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Airbnb : pourquoi Paris s'en prend aux plateformes de logement

ÉCLAIRAGE - Depuis vendredi 1er décembre à Paris, les plateformes de logement en ligne doivent afficher sur chaque annonce un numéro d'enregistrement obtenu à la mairie.

Airbnb accusé de s'arranger sur sa fiscalité

Une véritable traque des meublés touristiques illégaux est engagée dans les grandes villes françaises et particulièrement à Paris. Après Nice, Bordeaux et Lille, les Parisiens qui transforment leur logement en appartement pour touristes auront désormais l'obligation d'obtenir un numéro d'enregistrement auprès de la mairie et de le faire figurer sur leur annonce.

Par ailleurs, mercredi 29 novembre, les députés ont voté en commission un amendement permettant aux mairies d'alourdir de 5% la taxe de séjour sur les hébergements proposés par le site Airbnb.

Dernière idée en date, la réduction du nombre maximal de nuitées autorisées à la location. Actuellement de 120 jours par an, selon la loi pour une République numérique votée en 2016 applicable à toutes les communes de plus de 200.000 habitants, Paris voudrait la voir redescendre à 90 voire à 60 nuitées. À titre de comparaison, 30 sont autorisées à New York, 90 pour Londres et 60 à Amsterdam.

Lutter contre la location touristique illégale

Le nouveau système d'enregistrement est un outil mis en place pour permettre aux communes de vérifier que les propriétaires ne dépassent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. 

Au 22 novembre, plus d'un million d'euros d'amendes avaient été infligées en 2017 par la justice aux propriétaires louant illégalement des meublés touristiques dans la capitale, selon Ian Brossat, adjoint PCF au logement de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, soit trois fois plus qu'en 2016.

"Ce n'est pas la sous-location qui, elle, ne prive pas Paris de logements. Ce qui nous pose problème c'est la transformation de logements en location à l'année, concernant donc plutôt les multipropriétaires", souligne l'élu. Ces derniers sont à l'origine d'un tiers des annonces en France. 

Recul des logements dans les villes

Quelque 100.000 annonces sont proposées à Paris, toutes plateformes confondues. La capitale est pour Airbnb l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués."Sur cinq ans, la ville de Paris a perdu 20.000 logements, qui ont été transformés en meublés touristiques, loués en permanence, au détriment du logement et des classes moyennes parisiennes. L'objectif est de mettre un terme à cette hémorragie", poursuit Ian Brossat.

Le vrai motif d’inquiétude est la transformation du centre de la capitale, qui provoquerait, selon lui, une perte d'identité. "26% des logements des quatre premiers arrondissements du centre sont soit vides, soit occupés de manière occasionnelle", c’est-à-dire proposés à la location de courte durée, précise l'élu. Selon lui, cette explosion incontrôlée d'Airbnb chaque année fait que "beaucoup de Parisiens sont exaspérés par le développement des meublés touristiques et ne reconnaissent plus leurs quartiers".

Concurrence avec les acteurs du tourisme

Les associations et syndicats réunissant les professionnels de l'hébergement et du tourisme sont les plus touchés par ces plateformes de logement en ligne. Arrivée récemment sur le marché, la location d'appartements pour touristes n'est pas soumise aux mêmes obligations que dans l'hôtellerie et autres maisons et chambres d'hôtes. Depuis quelques années, ces professionnels tentent de combattre cette concurrence qu'ils jugent déloyale.

Les hôteliers, qui réclamaient l'obligation d'immatriculation à la mairie, viennent de gagner un combat dans la capitale. Il reste cependant trois autres points à résoudre selon eux : le contrôle obligatoire de la qualité du loueur, propriétaire ou locataire autorisé par son bailleur ; la transmission des données sur les revenus perçus au fisc ; et le blocage des annonces des loueurs qui ont dépassé les 120 jours légaux.

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