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La dette? La dette... et bonne rentrée 22/08

Mais que s’est-il donc passé cet été ? La pluie en août ? Non, on s’en fout. Ce qui s’est passé cet été, c’est que, soudain, tout le monde s’est mis à parler de la dette au point qu’aujourd’hui, on ne parle plus que de la dette, et de Kadhafi aussi un peu, c’est vrai, et de DSK aussi un peu, c’est vrai, mais la dette, qu’est-ce qu’on nous bassine avec la dette. Du coup, quelques rappels, mises au point ou réflexions s’imposent ce matin. Au fait, les vacances ont été bonnes ?

Premièrement, le seul fait que la dette se soit imposée signale une défaite dommageable pour l’espèce humaine de la pensée Schneidermann-Cohen. Quelle tristesse. Cette pensée, puissamment pensée et vigoureusement exprimée, nous enseignait que la dette était une invention libérale. Et comme remède, elle prônait la disparition des agences de notation qui n’émettent, que des « prophéties auto réalisatrices », un concept flou mais imposant que quand on vous l’oppose, il en impose au point que vous n’avez plus qu’à la boucler.

Tout ceci a volé en éclat le temps d’un été. La pensée Schneidermann-Cohen est à ramasser à la petite cuillère. Dissoute. Fracassée. Pulvérisée. Désormais, la dette est devenue le problème number one, number two et number three. Personnellement, je suis très triste de la disparition de cette pensée qui nous rattachait au néolithique de l’ère tertiaire, mais bon, le sort des dinosaures est bien de mourir un jour, fût-ce un jour pluvieux d’août.

Les agences de notation, parlons-en. Ce sont les grands méchants de l’histoire. Personne ne les aime. Dire et écrire que peut-être un Etat endetté jusqu’à l’os et jusqu’au cou ne pourra pas rembourser ces dettes est d’une part impoli, d’autre part vulgaire, enfin grossier. Et puis, dire cela ne change rien, au contraire, cela aggrave tout. Le mieux, c’est donc de ne rien dire. Et le mieux du mieux serait de supprimer les agences de notation.

Ce type de raisonnement vaut aussi pour le journalisme. On vit toujours mieux sans les empêcheurs de s’endetter en rond, de truquer les marchés en rond, de bourrer les urnes en rond, de faire cuire sa petite soupe sur son petit feu en rond. Supprimer ce qui dérange, un idéal pour l’humanité.

La dette, la dette. Depuis que le débat s’est imposé, c’est le concours Lépine des solutions. Taxer les riches ? Très bonne idée. Recette escomptée : 300 millions d’euros en France om le déficit est de 90 milliards d’euros. Voilà une réponse à la hauteur du problème.

Autre piste : raboter les niches fiscales. Le sésame. Qui aime les niches fiscales ? Personne. Pourtant, c’est utile les niches fiscales. Imaginez-vous qu’il est impossible de faire de la politique, de décider d’une politique, d’imaginer même une politique sans niches fiscales. Parce que la niche fiscale n’est jamais qu’une dérogation à la fiscalité générale et que cette dérogation a pour but, conséquence, objet, d’orienter la consommation, de diriger des investissements, de soutenir des secteurs économiques, tout ce que la puissance publique, le pouvoir politique, identifient, à tort ou à raison, comme nécessaire à la collectivité, souhaitable à l’humanité, positif pour la modernisation. La niche fiscale, c’est l’oxygène de la politique. Alors faire haro sur les niches fiscales, utiliser le terme de manière générique en le teintant des notions de privilèges et d’injustice, c’est assez bête, pour ne pas dire plus.

Dernières pistes évoquées : augmenter la TVA, les impôts, bref tout ce qui peut être augmenté. Soit. Mais pourquoi n’entend-on jamais les responsables politiques, peu incités à cela il est vrai pas les journalistes, parler des dépenses publiques. Sont-elles toutes justifiées ? Toutes efficaces ? Toutes nécessaires ? Est-on certain que chaque euro des soixante milliards consacrés à l’éducation soit dépensé efficacement ? Est-on sûr qu’il faut autant de policiers que nous en possédons pour garantir la sécurité publique ? Est-on convaincu par l’organisation administrative centrale ? N’y-a-t-il rien à changer ? Rien à améliorer ? Ne peut-on pas simplifier la machine administrative ? L’alléger ? Et que dire des collectivités locales où, selon le best seller d’une employée du conseil régional d’Aquitaine, on passe plus de temps à faire semblant d’être occupé qu’à l’être vraiment ?

Pour la dette, les recettes soit, mais quid des dépenses ? N’est-ce pas un débat juste et nécessaire ? Une interrogation utile ? Il me plairait bien que la pensée Schneidermann-Cohen, avec son sens des nuances, se penchât sur le problème. Ce serait pour elle un ressourcement utile, et pour nous très bénéfique. 

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La dette? La dette... et bonne rentrée 22/08
La dette? La dette... et bonne rentrée 22/08
Mais que s’est-il donc passé cet été ? La pluie en août ? Non, on s’en fout. Ce qui s’est passé cet été, c’est que, soudain, tout le monde s’est mis à parler de la dette au point qu’aujourd’hui, on ne parle plus que de la dette, et de Kadhafi aussi un peu, c’est vrai, et de DSK aussi un peu, c’est vrai, mais la dette, qu’est-ce qu’on nous bassine avec la dette. Du coup, quelques rappels, mises au point ou réflexions s’imposent ce matin. Au fait, les vacances ont été bonnes ?
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2011-08-22 10:27:00