2 min de lecture Présidentielle 2017

Alain Juppé tacle l'idée des référendums de Nicolas Sarkozy

L'ex-chef d'État a promis, s'il est élu, de consulter les Français sur la question du regroupement familial et sur l'internement des fichés S "les plus dangereux".

Alain Juppé
Alain Juppé Crédit : SIPA
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot
et AFP

"Par le petit bout de la lorgnette". C'est ainsi qu'Alain Juppé a qualifié lundi la manière dont Nicolas Sarkozy aborder les sujets, alors que l'ex-chef de l'État a proposé vendredi d'organiser s'il est élu deux référendums sur la sécurité et l'immigration. Dans un billet, publié lundi sur son blog et intitulé "Du bon usage du référendum", Alain Juppé estime que "les questions posées, telles qu'elles sont envisagées aujourd'hui, ne sont pas à la hauteur des enjeux". "Je dirais même qu'elles abordent le problème par le petit bout de la lorgnette", ajoute-t-il. 

"Veut-on faire la courte échelle au Front national en focalisant tout sur le regroupement familial, les fichés S... voire le rétablissement du cumul des mandats?" s'interroge le maire de Bordeaux, estimant que faire des référendums au moment des élections législatives va "créer de la confusion dans les choix de nos concitoyens". "Les propositions qui se succèdent ces jours-ci ne me semblent pas s'inscrire dans cette belle idée" du référendum tel que le général de Gaulle l'envisageait, déplore l'ex-Premier ministre.

"Excessif" de suspendre le regroupement familial

Le regroupement familial, que Nicolas Sarkozy propose de suspendre et sur lequel l'ex-président veut consulter les Français, "concerne à peine plus de 10.000 personnes sur les 200.000 nouveaux arrivants sur notre sol", écrit Alain Juppé. "J'ai proposé de durcir les conditions de son application, mais il me semble qu'il serait excessif de le suspendre", redit le maire de Bordeaux.  

Concernant l'autre référendum récemment proposé par Nicolas Sarkozy sur les fichés S "les plus dangereux", Alain Juppé estime, et répète, que "pour les fichés S considérés comme potentiellement dangereux, la justice peut engager des poursuites; l'état d'urgence permet des placements en résidence surveillée; il ne faut pas exclure le placement en centres de rétention, à la condition qu'il se fasse avec intervention du juge judiciaire". Et de citer Montesquieu, un de ses auteurs fétiches: "Montesquieu écrivait que les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Il en est de même des référendums."  

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