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Présidentielle 2017 : la droite se fissure derrière François Fillon

Au sein des Républicains, l'idée d'un "plan B" pour la présidentielle commence à faire son chemin et n'est plus taboue.

François Fillon à l'Assemblée nationale le 13 janvier 2014.
François Fillon à l'Assemblée nationale le 13 janvier 2014.
Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon

Contre vents et marées, François Fillon va-t-il résister ? Une semaine après les révélations fracassantes du Canard Enchaîné sur les soupçons d'emplois fictifs portant sur sa femme, le candidat à la présidentielle promet qu'il n'a aucune intention de se retirer, à moins d'être mis en examen. Mais ne pouvant ignorer cette immense zone de turbulences qui perturbe la course à l'Élysée, il s'est tout de même résolu à demander un délai de deux semaines à sa famille politique pour avoir les conclusions de l'enquête préliminaire menée par le parquet national financier. "On a quinze jours à tenir car on sait que dans les quinze jours qui viennent, on aura les résultats de cette enquête", a-t-il lancé aux parlementaires de son camp, mercredi 1er février. Malgré tout, des voix contrariées commencent à se faire entendre

Coup sur coup, deux députés du parti Les Républicains sont sortis du bois, pour clairement laisser entendre qu'il est temps de se pencher sur un nouveau chef de file. Le sarkozyste Georges Fenech dégaine le premier : "J'appelle vraiment tous les parlementaires, tous les élus de notre famille politique à provoquer un Conseil national extraordinaire. Nous devons prendre une décision dans l'urgence". Dans la foulée, le député juppéiste Philippe Gosselin prend le relais : "Je ne suis pas téléguidé par Alain Juppé, mais plusieurs députés pensent comme moi. Il faut réfléchir à toutes les hypothèses, gouverner c'est prévoir". L'hémorragie dans les couloirs de l'Assemblée nationale commence aussi à toucher le Sénat, avec la sortie de Alain Houpert, lui aussi ancien soutien de Nicolas Sarkozy, au micro de RTL : "Le temps de la justice n'est pas celui de l'élection et l'on risque d'être dépassés".

Les législatives aussi en danger ?

Autant de déclarations publiques qui sont un premier écho de l'inquiétude et des interrogations qui gonflent en coulisses. Un député de la commission des Lois confie anonymement à l'AFP : "Fillon change de défense matin, midi et soir. Y en a ras-le-bol... Mais il se rend compte des sommes en jeu ?" Dans le même temps, Nicolas Sarkozy penserait que son ancien chef de gouvernement est "cuit", à en croire un proche.

Aussi, les réactions de ces élus, qui auraient pu penser avoir un boulevard pour l'alternance grâce au succès de la primaire, traduisent peut-être un instinct de survie politique plus personnel. Car si le risque de l'immense camouflet à la présidentielle devient d'autant plus envisageable avec la dynamique positive que les sondages prêtent à Emmanuel Macron, c'est aussi les législatives qui peuvent se retrouver en péril. En cas de vote sanction contre François Fillon, les électeurs pourraient-ils aussi exprimer leur mécontentement en juin prochain ? Il n'est alors plus seulement question de l'ex-premier ministre dans cette problématique, mais il en va aussi de l'avenir politique des parlementaires LR. "Est-ce que le maintien de François Fillon n'entraîne pas la chute de la droite ?", s'interroge Alain Duhamel, éditorialiste de RTL.

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Cela dit, une autre partie de la droite ne manque pas de montrer son attachement à la candidature de François Fillon. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, des ténors du parti tels que Jean-Pierre Raffarin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez ou encore Brice Hortefeux écrivent : "Que les comploteurs et les manipulateurs en soient avertis : jamais nous ne laisserons prendre en otage ni la démocratie ni le destin de notre pays". A cela s'ajoute les propos d'Alain Juppé, martelant qu'il n'a aucune envie d'être un plan B. "Je n'ai pas du tout l'intention de me lancer dans une opération de repêchage. A l'instant T, la question ne se pose pas, c'est François Fillon notre candidat". Mais qu'en sera-t-il des prochains instants ?

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