1 min de lecture Information

Itv Dominique Strauss-Kahn 19/06


Par1374320.jpgC'est une information que Dominique Strauss-Kahn, réélu dimanche député du Val d'Oise, invité de RTL, ce matin, à 7h50, a lâché au détour d'une phrase, lors du petit déjeuner qui a suivi son interview.

La discussion portait sur le parti socialiste et la nécessité, selon lui, d'en renouveler les idées, les pratiques et les dirigeants. "D'ailleurs, dit-il, je vais donner l'exemple." Ah bon, reprend quelqu'un autour de la table. "Oui, enchaine Dominique Strauss-Kahn, je vais démissionner prochainement du bureau national du PS." Pourquoi? "Parce que passer deux heures pour savoir où on va mettre la virgule sur un communiqué que personne ne lira ne m'amuse plus. J'ai fait cela pendant des années. Il vaut mieux laisser la place à des jeunes responsables qui pourront ainsi acquérir une expérience politique et se préparer à représenter le PS de demain." A quel moment se retirera-t-il de l'organe de direction du parti socialiste, lui a demandé d'un des journalistes présents à ce petit-déjeuner? "A la rentrée", a indiqué DSK qui a explicitement accepté que ce bout de dialogue figure sur ce blog.

Si cet échange a un intérêt à être reproduit ici, c'est parce qu'il révèle l'état de fragilité, aujourd'hui, de la famille socialiste. Cette communauté politique est composée de femmes et d'hommes qui cumulent des expériences politiques de haut niveau avec une importante capacité d'expertise des problèmes de la société française. La difficulté, justement, c'est le partage de ces richesses potentielles. Le parti socialiste est un appareil qui ne fonctionne plus, une communauté improductive, où les individualités se juxtaposent sans s'enrichir les unes les autres. Dans ces conditions, on peut le comprendre, la nécessité de participer au travail collectif dans les organes de direction devient moins impérieuse, presqu'inutile.
Voilà déjà longtemps, si ce n'est tout le temps, que Ségolène Royal boude les Bureaux et Secrétariat nationaux. Dominique Strauss-Kahn, donc, l'imitera bientôt.

Samedi, devant le Conseil national du parti socialiste, François Hollande fera des propositions afin que soit mise en scène une possible rénovation du parti socialiste. Les recettes sont connues: des colloques et des tables rondes où chacun peut s'exprimer sur tel ou tel sujet, avant que ne soit faite une synthèse politique des propos des uns et des autres, synthèse politique signifiant souvent la recherche d'un point d'équilibre qui ne fâche personne et ne tranche sur rien.
La proposition du premier secrétaire du PS se fera sans doute dans une forme d'indifférence. Peut-être parce que chacun sent bien que ce n'est pas ainsi que le parti socialiste peut se rénover et retrouver, par hypothèse, la confiance d'un nombre suffisant d'électeurs afin qu'il puisse, après trois échecs successifs, envisager enfin de remporter à nouveau la grande élection dont tout découle.

Comment expliquer la panne de la machine socialiste? On privilégie souvent le conflit de personnes, qui ne serait que la conséquence des effets néfastes de la personnalisation qu'entrainerait l'élection présidentielle, ce qui explique les projets multiples et incessants, dans ce parti, de réforme institutionnelle.
Le problème, pourtant, paraît être ailleurs, et d'une nature différente. Les socialistes vivent depuis vingt-cinq ans sur une relation à la réalité qui paraît très discutable. Quand ils sont dans l'opposition, leurs discours et leurs propositions sont souvent incantatoires, marqués par ce verbe qui donne à la gauche le sentiment qu'elle demeure fidèle à ses racines révolutionnaires. Quant elle est au pouvoir en revanche, la gauche est pragmatique. C'est Jean-Claude Gayssot, ministre communiste, qui a privatisé Air France, devenu aujourd'hui l'un des poids lourd de l'aviation mondiale privée.

Tant qu'elle vivra avec ces paradoxes qui sont des contradictions, la gauche française aura beaucoup de difficulté à fabriquer de la confiance. Pour réfléchir et surmonter ces problèmes, Dominique Strauss-Kahn juge qu'il n'est pas nécessaire de continuer à siéger au Bureau national du parti socialiste. Il est difficile de lui donner tort.


Photo AFP

Lire la suite
Information
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants