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Les journalistes sont nuls, c'est bien ça le problème de la politique en France 21/04

J'ai zappé le blog hier. Désolé. En plus de six ans d'activité bloguistique quotidienne, la chose fut rare. Pardon. On m'a dit que le standard de RTL avait explosé sous l'effet multiplié des appels inquiets de lecteurs en manque. Je ne recommencerai plus. Enfin, pas tout de suite.




De quoi qu'on cause aujourd'hui? De la prime que le gouvernement aimerait voir versé aux salariés qui font du profit et que vous ne toucherez pas parce que le mécanisme sera tellement biscornu qu'aucun patron ne la versera? Finalement, non, je vous laisse prendre connaissance de tout cela dans vos journaux favoris. Ou bien réécoutez en boucle Christine Lagarde qui expliquait très bie tout cela, à 7h50, ce matin, sur RTL.

L'enlisement en Libye? Le naufrage qui se précise de l'euro, aux larges des côtes grecques, iceberg en vue, et irlandaises, gaffe au tsunami? Rien de neuf, là non plus. La sonnette d'alarme a été cassée à force d'être tirée, le dernier souffleur de corne de brume vient d'être hospitalisé pour avoir trop soufflé. Après tout, si la monnaie commune et son sort n'intéressent personne, on ne va pas non plus vous ennuyer avec ça. Attendons le premier jour de la catastrophe pour en reparler.

Donc, parlons d'autre chose. Par exemple de ceci. Interrogée hier sur RTL sur le sentiment qui ne doit pas être personne que tout ne va pas très bien pour elle, dans sa démarche politique s'entend, Ségolène Royal a répondu exactement ceci

Je ne vois pas ce qui marche moins bien, vous savez. [...] Je pense surtout que ce n'est pas à l'élite autoproclamée médiatico-politique de désigner qui va sortir, des Primaires.


Cette réponse est identique dans l'esprit à celle qu'a faite, à une question similaire, mais concernant cette fois Nicolas Sarkozy, pour qui tout n'a pas l'air facile ces temps ci, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, lors du Grand Jury dimanche dernier


Je sais bien que vous êtes un journaliste politique et que vous pensez à l'élection présidentielle matin, midi et soir


Ségolène Royal et Xavier Bertrand ne sont pas des cas isolés. Très souvent, quand vous interrogez un responsable politique sur ses difficultés, ou celles de son camp, dans son rapport à l'opinion publique, il répond soit avec agressivité, soit avec mépris, mais toujours avec le souci, parfois courtois mais pas toujours, de dévaloriser le journaliste, ou plus largement, car je n'ai rien contre vous, c'est global n'est-ce pas, le journalisme.

En gros, les journalistes posent des mauvaises questions, des questions qui n'intéressent pas les gens. Plutôt que de parler du fond, ils parlent de la politique politicienne. Bref des gros nuls qui creusent le fossé qui nous séparent, nous, dirigeants, élus, responsables, du peuple.

Vous connaissez la maxime: mieux vaut entendre cela qu'être sourd. Et puis aussi des précisions. Si les journalistes en France sont un peu neuneu, ils ne sont pas non plus débiles. Entre le pouvoir d'achat et les primaires socialistes, chaque possesseur d'une carte de presse peut établir assez facilement une hiérarchie de l'importance des problèmes pour des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs. Mais une fois que les questions sur le pouvoir d'achat ont été posées, il est normal, naturel, légitime et nécessaire au regard de l'organisation du débat démocratique, de poser des questions certes plus évanescentes mais pas moins instructives sur la popularité et l'impopularité, les rivalités et la compétition, et toutes ces choses que fabriquent la vie politique et non pas le journalisme politique.

Décréter, même sous forme urbaine ces questions débiles, c'est tenter d'imposer une forme de pression psychologique pour dissuader son interlocuteur professionnel d'aller sur ce terrain. Plus problématique. Chercher à disqualifier le journaliste poseur de question, soit en l'associant à une improbable élite, de laquelle s'exclue de facto bien sûr ben voyons celui qui prononce le mot, soit en le présentant comme le plus politicien des politiciens, revient à transférer la charge des difficultés.

Si nous avons des problèmes avec le peuple, c'est à cause du travail de médiation, mal fait par ce qui en ont la responsabilité. En clair, ce sont les journalistes qui coupent les responsables politiques du peuple. Ce n'est pas dit, bien sûr, mais c'est suggéré.

Jadis, Georges marchais, dirigeant communiste disait aux journalistes: « taisez-vous ». Naguère, Jean-Luc Mélenchon, qui théorise avec un certain talent son combat contre les journalistes, intimait: « Qu'ils s'en aillent tous ». Ces propos relèvent d'un populisme déclaré et assumé. Mais ce qui précède appartient à la même catégorie. Plus feutré à l'évidence, urbain, subtil pourquoi pas, mais populisme tout de même.

Dans ces conditions, on ne s'étonnera pas de la répétition des sondages qui placent souvent les partis dit de gouvernements, et les personnalités qui incarnent leur action, en deuxième ou troisième position lors du second tour d'une prochaine élection présidentielle.

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2011-04-21 09:33:00