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Le faux journaliste belge travaillait pour Pierre Carles 22/03

J’ai raconté ici, il y a déjà quelque temps, comment un journaliste nommé Julien Brygo s’est introduit à RTL sous une fausse identité et a réalisé une interview en mentant sur sa destination et son utilisation.

Après plusieurs démarches, il apparait que Julien Brygo collabore pour un documentaire monté et réalisé par Pierre Carles. Je ne connais à l’heure actuelle, ni le moment ou sera diffusé ce documentaire, ni le canal qui sera utilisé pour cela, ni les journalistes qui, comme moi, en sont les acteurs non consentants.

J’ai décidé, pour faire valoir mes droits, d’adresser un courrier à Julien Brygo. Celui-ci n’en a jamais accusé réception. C’est Pierre Carles qui m’a répondu. S’en est suivi un échange épistolaire dont la dernière manifestation remonte à ce matin et dont l’ensemble est publié ici.





JMA à Julien Brygo

Monsieur,

Je me vois contraint de vous adresser ce courrier suite à l’interview que vous m’avez demandé de vous accorder le 8 mars dernier sur le sujet du temps de parole  des  candidats à l’élection présidentielle dans les médias.
En effet après vous être présenté comme journaliste belge travaillant pour le compte de la RTBF, vous avez filmé et enregistré mes propos dans un studio de RTL.

En fin d’interview, j’ai eu la désagréable impression d’avoir été « piégé » et que mes propos pourraient faire l’objet d’une utilisation hors contexte.
Vous m’avez indiqué - alors que je vous rejoignais à votre sortie de la station - que l’entretien serait intégré dans le cadre d’une série de  reportages de la RTBF.
Suite à ma vive réaction, vous m’avez fait contacter par l’une de vos consœurs belge laquelle m’a fait savoir sur ma messagerie :
-    que vous n’étiez pas belge
-    que vous ne travailliez pas pour la RTBF
-    que notre entretien serait intégré dans un reportage intitulé « DSK, Hollande, etc… » auquel elle collaborait avec un certain Pierre Carles et vous-même.

Face à ma crainte que mes propos lors de cet interview puissent être dénaturés par l’intégration d’une partie de ceux-ci dans le documentaire susvisé, je vous ai alors demandé, lors d’un entretien téléphonique,  que l’interview soit diffusée dans son intégralité et non de manière tronquée. Vous n’avez pas jugé utile de me répondre sur ce point.
Or, quelques recherches m’ont permis de découvrir le site de l’association « L’éclat » à Nice, qui annonce la diffusion le 17 mars prochain dans ses locaux d’un film de 40’ portant le titre indiqué !

Compte tenu des procédés utilisés au mépris de la plus élémentaire déontologie journalistique et de l’absence de garantie de votre part quant à la diffusion de mes propos sans coupes, ni montages,
je vous demande par la présente, au titre de mon droit à l’image et  partant celui de RTL,  de ne pas utiliser cet interview, dans tout reportage ou documentaire, quel que soit son mode de diffusion et sur quelque support que ce soit.
Sans respect de cette interdiction, je n’hésiterais pas à saisir les juridictions compétentes pour faire valoir mes droits.

En vous remerciant de bien vouloir m’accuser réception de la présente dans les meilleurs délais compte tenu de la date de diffusion dudit film, je vous prie de recevoir, Monsieur,  l’assurance de mes salutations distinguées .

