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Affaire Fillon : comment le candidat a imposé le rassemblement autour de lui

DÉCRYPTAGE - François Fillon a fait son mea culpa et ressoudé Les Républicains autour de sa candidature à l'élection présidentielle.

François Fillon, lors de sa conférence de presse du 6 février 2017
François Fillon, lors de sa conférence de presse du 6 février 2017 Crédit : Martin BUREAU / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un plan B ? "On a vu qu'il n'y en avait pas", répond François Fillon. Au cours de sa conférence de presse qui s'est déroulée le 6 février, le candidat à l'élection présidentielle a présenté ses excuses aux Français sur l'affaire Penelope Fillon. Mais il en a profité pour asseoir sa stature de seul candidat de la droite et du centre. "J'ai été choisi par des millions de Français, je ne suis pas le candidat d'un parti (...) Aucune instance n'a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire".

Et pour cause, quelques jours après les révélations du Canard Enchaîné sur les soupçons d'emplois fictifs de son épouse, le député sarkozyste Georges Fenech a jugé que la primaire de la droite et du centre était "caduc". Sur BFMTV, il expliquait : "Je crois que la situation est très, très compromise (...) Nous sommes comme l'orchestre du Titanic, en train de couler". Les hypothèses d'une candidature de François Baroin, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et le retour d'Alain Juppé ont alors fait surface.

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Une "nouvelle campagne"

Les principaux concernés n'ont pas réagi, à l'exception d'Alain Juppé qui a mis un terme aux critiques. À plusieurs reprises, l'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre a affirmé qu'il ne serait pas un plan B, en cas de renoncement de la part de François Fillon. Quelques heures avant la conférence de presse du candidat, l'ancien premier ministre a réaffirmé sa position. "J'ai un peu de mal à comprendre d'où viennent ces rumeurs. J'ai dit quelle était ma position : clairement et définitivement, c'est non. Et vous me connaissez, non c'est non !"

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À cela s'ajoute les explications de François Fillon. L'ancien premier ministre a annoncé qu'une "nouvelle campagne" débutait. "Voilà pourquoi, dès ce soir, j'annonce ici même que c'est une nouvelle campagne qui commence". En effet, le candidat a réuni ce mardi les parlementaires et a annoncé qu'il serait "à Troyes avec François Baroin et jeudi à Poitiers avec Jean-Pierre Raffarin (...) C'est donc avec une énergie décuplée et un détermination farouche que j'aborde les prochaines semaines de cette campagne où la France ne joue pas autre chose que son destin". 

Deux jours avant sa conférence de presse, François Fillon a contacté les responsables du parti. Le Canard Enchaîné rapporte que le candidat aurait dit : "Si vous essayez, malgré tout, de me déglinguer en convoquant le Conseil national pour mettre en piste un autre candidat, je saisirai la justice. Et je gagnerai car, depuis la primaire, je suis, selon les statuts, le candidat légitime indéboulonnable. Il n'y a donc que moi qui peut décider de ne pas me présenter et c'est hors de question".

Un "comité de campagne" chez Les Républicains

Il a aussi annoncé la mise en place d'un "comité de campagne" qui est composé des cadres des Républicains. "Le rassemblement, il a eu lieu. Tout le monde est aujourd'hui clairement derrière François Fillon (...) parce que les Français ne veulent pas qu'on leur vole leur victoire, ils veulent l'alternance", assure le porte-parole Thierry Solère dans les colonnes du Parisien.

Il est candidat jusqu'au bout quoi qu'il arrive

Georges Fenech sur RTL
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Ce message est bien passé chez les voix dissidentes des Républicains. À l'antenne de RTL, le député Georges Fenech a revu sa position sur le renoncement de l'ancien premier ministre. "J'ai rassemblé autour de moi un certain nombres de parlementaires qui partageaient des doutes et des craintes (...) Il est candidat jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. Je suis loyal et à partir du moment où il est candidat, je vais le soutenir". Il confie cependant que le "mal a été fait" et que ces déclarations de François Fillon "auraient dû intervenir plus tôt". 

Cet élan de soutien est aussi visible chez les cadres des Républicains. Nathalie Kosciusko-Morizet a apporté son soutien au candidat sur RTL. Elle souligne que son score lors de la primaire de la droite et du centre permet de le positionner en candidat légitime. Néanmoins, son ancienne concurrente a estimé que ces explications auraient du intervenir plus tôt. "Peut-être qu'il aurait pu avoir lieu plus tôt (...) François Fillon a fait l'effort de mise à nu. Il y avait quelque chose d'émouvant. C'était indispensable, non pas pour le voyeurisme, mais pour le rendre à nouveau audible".

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