1 min de lecture Dominique Strauss-Kahn

Affaire DSK - Document : pourquoi la justice classe l'affaire

L'argumentaire du procureur de Manhattan, long de 25 pages, qui a demandé l'abandon des poursuites contre DSK repose sur le manque de crédibilité de la femme de chambre et sur l'insuffisance des preuves établissant que leur relation sexuelle "précipitée" était forcée. Découvrez la teneur de ce document.

Micro générique
La rédaction numérique de RTL
et Jean-Vincent Russo

La crédibilité de la femme de chambre
  

"Au moment de la mise en examen, toutes les preuves disponibles nous ont convaincu que la plaignante était fiable. Mais les indices matériels réunis au cours de l'enquête qui a suivi ont sapé de manière grave sa crédibilité en tant que témoin. 
  
Notre profonde inquiétude sur la crédibilité de la plaignante nous empêche de répondre à la question de savoir ce qu'il s'est exactement passé dans la chambre d'hôtel de l'accusé le 14 mai. 

Au cours des nombreux interrogatoires, la plaignante a donné des versions contradictoires sur ce qui s'est passé immédiatement après sa rencontre avec l'accusé. Elle a fait de nombreuses fausses déclarations, à la fois aux procureurs et par le passé. Certaines de ces déclarations ont été faites sous serment ou sont passibles de parjure. 

Par exemple, la plaignante a donné un récit très détaillé et convaincant d'un viol qu'elle aurait subi dans son pays natal, dont elle a admis aujourd'hui qu'il était entièrement faux. 

Il est clair que dans un dossier où une plaignante accuse un accusé d'agression sexuelle, le fait qu'elle ait donné une fausse déclaration sur une différente agression est tout à fait pertinent. (...) Encore plus significative est sa capacité à raconter cette fiction comme un fait avec parfaite conviction. 

La plaignante a donné des versions contradictoires des événements autour de l'agression sexuelle présumée. 

Elle a tellement menti aux forces de l'ordre à propos de tant d'autres choses que nous ne pouvons simplement plus lui faire confiance. Par exemple, elle a établi plusieurs certificats dont elle admet maintenant qu'ils sont frauduleux pour être en mesure d'obtenir un logement à bas revenu. 

Tous ces mensonges bien sûr devraient être rapportés devant un tribunal et leur effet cumulé serait dévastateur." 

Les preuves insuffisantes d'une relation sexuelle forcée
  

"Après une enquête minutieuse, il apparaît clairement que la preuve de deux éléments fondamentaux -- la relation forcée et l'absence de consentement -- reposerait uniquement sur le témoignage de la plaignante. 

Les preuves physiques, scientifiques et autres indices établissent que l'accusé a eu une relation sexuelle précipitée avec la plaignante mais ne permettent pas d'établir de manière indépendante que leur rapport a été contraint ou non consenti.  Il n'y a pas d'autre témoin visuel de l'événement. 
  
Toutes les preuves qui seraient pertinentes (pour établir) des faits de rapport forcé et de manque de consentement ne sont pas concluantes. 

Aucune trace de sang n'a été trouvé ni sur les habits ni sur le corps de la plaignante. Le curetage sous ses ongles n'ont donné aucun résultat.

Durant leur premier examen médical, les médecins n'ont noté aucune blessure visible sur la plaignante ni aucun traumatisme sur son corps ou sa bouche. Il est peu probable (qu'une "rougeur" observée lors d'un examen gynécologique) ait été causée (par l'accusé). 

Les preuves qui restent sont insuffisantes pour justifier les éléments de l'accusation. Aussi nous demandons, d'un point de vue à la fois légal et éthique, d'abandonner les poursuites. Nous ne faisons pas cette recommandation à la légère." 

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