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La faute morale de Michèle Alliot-Marie 28/02

Michèle Alliot-Marie n'est plus ministre des Affaires étrangères. Pour quelles raisons? En fait, plusieurs explications cohabitent.



La ministre a elle même écrit une lettre de démission. L'AFP, dans une dépêche de 18h18, l'a publiée dans son intégralité. Michèle Alliot-Marie assure qu'elle a toujours exercé ses fonctions « non seulement dans la légalité, mais aussi dans la dignité, la moralité et la loyauté. » Mais, ajoute-t-elle, des « attaques politiques puis médiatiques », une « cabale » même écrit-elle, l'ont acculé à la démission.

Invité de RTL ce matin, François Fillon, premier ministre a accrédité cette thèse. Michèle Alliot-Marie, a-t-il assuré, n'a commis aucune faute. Mais les attaques répétées contre elle ont rendu sa tâche impossible car sa voix était devenue « inaudible ». Donc, la nécessité s'est imposée de s'en séparer.

Pour sa part, hier soi, Nicolas Sarkozy, président de la République, n'a pas expliqué les choses exactement de la même façon. Il a semblé dire que devant l'emballement général de la planète, il fallait nommer aux postes essentiels des responsables aguerris, ce qui suggérait que Michèle Alliot-marie n'était pas à la hauteur de la situation. Et qu'il avait donc fallu se séparer d'elle à regrets, évidemment, beaucoup de regrets. Qui dira jamais le sentimentalisme de la scène politique?

Au vrai, aucune de ces versions qui ne se contredisent pas davantage qu'elles ne s'accordent ne sont satisfaisantes. Pour y retrouver ces petits ce matin, il faut écrire des choses simples, et utiles, si possible.

Michèle Alliot-Marie a commis une faute morale. Pas légale, mais morale. Laquelle? Ministre de la République, titulaire d'un portefeuille régalien, voix et visage de la France dans ses fonctions, elle a accepté, lors de ses vacances tunisiennes, d'être promenée dans le jet privé d'un homme d'affaires, au prix potentiel de son indépendance et de la défense des intérêts de son pays, jet privé appartenant par surcroit à une personne en relation d'affaires avec ses parents à elle, ministre de la République, parents eux mêmes présents lors de ce déplacement.

Rien que cela est terrible. Le sentiment de confusion de la vie publique et des intérêts privées, confusions d'intérêts privées servis par des relations publiques, le tout mélangé dans un cocktail nauséabond, suffit à priver le titulaire d'une charge publique de toute autorité. Ajoutons à cela le fait que les vacances de Michèle Alliot-Marie se sont déroulées en Tunisie alors même que le pouvoir de ce pays réprimait dans le sang les premières marques de contestation de sa population. Complétons enfin le tableau par des déclarations maladroites, mais plus probablement ambiguës, de la ministre à l'Assemblée nationale, le 11 janvier, qui ont ancré le sentiment d'une défense du régime tunisien plutôt que d'une contestation de ses pratiques.

Au total, à quoi ressemble la situation? A un immense et consternant manquement d'un responsable public dans l'exercice de ces fonctions. A une faute morale réelle et caractérisée au regard des obligations incombant à un ministre de la République française.

La démission de Michèle Alliot-Marie était dès lors inévitable. Elle ne pouvait plus représenter la République. C'est aussi simple que cela. Et il faut regretter fortement que ni le président de la République, ni le premier ministre, n'aient justifié ainsi leur décision.

La République française est démunie depuis longtemps de repères moraux. Seules, des attitudes précises permettent de repérer les bornes de l'acceptable et de l'inacceptable. L'occasion aurait pu être saisie de poser ces repères. Elle ne l'a pas été. Ceci, évidemment, est très dommageable.

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Michèle Alliot-Marie n'est plus ministre des Affaires étrangères. Pour quelles raisons? En fait, plusieurs explications cohabitent.
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2011-02-28 10:15:00