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Aller-retour de Valls à Berlin : "Les avions, c'est maudit dans la politique française", rappelle Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Manifestement, la passion du foot du Premier ministre lui a fait oublier quelques règles de base du bon comportement en politique.

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Aller-retour de Valls à Berlin : "Les avions, c'est maudit dans la politique française", rappelle Alba Ventura Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

La polémique autour de l'aller-retour de Manuel Valls à Berlin, pour la finale de la Ligue des champions entre le FC Barcelone et la Juventus Turin, n'en finit pas. Même le président de la République a dû s'exprimer lundi 8 juin. François Hollande a d'ailleurs soutenu son premier ministre.

Ce n'est pas une affaire d'État. Mais enfin il faut reconnaître que ce n'est pas très adroit. Que le chef du gouvernement, supporter du Barça, aille voir le match, ce n'est pas choquant. Il dit qu'il travaille beaucoup et qu'il s'est accordé un moment de détente. Très bien. De même qu'il a le droit d'aller à Roland-Garros, voir la finale de tennis.

Voyage "institutionnel et officiel" ?

Le plus surprenant, c'est qu'il soit maladroit au point de ne pas voir que ça va lui retomber sur le bec. Que l'argument selon lequel il travaille dur et qu'il faut lui lâcher les baskets, ça ne passe pas, c'est trop court. On le sait, il le sait, les avions c'est maudit dans la politique française. Les avions, on ne les prend que dans le cadre du boulot.

Matignon a fait savoir que Manuel Valls avait une réunion avec Michel Platini. Là, on se fout du monde ! D'abord parce que le président de l'UEFA sera dans le bureau de François Hollande mercredi, pour discuter notamment de l'Euro prévu l'an prochain en France. Le Premier ministre aurait pu le voir à ce moment-là.

Les avions, on ne les prend que dans le cadre du boulot

Alba Ventura
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Par ailleurs, connaissant bien Manuel Valls, s'il s'agissait d'aller à Berlin pour apporter son soutien à Michel Platini dans le cadre, cette fois, de la présidence de la FIFA suite à la démission de Sepp Blatter, il l'aurait fait savoir avant.

Matignon expliquait lundi qu'il s'agissait d'un voyage "institutionnel et officiel". Ah bon ? Connaissant Manuel Valls, toujours très cadré dans son organisation et sa communication, aurait fait un communiqué si c'était tellement "institutionnel et officiel". Il s'en est bien gardé parce que ce n'était pas le cas. Le Premier ministre s'est fait prendre. Pourtant, ce n'est pas son genre.

Il a cru qu'il était autorisé à prendre un Falcon de la République pour aller soutenir son club préféré. Mais ni son statut d'homme fort du gouvernement, ni ses bons sondages, n'autorise cela. Si c'est un moment de détente, ce n'est pas à nous de payer. Si c'est pour soutenir Michel Platini , on le dit, on n'invente pas.

Un signal négatif envoyé aux Français

Manuel Valls n'entend pas ces critiques. Il ne voit pas pourquoi on lui cherche des poux dans la tête. Il a même dit lundi soir : "Parfois en France, être passionné ça gêne". Vous voyez bien qu'il ne voit pas le problème. Il ne peut plus reconnaître son faux-pas, parce que le président de la République lui-même a dit qu'il était dans son bon droit.

Il se sont enferrés, ils se sont enfermés, et ils ont envoyé un signe négatif aux Français : le pouvoir isole et neutralise parfois ceux qui ont du flair politique.

Manuel Valls, en ne voulant pas comprendre, a tort

Alba Ventura
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Encore une fois, il ne s'agit pas d'une affaire d'État. Il est vrai par ailleurs qu'un voyage du Premier ministre en avion privé coûte plus cher qu'en Falcon de la République. Il est vrai aussi que Manuel Valls n'est pas coutumier du fait.

Mais Manuel Valls, en ne voulant pas comprendre, a tort. C'est sa qualité et son défaut d'être obstiné. C'est ce qui fait qu'il est premier ministre aujourd'hui, qu'il tient tête aux "frondeurs". Mais c'est aussi ce qui fait qu'il a manqué une occasion de reconnaître qu'il aurait pu être plus malin. Savoir reconnaître ses erreurs, c'est une qualité.

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