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Alain Duhamel : "On vit pour longtemps dans une société de violence"

REPLAY - L'éditorialiste est revenu sur les violentes agressions contre les forces de l'ordre et la question des peines planchers.

L'Edito d'Alain Duhamel
Alain Duhamel : "La réponse, ce n'est pas les peines planchers"
Crédit Média : Alain Duhamel Crédit Image : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le débat autour des peines planchers refait surface. Le syndicat policier Alliance demande le rétablissement de ces peines minimales, suite aux violentes agressions de deux policiers lors d'une rixe à Champigny-sur-Marne. Si le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé "la plus grande sévérité" face aux coupables, il s'est pourtant opposé au retour des peines planchers.

Un choix commenté par l'éditorialiste politique Alain Duhamel. "C'est vrai que la réponse, ce n'est pas les peines planchers. On les a appliquées et les statistiques, malheureusement, sont restées au même niveau", estime Alain Duhamel, qui nuance leur efficacité : "On sait que cela ne s'applique qu'à des récidivistes et que les magistrats peuvent prendre des décisions individualisées". 

Symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les peines planchers auraient même une conséquence dangereuse selon l'éditorialiste : "Çà alimente des controverses et des incompréhensions perpétuelles entre les policiers et les magistrats", affirme-t-il. Selon Alain Duhamel, il faut avant tout aider les forces de l'ordre dans leur travail : "Les seules choses qui peuvent fonctionner, c'est de donner plus de moyens effectifs et matériels, de technologie et aussi d'assouplie certaines réglementations", poursuit Alain Duhamel. 

Le rôle de l'information continue et des réseaux sociaux

Comment expliquer une telle agressivité face aux agents ? "Ils incarnent l'ordre, l'autorité, l'Etat et la République. On a constaté que tous ceux qui incarnent d'une manière ou d'une autre la norme sociale (...) sont régulièrement agressés", constate Alain Duhamel qui prend les émeutes urbaines de 2005 comme point de départ.

 Ainsi, la violence envers les policiers serait principalement due à un "abîme creusé entre une partie des jeunes et ceux qui incarnent l'ordre". Mais pour Alain Duhamel, aucune politique n'arrive réellement à trouver de solutions concrètes. "On vit pour longtemps dans une société de violence, qui est hystérisée par l'information continue et les réseaux sociaux", conclut l'éditorialiste.

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