Jean-Michel APHATIE




Réponse de Pierre Carles




Bonjour Jean-Michel Apathie,
Je suis l'auteur et l'un des trois coréalisateurs de "Hollande, évidemment...", une enquête sur "les médias en campagne électorale" (qui avait jusqu'à présent pour titre "DSK, Hollande, etc.") et qui fait suite à "Juppé, forcément...", un documentaire que j'ai réalisé en 1995 pour la chaîne franco-allemande ARTE.
Cette fois-ci, c'est avec une petite équipe de bénévoles composée de Julien Brygo, d'Aurore Van Osptal et une dizaine de techniciens de l'audiovisuel et d'internet  que nous fabriquons ce documentaire. Nous  avons d'ores et déjà prévu de mettre en ligne "Hollande, évidemment..." le 15 avril prochain afin que les électeurs aient la possibilité, avant le 1° tour de la présidentielle, d'être informés du fait que les candidats n'étaient pas sur un pied d'égalité pendant la campagne non-officielle. Au vu de la disproportion de traitement dont ont été l'objet certains programmes politiques (ceux des partis anti-capitalistes ou se réclamant du marxisme, ou même celui défendu par la candidate des Verts), il semble que l'on ait eu affaire à un simulacre de scrutin démocratique. Il apparait, en effet, au terme de notre enquête, que la majorité des médias et des sociétés de sondages ont cherché à imposer un duel Nicolas Sarkozy/Dominique Strauss-Kahn avant le 15 mai 2011 avant de se rabattre sur un duel Nicolas Sarkozy/François Hollande après l'affaire du Sofitel de New York.
Notre documentaire ne sera diffusé par aucune chaîne de télévision en France. Il constituera une contribution probablement très marginale au débat sur l'élection. Aussi, même si vous êtes en désaccord avec son contenu et ses méthodes de tournage, peut-être pourriez-vous, au nom du pluralisme et de la liberté d'expression, ne pas vous opposer pas à l'utilisation des images vous concernant (quitte à critiquer notre travail sur l'antenne de RTL ou le plateau du "Grand journal" de Canal + si vous l'estimez malhonnête). Si vous trouvez que l'interview accordée à Julien  Brygo ne reflétait pas votre pensée, nous pouvons éventuellement refaire l'entretien. Ce serait aussi l'occasion d'aborder la question du rôle du "Grand journal" dans cette campagne électorale.
Je suis prêt à en discuter avec vous (juste un petit problème technique : je me trouve actuellement au Chili pour quelques jours et il m'est difficile de communiquer par téléphone. J'ai toutefois accès à internet et peux aussi communiquer via Skype).
Enfin, sachez que des projections-débats de "Hollande, évidemment..." sont prévues vers la mi-avril  2012 au Festival de documentaire de St Martin de Valamas (Ardêche), au cinéma Utopia (Bordeaux), en Belgique, à Angoulème... Il faut donc absolument que nous trouvions une solution satisfaisante pour toutes les parties.
Cordialement,
Pierre Carles


Réponse à Pierre Carles


Bonjour Pierre Carles,

J'accuse réception de votre mail.
Je constate que nous ne nous connaissons pas. Nous ne nous sommes jamais parlés, jamais croisés. Vous plaquez sur moi vos idées préétablies et c'est dans cet esprit que votre collaborateur a réalisé une interview avec moi, tout en dissimulant son projet et sa finalité. Trois jours après, ce même collaborateur a tenté de me piéger une seconde fois en enregistrant la conversation téléphonique que nous avions ensemble.
Cette attitude et le contexte dans lequel elle s'inscrit m'empêchent d'avoir la moindre confiance dans l'utilisation que vous ferez de mes propos enregistrés dans les conditions de dissimulation déjà décrites. C'est pour cette raison, et uniquement celle-là, que j'ai adressé à votre collaborateur un courrier le menaçant de poursuites judiciaires s'il tentait d'utiliser l'entretien frauduleusement obtenu. Je maintiens, évidemment, ici,  la position exprimée.
J'avais le projet, lors de la conversation téléphonique enregistrée, de faire une proposition à votre collaborateur. Je comprends que des points de vue différents puissent s'exprimer et j'admets l'idée de répondre à des questions sur mon travail, même à des personnes qui y sont hostiles. Vu la tournure de la conversation, je n'ai pas formulé cette proposition. Je suis prêt à le faire quand ce qui nous oppose aujourd'hui sera réglé.
Cela nous fournira peut-être, à vous et à moi, l'occasion de nous rencontrer et de nous parler.

