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Alain Duhamel décrypte la renonciation de Jean Sarkozy

C'est une grosse surprise : Jean Sarkozy a annoncé jeudi soir sur France 2 qu'il renonçait à briguer la présidence du Conseil d'Administration de l'EPAD. A-t-il raison ?

Alain Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Oui, Jean Sarkozy a raison. Il a vraiment raison. Il a même complètement raison. Et il était temps. Il était temps puisque c'est aujourd'hui que l'on vote pour désigner l'administrateur à l'EPAD. Il renonce à la présidence, il continue à être candidat pour être administrateur. Il a raison. D'abord c'est une question de fierté, puis cela lui permettra d'obtenir une certaine formation, une certaine expérience. Donc, en soi c'est plutôt bien, ça prouve que les écailles qu'il avait devant les yeux sont tombées.

Mais il ne faut pas exagérer. Ce n'est pas non plus une prouesse. Parce que, en même temps, quand on regarde le paysage tel qu'il se déployait depuis deux semaines, il est assez ahurissant et même assez inquiétant. La presse français était terrible. La presse internationale, les médias internationaux ricanaient ostensiblement. Ricanaient même de façon quelquefois assez déplaisante avec des comparaisons assez peu glorieuses. Les élus de la majorité s'agitaient, mais c'étaient surtout les Français qui étaient choqués, qui étaient même souvent ulcérés, qui avaient le sentiment d'assister à un symbole d'inégalité, à une preuve flagrante d'injustice. Tous ceux dont les enfants cherchent du travail pour la première fois ou qui connaissent quelqu'un qui cherche du travail pour la première fois étaient évidemment offusqués et c'était absolument normal.

Et puis, par-dessus le marché tout ça s'ajoutait à d'autres histoires. Ca s'ajoutait aux polémiques qui existaient à propos de Frédéric Mitterrand ou de Clearstream, ça s'ajoutait aux difficultés pour faire accepter les nouvelles taxes ou bien la réforme des collectivités locales. Ca s'ajoutait, aussi, au fait que la France est toujours en crise. Et ce qui est assez impressionnant et inquiétant, c'est que malgré tous ces facteurs objectifs qui existaient, on a eu le sentiment qu'il y a eu chez Jean Sarkozy mais aussi à l'Elysée, une sorte de perte de sens du réel et qu'il a quand même mis deux semaines à se dissiper.

Il est allé au bout du bout du bout, mais finalement il a décidé de renoncer. Pourquoi ?

D'abord, il a vraiment attendu jusqu'au dernier moment, jusqu'à la veille. On sait qu'il avait pensé à d'autres techniques : essayer de lâcher du lest, de faire un geste en direction des élus de l'opposition des Hauts-de-Seine, ou bien d'imaginer qu'on pouvait repousser certaines décisions concernant l'EPAD, etc. Et il l'a fait vraiment le couteau sur la gorge. Et quand il explique, encore hier soir, qu'il a été victime d'une campagne d'intoxication et de désinformation, ça prouve que soit il n'a pas tout compris, soit il ne veut pas tout comprendre.

Pourquoi il a reculé ? Il a reculé d'abord parce qu'il a le sens de ses responsabilités. Ce qui prouve qu'il a une certaine maturité. Il a vu quels étaient les effets de sa décision, de sa candidature. Donc, voilà, ça l'a fait reculer.

Il y a ensuite le fait que c'était un garçon qui entrait dans la vie politique avec un espoir de conquête et même de conquête flamboyante, comme son père au même âge, et qui se disait qu'il allait être peut-être une sorte de jeune Alexandre de la politique, bon, et puis qui s'est retrouvé comme un Saint-Sébastien avec des flèches qui venaient absolument de toutes les directions, sans aucune exception. Il a peut-être compris qu'il avait été instrumentalisé par des querelles mesquines, ridicules, villageoises, propres aux Hauts-de-Seine et qui ont évidémment pesé dans cette affaire.

Ceux qui aujourd'hui n'ont vraiment pas l'air malin, ce sont ceux qui l'ont défendu quelquefois avec des argument lamentables, comme par exemple Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, qui parlait à son sujet de délit de faciès. Franchement, il y a des expressions qu'il vaut mieux ne pas employer n'importe comment.

Sinon, vous l'avez trouvé comment ? Comment vous avez trouvé sa façon de communiquer ?

Efficace. Il faut dire que c'était difficile, que c'était la première fois qu'il avait à s'exprimer dans les conditions de ce genre. Bon, il fallait du courage, il fallait une certaine facilité. Bon il l'a eue. Ca prouve qu'il a du talent.

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C'est une grosse surprise : Jean Sarkozy a annoncé jeudi soir sur France 2 qu'il renonçait à briguer la présidence du Conseil d'Administration de l'EPAD. A-t-il raison ?
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2009-10-23 07:22:00