3 min de lecture Manuel Valls

Alba Ventura : "Plus Hollande cherche à faire la synthèse, plus Valls fait le constat d'un divorce"

REPLAY - François Hollande a remis à Manuel Valls les insignes de Grand-Croix de l'Ordre national du mérite. Le président en a profité pour adresser quelques remarques à son Premier ministre.

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Alba Ventura : "Plus Hollande cherche à faire la synthèse, plus Valls fait le constat d'un divorce" Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

C'est un drôle de discours qu'a prononcé hier le président en hommage à Manuel Valls. Il l'a dit très aimablement, sur un ton patelin, comme on savait si bien le faire dans les banquets de la IIIe République où sous couvert de fausse courtoisie, on s'envoyait quand même quelques marrons à la figure.

Le président commence son discours en disant : "Manuel Valls, vous avez veillé d'abord à respecter les engagements que j'avais pris devant les Français et c'est ce que j'attends d'un Premier ministre". En langage plus direct, ça donne : "Je décide, il exécute".

Ensuite, François Hollande a rappelé à Manuel Valls que le pacte de responsabilité et les économies, c'était Jean-Marc Ayrault qui les avaient engagés. Sous-entendu : "Vous pouvez dire merci à votre héritage !". 

Et puis le bouquet final a été quand François Hollande a évoqué Clemenceau, figure de référence de Manuel Valls : "Un personnage controversé, parce que vous aimez la controverse (...) même s'il faut aussi des hommes de synthèse dans la République (...) Clemenceau qui n'est pas devenu président de la République (...) mais on peut aussi réussir son existence sans être président de la République."

Taper sur Manuel Valls, c'est se faire bien voir à gauche

Alba Ventura
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Attention, ce n'est pas un président en colère qui a décidé de tancer devant tout le monde son Premier ministre. C'est plus compliqué que ça. Même si dans le message de François Hollande il y a clairement : "Moi c'est moi, lui c'est lui."

Et puis aussi, il ne faut pas négliger que taper sur Manuel Valls, c'est se faire bien voir à gauche. Il le fait d'ailleurs à un moment où l'ambiance est à nouveau très tendue.

Ce mercredi matin des anciens ministres et des ministres se sont invectivés par médias interposés. Benoît Hamon, qui a quitté le gouvernement il y a deux mois à peine, a déclaré que "la politique du gouvernement menace la République". Il faudrait quand même rappeler à Monsieur Hamon que le budget est scellé depuis le mois de juillet et qu'à cette époque il était ministre de l'Éducation et qu'il n'a rien dit. Et Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, lui a répondu "qu'il n'a qu'à quitter le PS". On perd ses nerfs à gauche.

Et aussi, lors du vote sur le budget mardi, 39 abstentions chez les frondeurs soit 10 de plus que lors du vote de confiance au Premier ministre.

Manuel Valls a décidé de continuer à monter le ton

Alba Ventura
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Tout ça vaut bien quelques piques à Manuel Valls, histoire d'envoyer quelques signaux à la gauche. C'est ça aussi la synthèse.

Je ne vois toutefois pas comment cela peut durer. On voit bien que Manuel Valls a décidé de continuer à monter le ton. Dans l'interview qu'il a donné au L'Obs qui sort ce jeudi, il ne se gène pas pour envoyer "valdinguer" cette gauche passéiste, ce parti socialiste qu'il aimerait rebâtir de fond en combles. Et pourquoi pas changer le nom de ce parti que François Hollande a dirigé pendant 11 ans.

Plus François Hollande cherche à faire la synthèse, plus Manuel Valls fait le constat d'un divorce avec cette gauche-là. Et la fracture est telle que le Premier ministre n'exclut pas lors du vote du budget de brandir le fameux  49.3, la procédure qui permet de faire adopter un texte sans vote.

La stratégie de Manuel Valls est d'aller jusqu'au mur, celui qui empêche d'avancer, qui montre que la route est bloquée. On n'en est pas très loin du mur !

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