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Affaire Ferrand : comment Macron et Bayrou restent murés dans le silence

ÉCLAIRAGE - Le président de la République et le ministre de la Justice ont laissé Édouard Philippe et Christophe Castaner monter au créneau pour accorder leur "confiance" au ministre.

Jean-Yves Le Drian, Gérard Collomb, Emmanuel Macron et François Bayrou, le 18 mai 2017
Jean-Yves Le Drian, Gérard Collomb, Emmanuel Macron et François Bayrou, le 18 mai 2017
Marie-Pierre Haddad

"Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse". Cette citation de l'écrivain français Alfred de Vigny résume à elle seule la ligne de conduite d'Emmanuel Macron et de François Bayrou. Au moment où Édouard Philippe multiplie les interventions dans les médias pour accorder sa "confiance" à Richard Ferrand, le président de la République et le ministre de la Justice ont choisi de ne pas évoquer le sujet. Pour rappel, le ministre de la Cohésion des territoires a fait l'objet de révélations du Canard Enchaîné, du Monde et de Médiapart.

Richard Ferrand a été directeur général des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012. Selon Le Monde, le ministre aurait "fait bénéficier de plusieurs contrats des proches, dont son ex-femme et sa compagne". Le journal ajoute : "Député socialiste, il a déposé une proposition de loi favorisant les intérêts du monde mutualiste alors qu'il était toujours rémunéré par celui-ci. Il a embauché comme assistant parlementaire, sans le signaler, le compagnon (Hervé Clabon, ndlr) de celle qui lui a succédé à la tête des Mutuelles de Bretagne". Le principal concerné a affirmé dans un communiqué n'avoir "rien à cacher ni à craindre de la transparence".

Une prise de parole minimale et détournée

Emmanuel Macron n'a pas pris la parole directement. C'est à travers Christophe Castaner qu'il s'est exprimé ce mercredi 31 mai. À l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole a fait savoir que le président de la République avait appelé le gouvernement à "la solidarité" et à la "responsabilité". Il a ajouté que la presse ne devait pas "devenir juge" de cette affaire. Néanmoins, le chef de l'État a gardé ses distances. "En comité restreint, Emmanuel Macron s'est montré très peu loquace, sinon pour dire que comparer cette affaire à celle de François Fillon est 'ignoble' et rappeler que l'ADN d'En Marche !, c'est la probité et l'exemplarité'", raconte Le Canard Enchaîné. Le journal ajoute : "Durant tout son marathon diplomatique, le chef de l'État a reçu des dizaines de SMS (auxquels il n'a toujours pas répondu) qui le mettaient en garde au sujet des conséquences désastreuses de cette histoire".

Le Parisien pose la question de savoir si le chef de l'État "pourra tenir cette posture de retrait longtemps". "Il ne peut pas se planquer comme ça indéfiniment", confie un conseiller ministériel. Son entourage ajoute qu'Emmanuel Macron "sort d'une séquence internationale intense, il n'a pas à intervenir sur ce qui relève d'une prérogative de Matignon". Emmanuel Macron avait déjà donné le ton pendant la campagne électorale, faisant savoir qu'il serait un président jupitérien. Cela signifie que le chef de l'État souhaite incarner l'autorité et l'État, tout en laissant la responsabilité à ses ministres, "sans empiéter sur celle de ses ministres afin de ne pas les affaiblir", expliquait Alexandre Eyries, enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Bourgogne-Franche-Comté, à BFMTV.

Un retweet en guise de réaction ?

Et François Bayrou ? Les réactions du ministre de la Justice sont guettées car il est l'artisan de la loi sur la moralisation de la vie publique, premier et symbolique chantier d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe avant les élections législatives. Sur l'affaire Ferrand, le ministre de la Justice a gardé le silence. Matignon insiste sur le fait que "François Bayrou est totalement occupé par ce texte, l'un des plus importants", comme le note Le Figaro. Cependant, le garde des Sceaux a déclenché une polémique en retweetant un message de défense de Marielle de Sarnez. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance" après qu'une eurodéputée du Front national, Sophie Montel, a envoyé une lettre pour dénoncer des emplois fictifs parmi les assistants parlementaires de certains de ses collègues.

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À l'antenne d'Europe 1, la ministre chargée des Affaires européennes a déclaré : "François Bayrou c'est aussi un homme public, un homme politique, un citoyen. Il a le droit de s'exprimer sur Twitter en tant que tel, comme citoyen et pas comme ministre. Un homme public, c'est aussi quelqu'un qui a sa forme de liberté. Peut-être qu'il a trouvé que ce que je disais était fondé et que c'était bien de le retweeter". Le porte-parole du gouvernement a appelé à la "vigilance", en sortie du Conseil des ministres : "Nous devons tous être vigilants sur la gestion de nos comptes de nos réseaux sociaux, je l'apprends depuis quelques jours à mes dépends. La grande vigilance s'impose effectivement sur la gestion de nos réseaux sociaux et notamment sur cette fine limite qui peut exister entre les réseaux privés et publics". 

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