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Le plan-plan Fillon 25/08

Douze milliards d’économies. Ah dis donc, ça va fort. Et le pire, c’est que cela ne suffira pas…


Saluons le recul, faible et ténu, mais c’est un commencement, du mensonge dans la vie publique française. L’Etat, la puissance publique, ne peut plus distribuer d’argent. Pourquoi ? Parce qu’elle emprunte depuis trente ans beaucoup plus qu’elle ne distribue, et cela c’est terminé. D’où le plan Fillon. Enfin, les choses sont dites. Enfin crève la bulle mensongère d’un pouvoir politique qui peut distribuer à sceaux pleines un argent que la collectivité qu’il dirige ne produit pas. La crise de l’été a opéré enfin cette prise de conscience populaire que la politique, qui ne l’a pas fait d’elle-même, et c’est une terrible faute, est bien obligée d’avaliser.

Ceci étant dit, reste le plus dur à admettre que voici.

Ce plan est trop tardif. Nous aurions dû nous rendre collectivement compte il y a dix ans du mur que nous étions en train de construire en nous endettant comme des malades, et de la douleur que nous ressentirions quand nous nous y fracasserions.

Mieux vaut tard que jamais, dit la sagesse populaire, qui en l’occurrence se trompe dramatiquement. Car l’attente nous a plongé dans un terrible cercle vicieux, celui de nos immenses souffrances.

Le plan Fillon va contribuer à déprimer une activité économique déjà fragile. Il n’est donc que le premier d’une longue série. En lui-même, ce plan est doublement ridicule. Il représente un invraisemblable bric-à-fiscal d’une quinzaine de mesures sans unité ni cohérence. On taxe les boissons gazeuses et les parcs à thèmes, les résidences secondaires et les riches. C’est à l’école du rire que l’on a du concocter ce plan, en s’inspirant des grands anciens, Pierre Dac, Michel Audiard et Pierre Desproges.

Et surtout, c’est le deuxième aspect ridicule, le discours gouvernemental assure que l’affaire est réglée jusqu’en 2013. Faux. Il faudra serrer encore beaucoup les boulons après l’élection présidentielle, quel que soit l’élu. Il faudra alors s’attaquer au dur et au vrai, augmenter les impôts d’une part, couper des dépenses publiques d’autre part. Pas l’un ou l’autre, mais les deux à la fois.

Qui va souffrir de la situation qui se dessine et que l’on ne nous décrit pas encore ? Les plus faibles, plus pauvres et les moins riches. Et pourquoi tant de souffrances ? Parce que nous réagissons trop tard. Et puis la souffrance sera aussi psychologique parce que l’on nous explique trop mal. La crise est là, immense et redoutable, dont nous souffrirons tous.

Des voix s’élèvent déjà et s’élèveront encore pour dire qu’une autre politique est possible qui nous dispensera des douleurs. C’est faux, bien sûr. Nous finançons à crédit notre société depuis trente ans. Notre retraite, notre souffrance par rapport à la maladie, nos services publics auxquels nous tenons tant, tout cela est financé depuis trois décennies par ces capitalistes que nous haïssons et ces financiers que nous vomissons. Et c’est bien parce que ces odieux personnages menacent de ne plus continuer à nous prêter l’argent qui fait nos fins de mois que nous sommes dans la difficulté.

La dette, l’avons-nous vraiment compris, c’est l’indépendance d’une société, et la solidité de sa construction. L’endettement, c’est le poison qui en mine les fondations. Rien ni personne ne pourra nous éviter de faire désormais la tâche immense qui nous attends et qui prendre des années : déblayer, nettoyer, reconstruire.

Je ne suis pas certain que nous ayons encore compris dans quels chemins nous sommes obligés de nous engager. Et moins certain encore que nous ayons compris que ce chemin-là, c’est nous qui l’avons choisi, par notre paresse, nos renoncements, nos aveuglements, notre suffisance et par cette caractéristique qui les résume toutes : notre incommensurable lâcheté.

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