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"Alstom, une bataille présidentielle", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - À huit mois du scrutin, ce dossier vient envenimer la campagne électorale. Il y a pourtant eu des précédents.

Une manifestation des employés d'Alstom
Une manifestation des employés d'Alstom
Crédit : SIPA
Alba Ventura : "Alstom, une bataille présidentielle"
03:05
"Alstom, une bataille présidentielle", décrypte Alba Ventura
03:07
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura
Animateur

À huit mois de la présidentielle, le dossier Alstom s'invite dans la campagne. François Hollande a mis la pression sur le groupe industriel. Lundi 12 novembre, le Président a fixé comme objectif le maintien des activités ferroviaires en disant vouloir "apporter des commandes" au groupe. Ce qui se passe avec Alstom, c'est malheureusement une scène que l'on connait bien. Une grande entreprise annonce une délocalisation ou bien une fermeture d'usine ou des suppressions massives d'emplois. Et tout d'un coup le politique décrète qu'il va agir. Des psychodrames comme ça, il y en a eu.

Cela s'est produit avec Dominique de Villepin pour Hewlett-Packard. Cela s'est produit avec Nicolas Sarkozy pour Gandrange. Cela s'est produit avec François Hollande pour Florange. Et cela se reproduit pour François Hollande avec Alstom. Inutile de faire semblant de découvrir le pot aux roses. Quand on détient 20% du capital, on ne peut pas ignorer la situation d'une entreprise. D'ailleurs Arnaud Montebourg l'a dit : "On avait des rapports, on ne les a pas lus".

Donc soit ils savaient, et il y a une forme de malhonnêteté ; soit ils ne savaient pas, et c'est de l'incompétence. Le problème c'est qu'avec 20% de participation, même informé des difficultés, on est minoritaire et pas décisionnaire.

Soit ils savaient, et il y a une forme de malhonnêteté ; soit ils ne savaient pas, et c'est de l'incompétence

Alba Ventura

Cela veut dire, comme disait Lionel Jospin, que "l'État ne peut pas tout". L'État peut faire certaines choses. Mais face à la dégradation d'une entreprise, il ne peut pas tout. L'État peut à certains moments injecter de l'argent. C'est ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy en 2004 pour sauver Alstom. Mais injecter de l'argent, dans la limite de ses moyens, dont on sait qu'ils sont limités.

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L'État peut aussi faire pression. Mais quand une entreprise a décidé de fermer un site, l'État ne peut qu'accompagner. Malheureusement, on ne maintient pas artificiellement des emplois parce qu'à un moment la chute est plus dure. C'est Laurent Fabius qui disait : "L'État peut réguler". "Réguler" mais pas plus. Parce qu'à chaque fois, c'est l'économie qui donne le "la", et pas le politique.

Le dossier Alstom vient envenimer le débat présidentiel. La droite en profite, Nicolas Sarkozy en tête. C'est le jeu. Le pompon c'est lorsque à gauche, ils en profitent pour régler leurs comptes en ciblant Emmanuel Macron. Sans doute l'ancien ministre de l'Économie était-il au courant, mais un dossier aussi lourd qu'Alstom n'était pas qu'enfermé dans les murs de Bercy. Emmanuel Macron n'est pas plus responsable que les autres. Pas plus responsable que Manuel Valls et, bien sûr, François Hollande. Le Président qui n'a d'autres choix que de faire mine de jouer du rapport de force, pour mieux habiller son impuissance.

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