Cordialement

Jean-Michel Aphatie



Réponse de Pierre Carles


Bonjour Jean-Michel Apathie,
Je vous réponds avec un peu de retard, me trouvant toujours à l'étranger pour un tournage.
Vous écrivez que vous seriez prêt à nous faire une proposition quand "ce qui nous oppose aujourd'hui sera réglé". Je crains que ce ne soit un préalable inacceptable. Si ce qui nous oppose est la question de l'interpellation des journalistes-vedettes ou des personnages publics à propos de leurs pratiques professionnelles ou de leurs déclarations publiques, il ne peut y avoir de "règlement" de notre différent. Nous revendiquons, en effet, ce droit d'interpellation-là (s'agissant de personnages publics, je le répète, que ceux-ci soient d'accord ou pas), comme on peut s'en apercevoir dans plusieurs de mes documentaires  (de "Pas vu pas pris" (1998) à "Fin de concession" (2010). Les personnes interpellées dans ces films n'étaient pas forcément d'accord avec les méthodes employées ni avec nos questionnements, mais il nous paraissait légitime d'aborder avec elles certaines questions taboues. Le sujet que nous évoquons dans notre documentaire actuel n'est pas traité (ou du moins pas de la manière dont nous le faisons) dans les médias audiovisuels français, que ce soit sur les chaînes publiques ou sur Canal + (sans parler des autres chaînes privées) : l'inégalité de traitement des candidats à l'élection présidentielle en amont de la campagne officielle selon le programme politique qui est le leur. Bref, cela pour dire - n'y voyez pas de provocation de notre part - que nous avons l'intention d'utiliser l'interview de vous réalisée par Julien Brygo dans les locaux de RTL. Toutefois, si vous estimez ne pas avoir été en mesure d'exposer correctement votre point de vue lors de cet entretien (ou avoir des choses à rajouter), nous pouvons prévoir de réaliser un deuxième entretien, dont les modalités restent à fixer, comme je vous le proposais dans mon précédent mèl.
Cordialement,
Pierre Carles



Réponse à Pierre Carles




Bonjour Pierre Carles

Je n'ai formulé aucun préalable. Je ne vous reconnais pas le droit de disposer de mes propos obtenus dans des conditions frauduleuses. Je vous répète mon intention de faire valoir mes droits en cas de préjudice porté à moi même et à RTL où votre collaborateur s'est malhonnêtement introduit.

Cordialement

Jean-Michel Aphatie



Réponse de Pierre Carles


Nous n'arrivons manifestement pas à trouver un accord sur les moyens de régler... notre désaccord. Il y a toutefois une chose sur laquelle nous pouvons peut-être nous entendre : vous disposez de moyens d'expressions - "Le Grand journal" de Canal +, RTL, votre blog -  bien supérieurs aux nôtres. Nous ne sommes pas à égalité en matière de diffusion de nos points de vues, le vôtre ayant plus de chances d'être entendu que le nôtre. Vous pourriez peut-être obtenir l'interdiction de la diffusion de certaines séquences de notre documentaire mais ce serait une solution qui ne satisferait ni l'une ni l'autre des parties, personne n'en sortirait gagnant, me semble t-il. Auriez-vous une autre solution à proposer ?
Cordialement,
Pierre Carles


Réponse à Pierre Carles



Bonjour Pierre Carles,

Je ne comprends pas votre insistance à évoquer un "accord" entre nous, ou bien une "solution". Le procédé de votre collaborateur, sa dissimulation et ses mensonges, était malhonnête. Sa tentative ensuite de m'enregistrer à mon insu  est insupportable de mépris à mon égard. Ce contexte même exclut toute idée, et donc toute possibilité, d'accord ou de solution. C'est pour cette raison que je ne me laisserai pas dépouiller, travestir, humilier, par le montage que vous ferez des propos que votre collaborateur a obtenu frauduleusement de ma part. Ceci est net, je n'en bougerai pas. Ensuite, une fois ce contexte dissipé, il peut être possible de faire quelque chose ensemble qui vous permette d'exprimer le point de vue critique qui est le vôtre sur mon travail. Mais ensuite, pas tout de suite.

Cordialement

Jean-Michel Aphatie

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