1 min de lecture Information

"D'où parles-tu, camarade?" 16/03


Je viens de quitter le journal de France 2, présenté par Laurent Delahousse. En ouverture de cette édition, une longue séquence consacrée aux élections municipales, dont le second tour se déroule aujourd'hui. Et pour analyser cette échéance politique, la chaine de service public avait convié Pierre Giacometti, politologue de talent, commentateur depuis longtemps des soirées électorales sur France 2.


diversites066.jpgCe midi, la première question du présentateur a porté sur l'évolution personnelle de Nicolas Sarkozy, cette "présidentialisation" de l'élu de l'Elysée que l'on nous annonce et nous promet. Et en écoutant Pierre Gicometti répondre, avec talent et mesure comme son habitude, je me suis souvenu d'un article, paru dans la magazine Le Point, juste après l'élection présidentielle de l'année dernière. En tapant "Giacometti Sarkozy" sur Google, je l'ai retrouvé facilement. Il est daté du 17 mai 2007 et sous le titre: "Pierre Giacometti, l'homme clé de la victoire", l'hebdomadaire dirigé par Franz-Olivier Giesbert écrivait ceci:

"Dans l'ombre, le président d'Ipsos-France a été l'un des hommes clés de la victoire de Nicolas Sarkozy. Quand il s'est installé Place Beauvau en 2002, le ministre de l'Intérieur lui a demandé de suivre pour lui l'état de la France. Pierre Giacometti n'y a mis qu'une condition : la confidentialité absolue. Elle a été respectée jusqu'au bout.

A travers les enquêtes d'opinion, Pierre Giacometti a livré une expertise régulière qui a conforté le candidat de l'UMP dans son intuition que l'alternance était possible à droite, dans une France qui se radicalisait, à condition qu'il incarnât la rupture."



Depuis l'élection présidentielle, Pierre Giacometti a quitté la présidence d'Ipsos et créé sa propre entreprise de conseils. Parmi ses clients, figure toujours, selon un article publié par le journal Le Monde, le 15 janvier 2008, Nicolas Sarkozy devenu président de la République.

Ainsi donc, nous voilà donc aujourd'hui, télespectateurs de France 2, écoutant un politologue, sans aucun doute parmi les plus brillants en France, en train de parler de son client, de sa stratégie, et de son avenir, sans qu'à aucun moment la chaîne de télévision qui le reçoit sur son plateau n'indique à ceux qui la regarde que, justement, c'est de son client que parle le politologue.
Certes, on pourra dire que pour une fois, en voilà un qui sait de quoi il parle. Mais on pourra dire aussi que l'information du télespectateur est incomplète si n'est pas précisée la relation particulière qui unit le politlogue et celui qui est l'objet de son commentaire.

En 1968, il y a donc quarante ans, une interpellation fréquente surgissait dans les débats. "D'où parles-tu camarade?", demandait-on à l'illustre inconnu qui prenait la parole. Voilà la question à laquelle, modestement, a voulu répondre le blog, ce jour de second tour des élections municipales 2008.

Lire la suite
Information
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7771228064
"D'où parles-tu, camarade?" 16/03
"D'où parles-tu, camarade?" 16/03
https://www.rtl.fr/actu/politique/aphatie-d-ou-parles-tu-camarade-16-03-7771228064
2008-03-16 12:51:53