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Dans la campagne, l'agressivité pour masquer la réalité 13/04

A neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle. Qu’en dire ?



En faire l’aveu me trouble, mais je ne sais pas exactement quoi écrire sur la campagne qui se déroule et dont la première étape s’achève. Disons, pour tenter de cerner au plus juste un état d’esprit, qu’elle n’est pas inspirante. Mais pourquoi ne l’est-elle pas ?

D’une certaine façon, c’est la confusion des sentiments qui obstrue mon esprit. La période, me semble-t-il, est lourde de périls. Ceux que l’on perçoit et dont on parle, un peu, peu ou mal. Ces périls sont de nature économiques, financiers, politiques. Et ceux que l’on ne perçoit pas, puisque nous n’en parlons pas.

L’évocation des premiers se fait uniquement sur un registre agressif. Le sentiment domine de vouloir pendre les banquiers, les financiers, les bourgeois, les riches, les patrons, les salauds, les Allemands, plus quelques journalistes pour faire bonne mesure, et cette violence-là me trouble, me gêne, m’indispose.

Au plus profond de moi, je sais que les difficultés que nous connaissons sont le produit de nos errements pendant trente ans, de l’incapacité des dirigeants passés à mettre de l’ordre dans notre Etat, dans nos finances. Le possessif, ici, nous engage car nous avons été collectivement incapables d’exiger de nos dirigeants ce sérieux et cette rigueur dont nous payons chèrement l’absence aujourd’hui. Et nous sommes incapables, me semble-t-il de susciter, ou de provoquer, un débat qui retranscrive correctement cette responsabilité à la fois collective et continue.

Je ne pourrais mieux dire, au fond, que cette campagne ne sert pas à grand-chose. Elle ne nous aide pas à y voir clair, ni dans le passé que nous avons en commun, ni dans le futur que nous essayons de construire. Nous manquons de lucidité, et nous en manquons à un point que l’on peut qualifier d’inquiétant.

Il existe aussi des périls plus lointains, sur lesquels certains des nôtres nous alertent, mais en vain. Ces périls-là sont climatiques, énergétiques, écologiques. Ils sont essentiels, vitaux. Et nous les négligeons d’une manière que nos descendants qualifieront probablement d’extravagante.

Il ne s’agit pas ici de pointer la déficience de la candidate dévouée à l’écologie. Cela seul serait un soulagement. L’absence de ces thèmes dans le débat indique plutôt la perte de sens et de repères d’une collectivité qui avance avec une épaisse angoisse vers son futur.

Les conclusions que pourraient tirer certains lecteurs, s’il y en a, de ces lignes, perdraient à être hâtives. Mon regard sur la campagne n’est ni triste, ni désespéré. Il est plutôt étonné que les grandes choses n’y prennent pas une grande place. Et inquiet aussi, car la réalité refoulée et niée ressurgit tout le temps au pire des moments, et la douleur qu’elle provoque en est démultipliée. Fasciné enfin, car c’est ainsi que les femmes et les hommes avancent dans les temps qui sont les leurs, avec les tâtonnements et les aveuglements propres à chaque époque.

Une campagne électorale représente, pour un peuple, une heure de vérité. Disons que, pour l’instant, nous nous situons assez loin de la vérité.

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A neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle. Qu’en dire ?
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2012-04-13 10:21:00