3 min de lecture Jean-Marc Ayrault

Alba Ventura : "Manuel Valls n'a jamais dit qu'il ferait autre chose que Jean-Marc Ayrault"

CHRONIQUE - Manuel Valls a réussi son grand oral devant l'Assemblée nationale. Il y a avait ce qu'il fallait d'énergie, d'émotion et d'annonces. Mais après l'oral, il y a l'écrit.

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Valls n'a jamais dit qu'il ferait autre chose que Ayrault Crédit Image : AFP / Patrick Kovarik | Crédit Média : Alba Ventura | Durée : | Date :
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

Manuel Valls a passé mardi 8 avril l'épreuve du discours de politique générale devant l'Assemblée nationale. On en retient des mesures pour le pouvoir d'achat, sur le coût du travail et une refonte de l'organisation territoriale de la France.

Plus court et plus précis que Ayrault

Sur la forme, c'était un discours politique impeccable. Il a parlé 48 minutes : c'est deux fois plus court que Jean- marc Ayrault. Mais il a aussi été plus précis. En même temps, il a un avantage sur son prédécesseur : entre-temps, François Hollande a indiqué où il voulait aller.

C'était un discours parfaitement ciselé, avec les mots qu'il fallait, et des mesures (mais pas trop de détails). Un discours de politique générale, c'est difficile. Il y a toujours la tentation de donner des gages à sa majorité, d'envoyer un message à Bruxelles, aux entreprises, et de répondre aux Français.

Il y a aussi ce que l'on renvoie : le comportement, le verbe, les gestes. On imprime ou on n'imprime pas. Manuel Valls a fait du Valls, comme le lui a conseillé François Hollande. C'était tonique, ambitieux. Le chef du gouvernement a des projets jusqu'en 2021. Voyez s'il voit loin.

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Il a dit qu'il était socialiste. Il l'a dit une fois, pas deux. Juste ce qu'il faut. Il a promis de "dire la vérité". Cela n'est jamais très sympa pour ses prédécesseurs. Mais le "discours de vérité", il parait que les Français aiment bien ça. 

Manuel Valls a même réussi le final de son feu d'artifice, avec cette émotion - jouée ou pas - quand il évoque "la grandeur de la France", la France de Valmy, de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle. Le Premier ministre, d'origine espagnole, a rappelé son choix de "devenir Français". Il y avait quelque chose "du petit Français de sang mêlé". Cela rappelle le Nicolas Sarkozy de 2007.

Il faudra plus qu'un discours

Certains disent qu'il n'a fait qu'habiller une politique qu'il n'a pas décidé. Ils ont raison. Manuel Valls n'a jamais dit qu'il ferait autre chose que Jean-Marc Ayrault. Il a dit qu'il ferait plus vite, plus fort, plus efficace. C'est le style qui a changé, tout comme le débit et le phrasé. 

En politique, la manière dont vous dites les choses (la "musique") est tout aussi importante que ce que vous dites. Vous pouvez dire des choses sincères sans qu'on vous croit. C'était devenu le problème de Jean-Marc Ayrault.

On peut parier que la mise en oeuvre des mesures sera plus rapide, plus forte. Mais les orientations ont été données. Le cap, c'est bien François Hollande qui l'a fixé. 

Si Manuel Valls a levé quatre mois d’ambiguïté du Président sur le "Pacte de responsabilité", cela ne résout aucun problème. D'autant qu'il ne s'est pas beaucoup mouillé sur les 50 milliards d'euros d'économie, sur la transition énergétique ou encore sur le nucléaire.

Il faudra plus qu'un discours pour faire avaler le ras-le-bol fiscal et acheter ses promesses de baisses d'impôts.

La marque Valls : l'autorité

La marque de Manuel Valls, c'est l'autorité. Ce qu'il va chercher là, c'est le marqueur courage. Cela, c'est le cachet "ministre de l'Intérieur". C'est pour cela, d'ailleurs, que la nouveauté -  ce qu'il a annoncé de plus fort -, c'est la réforme territoriale : les régions et les départements. Ce sont des dossiers qu'il connait par cœur. Il faut du courage pour s'y attaquer. 

La marque Valls, c'est aussi la République, l'identité, le patriotisme. Il y avait de la "Marseillaise" dans son discours. Le Premier ministre veut vaincre le signe indien de la politique. Nicolas Sarkozy disait : "On n'est pas impuissant". Manuel Valls n'a pas dit autre chose mardi, quand il affirme qu'il faut redonner du crédit à la parole publique, "devenue une langue morte". Aveu terrible.

Voilà pour les mots. Maintenant il faut agir. Ça, c'est une autre histoire. 

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