qu’il ne peut pas vous encadrer.

Nommer les choses permet d’avancer plus vite. C’est pas que nous soyons pressés, c’est juste que le temps passe trop vite pour s’ennuyer avec ces contournements qui ne sont que des couardises.

Bon week-end

Lire la suite
Information
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7771228547
Un chat est un chat et Philippe Cohen un journaliste 17/06
Un chat est un chat et Philippe Cohen un journaliste 17/06
Dans la série, « on vous avez pourtant prévenu », le journal Le Monde daté de ce jour 17 juin publie deux informations que nous allons tous nous dépêcher d’oublier mais qui ne sont pas sans intérêt. Et puis, dans un autre genre, « je raconte n’importe quoi mais j’en suis très fier », le journaliste Philippe Cohen, du site Marianne2, est très bien aussi.
https://www.rtl.fr/actu/politique/aphatie-un-chat-est-un-chat-et-philippe-cohen-un-journaliste-17-06-7771228547
2011-06-17 09:20:00