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Alba Ventura : "La perte du Sénat, une nouvelle gifle pour Hollande"

REPLAY - Le Sénat bascule à droite et penche même à l'extrême droite. Si le résultat du scrutin est logique, il constitue une sanction supplémentaire pour François Hollande.

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Alba Ventura : "La perte du Sénat, une nouvelle gifle pour Hollande" Crédit Image : Alba Ventura | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

La droite a retrouvé la majorité au Sénat en dépit d'une relative résistance de la gauche lors des élections sénatoriales de dimanche 28 septembre, qui ont envoyé pour la première fois deux élus du Front national au Palais du Luxembourg. Il ne manquait plus que cela à François Hollande ! C'est le séisme dans le séisme pour le chef de l'État, qui sera vu comme le premier Président à avoir fait entrer le FN dans la chambre haute.

Du côté de Marine Le Pen, cela confirme l'implantation locale de son parti. C'était ce qu'elle visait aux municipales, et qui prend aujourd'hui corps. Elle a su capter au-delà de son électorat, chez les grands électeurs (les élus des élus). Ce n'est pas ça qui va changer la face du Sénat, mais la portée symbolique est forte.

Défaites très symboliques

L'extrême droite au Sénat, c'est historique. Mais la grande victoire est évidemment pour la droite. Cette affaire-là était écrite. C'est la suite logique des élections perdues par la gauche, et notamment les municipales.

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Cela dit, même si c'était plié d'avance, et même s'il n'y a pas de vague bleue, la vérité c'est que c'est quand même une sanction supplémentaire pour François Hollande, pour ne pas dire une nouvelle gifle. Jacques Chirac disait : "Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille". En voilà une de plus qui traduit le ras-le-bol des élus de terrain et la défiance envers le président de la République.

Il suffit de regarder les défaites très symboliques. Balayé Jean-Pierre Combes, grand ami de Hollande, conseiller à l'Elysée, sénateur-maire de Tulle en Corrèze, le fief du Président. Perdu l'ancien siège de François Rebsamen, le ministre du Travail, en côte d'Or. Chassé le radical Jean-Michel Baylet, qui avait obtenu gain de cause sur la réforme des départements en échange de sa confiance à Manuel Valls. Cela en fait des têtes qui tombent dans l'entourage du chef de l'État.

Ça va être plus compliqué pour Hollande

On peut toujours se passer du Sénat, puisque c'est l'Assemblée qui a le dernier mot. C'est vrai. Sauf que ce qui était déjà compliqué va être encore plus compliqué. Certes François Hollande ne disposait pas d'une majorité absolue au Sénat, et il avait face à lui des sénateurs de gauche pas très dociles.

On avait un "vrai-faux" Sénat de gauche depuis l'élection de François Hollande, avec des communistes qui votaient main dans la main avec l'UMP. On avait des radicaux qui disaient "non" au non-cumul des mandats ou à la réforme territoriale. La plupart s'opposaient aux rythmes scolaires et à la baisse des dotations aux collectivités. On ne voyait pas bien ce que la haute assemblée de gauche apportait au pouvoir socialiste, franchement.

Mais là, ça va être encore plus difficile pour François Hollande. Déjà que sa majorité à l'Assemblée nationale n'est pas très "copine" avec lui, il va donc se retrouver avec une majorité de droite contre lui au Sénat, qui pourra bloquer et ralentir les procédures.

Imaginez un peu le tableau si les frondeurs du Palais-Bourbon venaient à renvoyer la balle aux sénateurs de droite du Palais du Luxembourg. On n'en est pas là, mais "bonjour" les votes sur les projets de budget de l'État ou de la Sécu. Inutile aussi de penser à réviser la Constitution comme l'espérait François Hollande : il ne trouvera pas les 3/5èmes des voix dans les deux chambres du Parlement.

Sans compter que ce n'est jamais une très bonne nouvelle pour la suite. Souvenez-vous que la perte du Sénat par la droite en 2011 avait été vue comme un signe précurseur de la victoire de la gauche à la présidentielle.

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2014-09-29 07:43:00
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