1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Alba Ventura : "Le nouveau François Hollande"
3 min de lecture

Alba Ventura : "Le nouveau François Hollande"

REPLAY / ÉDITO - François Hollande a affirmé avoir "changé" après les attentats de janvier. Lors de sa conférence de presse, l'image du Président avec sa boîte à outils s'est estompée.

Alba Ventura
Alba Ventura
Crédit : Alba Ventura
Alba Ventura : "Le nouveau François Hollande"
03:19
Alba Ventura : "Le nouveau François Hollande"
03:22
L'invité de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura

Jeudi 5 février, au cours de sa conférence de presse, le président de la République a dit que les attentats parisiens du mois dernier et la manifestation du 11 janvier l'avaient "forcément changé". Le "Hollande nouveau" est-il arrivé ?

Notons d'abord que le "j'ai changé" est un grand classique de la vie politique. C'est "facho Chirac" qui devient le Chirac de la "fracture sociale". C'est Nicolas Sarkozy qui nous dit : "J'ai changé", alors qu'en fait c'est le même.
Sauf que là, évidemment, le "j'ai changé" ce n'est pas une question de cravate de travers. Le "j'ai changé" de François Hollande correspond à un moment d'effroi. Dans ses mots, on entend que François Hollande a été bousculé et secoué par les attentats de Charlie Hebdo, où il s'est rendu, et par l'attaque trois jours plus tard de l'hypermarché casher à la porte de Vincennes.

Un Hollande très jupitérien

Jeudi dans sa position, il y avait une forme de gravité sur l'exposé de la situation internationale. Il y avait de la justesse et du courage. Cela montrait un François Hollande qui avait gagné en statut présidentiel.

Un François Hollande très jupitérien quand il aborde le délicat dossier ukrainien, quand il rappelle que la France est engagée au Mali depuis l'année dernière pour lutter contre le terrorisme.

À lire aussi

Pense-ton, à l'Élysée, que cela suffit à "faire président" ? Cela aide - François Hollande le sait parfaitement -, mais ce n'est pas suffisant. Il le reconnait d'ailleurs quand il redit que ce n'est pas la peine de se représenter en 2017 s'il n'a pas réussi à faire baisser le chômage.

On n'est plus dans le "Hollande le bricoleur", mais on n'est pas encore dans le "Hollande l'architecte"

Alba Ventura

Les Français ont vu qu'il était capable de se montrer "Président". Ce qu'ils lui demandent, c'est aussi d'être efficace. Ce n'est pas parce que le contexte économique a repris quelques couleurs, ce n'est pas parce que Manuel Valls espère que la croissance sera un peu au-dessus de 1% cette année, que la France va se mettre subitement à créer des emplois. C'est ça, l'efficacité. Les résultats dont on dit à l'Élysée qu'ils manquent cruellement.

En attendant, ce qui lui permet de se présidentialiser, c'est que, pour une fois, il s'est élevé au-dessus de son équipe gouvernementale. On disait toujours : "Ah là, on dirait un président du conseil général de Corrèze", ou "Là il est un secrétaire d'État au Budget".

Cette fois, sur le front intérieur, il s'est contenté d'énoncer des grands principes des lignes à conduire, pour ensuite juger de leur pertinence (on pense au "contrat civique", qui existe déjà, ou à l'Agence de développement économique).

Ça correspond à une répartition des rôles plus traditionnelle. On a un François Hollande qui préside et un Manuel Valls qui tient la "maison". Du coup, là aussi, le Président reprend de la hauteur.

Ne pas sombrer dans le triomphalisme

Sa remontée dans les sondages est d'abord due à l'effet 11 janvier, à la la stature, à la gravité et à l'incarnation de la République. C'est autre chose que de se débattre dans des histoires conjugales.

Sur un plan politique, avant les attentats, François Hollande était en frontal avec sa gauche. C'était Hollande face aux "frondeurs". Cet affrontement-là s'est estompé. Par ailleurs, il a perdu l'un de ses principaux opposants, Nicolas Sarkozy. D'une certaine manière, il bénéficie aussi du retour manqué de Nicolas Sarkozy, qui n'a pas la baraka en ce moment.

Cela dit, il ne faut pas sombrer dans le triomphalisme. Dans les tout derniers sondages de popularité et de confiance, François Hollande oscille entre 22 et 29%. Certes il a engrangé une petite dizaine de points, mais ça fait encore pas mal d'insatisfaits.

Disons qu'aux yeux des Français, on n'est plus dans le "Hollande le bricoleur", mais on n'est pas encore dans le "Hollande l'architecte".

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/